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Vous êtes plus musclé grâce à Néandertal : un gène de 47 000 ans réécrit l’histoire

Publié par Cassandre le 15 Sep 2026 à 9:46
Torse musclé masculin éclairé avec silhouette de grotte ancienne

Vous avez toujours pensé que votre carrure venait uniquement de votre alimentation ou de vos entraînements ? Une étude publiée le 5 août dans Current Biology raconte une autre histoire. Elle remonte à 47 000 ans, à l’époque où Sapiens croisait encore Néandertal. Et elle explique pourquoi certains d’entre nous portent, sans le savoir, un héritage génétique qui pourrait bien changer leur physique.

Un métissage vieux de 47 000 ans toujours actif dans nos cellules

Le croisement entre Néandertaliens et humains modernes n’a jamais été qu’un simple épisode de l’histoire ancienne. Il a laissé des traces bien concrètes dans notre génome actuel, comme le rappelle cette autre découverte récente sur les vestiges enfouis de notre passé.

Une équipe de chercheurs a identifié une variante précise du gène codant le récepteur de l’hormone de croissance. Cette version modifiée rend les cellules plus sensibles au signal hormonal, avec des conséquences physiques mesurables.

La version néandertalienne présente deux substitutions d’acides aminés et une délétion par rapport au récepteur habituel chez l’humain moderne. Un détail technique, mais aux effets bien réels, comme le montrent aussi d’autres travaux sur ce que révèle notre corps de notre héritage biologique.

Sa répartition aujourd’hui est loin d’être uniforme. Presque tous les Néandertaliens la possédaient, contre seulement 10% des humains actuels en moyenne. Mais cette moyenne cache des écarts spectaculaires selon les origines géographiques.

270 grammes de muscle en plus par copie héritée

Hugo Zeberg, généticien à l’Institut Karolinska en Suède et coauteur de l’étude, a chiffré précisément l’effet. Chaque copie de la variante apporterait environ 270 grammes de masse musculaire supplémentaire.

Une personne ayant hérité de deux exemplaires, un de chaque parent, pourrait donc afficher plus d’un demi-kilogramme de muscle en plus. Un chiffre qui rappelle que l’évolution humaine reste truffée de surprises, comme le prouvent régulièrement les avancées scientifiques récentes sur le corps humain.

L’effet ne se voit pas forcément à l’œil nu. Il se joue surtout au niveau cellulaire, avec des taux plus élevés d’une protéine de signalisation clé en réponse à l’hormone de croissance.

Une expérience en laboratoire l’a confirmé de façon frappante. Des cellules modifiées pour exprimer la version néandertalienne du gène se multipliaient environ 40% plus souvent lorsqu’elles étaient exposées à l’hormone.

L’analyse a mobilisé dix échantillons d’ADN néandertalien et deux d’ADN dénisovien, croisés avec plus de 1,1 million de génomes humains issus de biobanques modernes. Un travail titanesque pour remonter jusqu’à nos ancêtres disparus.

Hologramme ADN au-dessus d'un fragment d'os fossilisé en laboratoire

Pourquoi cet effet n’apparaît qu’à la puberté

Voici le détail qui change tout : cette variante ne réagit pas à toutes les formes d’hormone de croissance. Le placenta en produit une version distincte de celle sécrétée par l’hypophyse, et le gène néandertalien reste sourd à celle-ci.

Conséquence directe : les bébés néandertaliens naissaient de la même taille que les nôtres, mais grandissaient ensuite plus vite. Les données actuelles confirment ce schéma sur le développement humain à travers les âges.

Chez les enfants de 11 ans et moins porteurs de la variante, aucun effet mesurable n’apparaît. Il ne se manifeste qu’à partir de la puberté, période où les niveaux d’hormone de croissance hypophysaire grimpent fortement.

La répartition géographique intrigue tout autant les chercheurs. Environ 1% des personnes d’ascendance européenne portent cette variante, contre jusqu’à 25% chez celles d’ascendance sud-asiatique ou sud-est-asiatique. Elle semble totalement absente chez les personnes d’ascendance africaine.

Kornelius Kupczik, paléoanthropologue à l’université du Chili qui n’a pas participé à l’étude, retient justement ce déséquilibre. Selon lui, il suggère que les premières migrations humaines ont été bien plus complexes qu’on ne le supposait jusqu’ici.

D’autres traits discrets accompagnent la variante : des racines dentaires légèrement plus courtes, de petites variations de la mâchoire. Des détails hérités tout droit de nos cousins disparus, qui interrogent encore la communauté scientifique.

Néandertal n’a jamais vraiment disparu : il continue de façonner discrètement des millions de silhouettes à travers le monde. Et si votre carrure racontait, sans que vous le sachiez, un peu de cette histoire vieille de 47 000 ans ?

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