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Un des 7 monuments les plus mythiques du monde ressurgit de la Méditerranée après 2 000 ans

Publié par Cassandre le 03 Sep 2026 à 18:03
Un des 7 monuments les plus mythiques du monde ressurgit de la Méditerranée après 2 000 ans

Il y a plus de 2 300 ans, cette tour dominait la mer et guidait les navires dans la nuit. Depuis, elle dort au fond de l’eau, brisée par un tremblement de terre. Une équipe internationale vient de remonter 22 blocs monumentaux de ce géant englouti, dans le cadre d’une opération inédite qui pourrait changer notre regard sur l’une des sept merveilles du monde antique.

Un géant de pierre englouti depuis des siècles

Au large d’Alexandrie, en Égypte, les eaux du port ancien cachent les vestiges d’un monument hors norme. Le Phare d’Alexandrie, érigé au début du IIIe siècle avant notre ère sous le règne de Ptolémée Ier Sôter, culminait à plus de 100 mètres de hauteur sur l’île de Pharos.

Conçu par l’architecte grec Sostrate de Cnide, il a longtemps occupé une place à part dans l’histoire humaine : ce fut la plus haute construction jamais bâtie par l’homme, un record tenu pendant plus de 1 600 ans. Un phénomène naturel aussi impressionnant que méconnu, un peu à l’image de cette porte des enfers en Sibérie qui rappelle à quel point la Terre peut engloutir ou révéler ses secrets sur le temps long.

Puis vint 1303 : un séisme d’une violence rare a fragilisé la structure, la rendant inutilisable. Près de deux siècles plus tard, le sultan Al-Ashraf Sayf al-Din Qa’it Bay a récupéré les pierres pour bâtir une forteresse au même emplacement, en 1477.

Le phare, lui, a fini sa course sous les vagues, où il repose depuis.

Les ruines immergées sont visibles depuis 1968, mais il aura fallu attendre des décennies avant que la science ne parvienne réellement à les faire parler, un peu comme certaines découvertes archéologiques nécessitent parfois des technologies qui n’existaient pas encore, à l’image de ce que révèlent les vestiges enfouis sous la glace du Groenland.

22 blocs de 80 tonnes remontés à la surface

C’est en 1994 que tout s’accélère vraiment. L’archéologue français Jean-Yves Empereur lance alors une exploration sous-marine d’ampleur, qui documentera plus de 3 300 objets : sphinx, obélisques, colonnes, blocs de granit. Trois décennies de plongées et de relevés minutieux plus tard, l’équipe a réussi un geste spectaculaire.

Vingt-deux blocs monumentaux ont été extraits des fonds marins. Parmi eux, des linteaux, des jambages, des seuils et des dalles de pavage, chacun pesant entre 70 et 80 tonnes. Ces éléments massifs formaient l’entrée principale du phare, une porte qui mêlait techniques égyptiennes et grecques dans un même geste architectural.

L’opération s’inscrit dans le projet international PHAROS, piloté conjointement par le CNRS français sous la direction de l’archéologue Isabelle Hairy, le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, et la Fondation Dassault Systèmes. Plus de 100 fragments architecturaux ont déjà été scannés numériquement sur le fond marin au cours des dix dernières années, une patience qui rappelle celle nécessaire pour documenter certains témoins d’une époque disparue.

Plongeur découvrant un bloc gravé sous l'eau

Le puzzle numérique qui va ressusciter la merveille

Voici le vrai enjeu de cette opération, celui qui justifie tous ces efforts : reconstituer le phare, non pas en pierre, mais en données. Chaque bloc extrait sera scanné en photogrammétrie détaillée, une technique qui capture chaque relief, chaque fissure, chaque trace d’usure. Une manière de préserver la mémoire du lieu, à l’image de ce que tentent de sauvegarder d’autres initiatives face à la montée des eaux, comme sur l’île de Ré menacée par la mer.

Les spécialistes de la Fondation Dassault Systèmes vont ensuite analyser numériquement ces relevés pour repositionner virtuellement chaque bloc, comme les pièces d’un immense puzzle archéologique. Un travail de titan, mené par une équipe mixte d’historiens, d’archéologues, de numismates et d’architectes, qui compile en parallèle toutes les descriptions et représentations anciennes de la tour disparue.

L’objectif final n’est pas seulement esthétique. Il s’agit de comprendre précisément comment se dressait ce colosse qui a guidé des générations de marins dans les eaux dangereuses d’Alexandrie, avant de s’effondrer et de sombrer, laissant derrière lui l’un des plus grands mystères architecturaux de l’Antiquité.

Vingt-deux blocs de pierre, trois décennies de plongées, et bientôt une renaissance numérique : le Phare d’Alexandrie n’aura peut-être jamais quitté nos écrans aussi vite qu’il a quitté le ciel d’Égypte. Reste une question qui titille forcément : combien de merveilles englouties attendent encore, quelque part, qu’on vienne les chercher ?

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