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Ce doctorant a fouillé Google jusqu’à la page 16 : il découvre une cité maya de 50 000 habitants

Publié par Cassandre le 15 Sep 2026 à 11:43
Pyramide maya cachée sous la canopée tropicale

Une recherche Google banale peut parfois cacher une découverte hors norme. C’est ce qui est arrivé à Luke Auld-Thomas, doctorant en anthropologie à l’université Tulane, qui cherchait simplement des données techniques pour tester une méthode d’analyse.

Sauf qu’à force de creuser, il est tombé sur un relevé oublié depuis 2013. Et ce fichier allait révéler bien plus qu’une simple carte forestière : une ville maya entière, invisible depuis des siècles.

Une recherche anodine qui tourne à la découverte archéologique

Tout commence en 2024. Luke Auld-Thomas veut simplement tester une méthode d’analyse déjà utilisée par des collègues sur des données de la NASA. Pour cela, il lui faut des jeux de données lidar, ces relevés laser capables de cartographier le sol même sous une épaisse végétation.

Problème : la plupart de ces relevés sont collectés à des fins écologiques, pas archéologiques. Il faut donc les débusquer un par un, page après page, sur Google. C’est en page 16 des résultats que le doctorant tombe sur un document publié par CartoData, une société mexicaine chargée en 2013 d’un programme de surveillance forestière dans l’État du Campeche.

Rien, à première vue, ne laissait présager une trouvaille archéologique. L’histoire rappelle à quel point le hasard scientifique peut surgir d’un fichier oublié dans un coin d’archive, un peu comme cette toxine de coquillage oubliée dans un coffre de la CIA qui a resurgi des décennies plus tard.

Et parfois, une opportunité manquée à l’époque devient un trésor plus tard, à l’image de ce cofondateur d’Apple qui a laissé filer 10% de l’entreprise en 1976.

Une cité maya inconnue de 30 000 à 50 000 habitants

En réanalysant ce relevé, l’équipe de Tulane met au jour une agglomération pré-hispanique jusque-là totalement ignorée des archéologues. Elle est baptisée Valeriana. Publiée dans la revue Antiquity, l’étude fait état d’un chiffre impressionnant : plus de 6 500 structures recensées sur les zones survolées.

Dans le détail, Valeriana comporte des pyramides, un terrain de jeu de balle rituel, un réservoir d’eau et une large chaussée reliant deux pôles monumentaux distants de deux kilomètres. Selon les auteurs, la ville aurait compté entre 30 000 et 50 000 habitants à son apogée, entre 250 et 900 de notre ère, avec un pic entre 750 et 850.

Une densité pareille, en pleine jungle, force à reconsidérer certaines certitudes sur l’ampleur réelle de la civilisation maya. Un peu comme d’autres découvertes récentes bousculent notre vision du monde, à l’image de cette théorie selon laquelle l’univers ne serait qu’une simulation, ou de ce scientifique qui affirmait avoir calculé la date exacte de la fin de l’humanité. La science aime jouer avec nos certitudes, et Valeriana ne fait pas exception.

Chercheur stupéfait devant une carte lidar

Le détail qui change tout : une méthode presque artisanale

Pour transformer ce relevé brut en carte archéologique, l’équipe a retraité les nuages de points lidar avec des paramètres développés au National Center for Airborne Laser Mapping, rattaché à l’université de Houston. Objectif : obtenir un modèle numérique du terrain avec une résolution d’un mètre, en supprimant numériquement toute la végétation.

Chaque structure repérée a ensuite été dessinée à la main, puis vérifiée par au moins trois analystes indépendants. Un travail de fourmi qui rappelle que derrière chaque découverte spectaculaire se cache souvent une routine méthodique, presque invisible, comme la lente transformation de certains monuments urbains familiers, à l’image de ce kiosque parisien que les Français croyaient éternel ou de ces cabanes parisiennes transformées en un siècle.

Au total, environ 122 kilomètres carrés ont été couverts, avec une densité moyenne de 55,3 structures par kilomètre carré. Mais le bloc contenant Valeriana grimpe à 426 structures par kilomètre carré, alors qu’un secteur voisin n’en compte que quelques-unes.

Ce contraste alimente un vieux débat scientifique : les relevés lidar, souvent menés près de sites déjà connus, donnaient-ils une image gonflée de la densité maya ? Comme ce jeu de données a été collecté sans intention archéologique, il offre justement un échantillon jugé plus représentatif du territoire réel.

En juillet 2025, la même équipe a publié dans le Journal of Archaeological Science: Reports une réestimation régionale portant à 9,5-16 millions le nombre d’habitants des basses terres mayas à leur apogée, soit 45% de plus que leurs propres calculs de 2018.

Une page 16 de résultats Google, un fichier écologique oublié, et voilà une civilisation entière qui reprend du volume sous nos yeux. Reste une question qui trotte dans la tête : combien d’autres Valeriana dorment encore, invisibles, dans des relevés que personne n’a jamais pensé à ouvrir ?

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