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Ce béton révolutionnaire est fabriqué à partir d’excréments humains, et il est 42% plus solide

Publié par Cassandre le 10 Sep 2026 à 9:55
Poudre de biochar noire près d'un échantillon de béton

Et si la solution pour un béton plus solide et plus écologique se cachait dans nos égouts ? Ça paraît improbable, et pourtant. Une équipe de chercheurs indiens vient de publier une étude qui pourrait bien changer notre façon de construire, en s’appuyant sur une matière première pour le moins inattendue.

Le casse-tête mondial du ciment et des déchets humains

La fabrication du ciment pèse lourd sur la planète. Ce matériau, omniprésent dans la construction, émet d’énormes quantités de dioxyde de carbone lors de sa production. En parallèle, un autre problème s’accumule silencieusement : celui du traitement des boues issues des stations d’épuration, un vrai casse-tête sanitaire et environnemental pour de nombreux pays, y compris ceux qui misent sur des technologies de gestion de l’eau innovantes.

C’est cette double contrainte qui a poussé quatre chercheurs à imaginer une solution radicale. Leur idée : transformer ce qui n’était jusque-là qu’un poids mort en véritable ressource. Une démarche qui rappelle d’autres découvertes scientifiques surprenantes qui bousculent nos certitudes sur le recyclage.

Leur étude, publiée samedi 5 septembre dans la revue Scientific Reports, détaille un procédé aussi simple qu’ingénieux. Les excréments humains, une fois traités, deviennent un ingrédient clé pour renforcer le béton. Restait à savoir si le résultat tiendrait vraiment la route.

Comment des excréments se transforment en poudre miracle

Le processus commence par le séchage des boues, avant qu’elles ne soient chauffées entre 350 et 450 degrés Celsius dans un environnement pauvre en oxygène. Une fois broyées et tamisées, elles donnent naissance à une poudre noire riche en carbone : le biochar.

Les chercheurs ont ensuite remplacé une partie du ciment traditionnel par cette poudre, à des taux de 5%, 10% ou 15%. Les résultats sont sans appel. Même avec seulement 5% de biochar, le béton absorbe moins d’eau et présente une structure nettement plus dense, un peu comme certaines erreurs d’aménagement extérieur qui changent tout à un espace.

Après 91 jours de séchage, la résistance à la compression grimpe d’environ 20%, et la résistance à la flexion bondit de 36%. Avec 10% de biochar, les performances deviennent carrément impressionnantes : la résistance à la flexion progresse alors de 42%. Un gain que peu de matériaux alternatifs peuvent revendiquer, et qui pourrait intéresser les acteurs de la construction durable à la recherche de solutions bas carbone.

Coupe de béton dense montrant sa texture poreuse

Le secret des petits réservoirs qui imitent la Rome antique

Sous le microscope, l’explication du phénomène devient limpide. Les particules de biochar sont poreuses, criblées de minuscules cavités qui agissent comme de véritables réservoirs internes. Elles retiennent l’eau, puis la libèrent progressivement pour alimenter les réactions chimiques du ciment, rendant la structure globale bien plus compacte, un mécanisme qui n’est pas sans rappeler certaines curiosités naturelles étonnantes.

Les scientifiques évoquent un comportement dit pouzzolanique, similaire à celui observé dans le béton à base de cendres volcaniques utilisé durant la Rome antique. Cette technique millénaire explique en partie pourquoi certains édifices romains ont traversé les siècles sans broncher, un exploit qui fascine encore les passionnés d’histoire et d’architecture ancienne.

Mais tout n’est pas rose. Au-delà de 15% de biochar, des fissures et des pores indésirables apparaissent, signe que la formule a ses limites. Les chercheurs doivent encore tester la résistance de leur mixture face au gel, au sel ou aux températures extrêmes. La question des métaux lourds parfois présents dans les boues devra aussi être étudiée de près avant tout usage à grande échelle.

Le béton du futur pourrait donc bien puiser sa force dans ce que l’on jette habituellement. Une idée qui dérange, mais qui pourrait sauver des tonnes de CO2 chaque année. Et si la prochaine révolution écologique commençait vraiment dans nos égouts ?

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