La NASA redécouvre par hasard une base secrète sous la glace du Groenland : une bombe à retardement

Un radar, un avion, et une surprise que personne n’attendait sous la calotte glaciaire du Groenland. La NASA cherchait simplement à surveiller la fonte des glaces. Elle est tombée sur les vestiges d’une base militaire secrète, vieille de plus de 60 ans, qui pourrait bien devenir un problème pour toute la planète.
Une base fantôme née en pleine Guerre froide
Pendant la Guerre froide, le Groenland n’était pas qu’une île glacée perdue dans l’Arctique. Situé sur la route transpolaire la plus courte entre les États-Unis et l’URSS, il incarnait le fameux « front de l’Arctique », une zone tampon vitale pour la dissuasion nucléaire américaine.
C’est dans ce contexte tendu que l’armée américaine construit en 1959 le Camp Century, à l’insu même du Danemark, pourtant souverain sur le territoire. Officiellement, il s’agit d’un centre de recherche polaire. En réalité, tout comme les ressources que la planète épuise chaque année, ce site cachait une consommation d’un tout autre genre.
Le camp abrite le Projet Iceworm : un réseau ferroviaire souterrain destiné à dissimuler des centaines de missiles nucléaires pointés vers l’URSS. Trois kilomètres de tunnels relient un hôpital, un laboratoire, un cinéma et même une chapelle, où vivent jusqu’à 200 soldats capables de résister à des vents de 190 km/h et des températures de -57°C, un extrême qui rappelle les records climatiques que la France a récemment battus, mais à l’inverse.
Un radar de la NASA percute l’histoire par hasard
Avance rapide jusqu’en avril 2024. Le scientifique Chad Greene, spécialiste de la cryosphère à la NASA, embarque à bord d’un avion Gulfstream III avec une équipe d’ingénieurs. Leur mission : surveiller un radar sondant la calotte glaciaire, à environ 240 kilomètres à l’est de la base spatiale de Pituffik.
Le principe est classique en glaciologie, un peu à la manière des découvertes scientifiques qui s’enchaînent de façon inattendue en 2026 : le radar émet des ondes radio et chronomètre leur retour pour cartographier la surface, les couches internes, et le substratum rocheux. Sauf que cette fois, l’appareil détecte quelque chose que personne ne cherchait.
Sous une trentaine de mètres de glace, le radar révèle les contours nets d’une structure artificielle. « Le radar mesure les distances en émettant des ondes radio et en chronométrant le temps qu’elles mettent à revenir au capteur », précise la NASA dans son communiqué officiel. C’est ainsi que Camp Century refait surface, un peu comme ces géoglyphes vieux de 2000 ans révélés par une intelligence artificielle.

Une bombe à retardement écologique enfouie dans la glace
C’est là que l’histoire bascule vraiment, un peu à la façon dont certains phénomènes géologiques inversent parfois les certitudes des scientifiques. L’armée américaine abandonne Camp Century en 1967, en sachant pertinemment ce qu’elle laisse derrière elle.
Le site renferme des quantités inconnues de PCB, des isolants chimiques classés polluants organiques persistants, qui ne se dégradent jamais naturellement. À cela s’ajoutent 200 000 litres de carburant diesel, 178 000 litres de liquides de refroidissement radioactifs issus de l’ancien réacteur nucléaire, 24 millions de litres d’eaux usées et 9 200 tonnes de débris physiques.
À l’époque, les ingénieurs pensaient que les chutes de neige perpétuelles allaient sceller ces déchets pour l’éternité. Mauvais calcul. La zone bascule aujourd’hui d’une accumulation de neige vers une ablation nette, où la glace fond plus vite qu’elle ne se reconstitue, un phénomène qui inquiète autant que cette eau à 33°C observée en Méditerranée.
Les eaux de fonte estivales s’infiltrent déjà dans les tunnels et commencent à dissoudre les polluants liquides. Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre se maintiennent, la couche protectrice pourrait totalement disparaître d’ici la fin du siècle, entre 2090 et 2100, exposant tous ces déchets à l’air libre.
Creuser pour tout extraire est jugé trop risqué : cela pourrait fracturer la glace et accélérer les fuites. Le site reste pour l’instant sous surveillance climatique stricte, en attendant qu’une décision soit prise.
Une base oubliée, gelée depuis 1967, qui pourrait bien redevenir le problème de tout un siècle. La glace a gardé le secret pendant 60 ans : elle ne pourra pas le garder éternellement.