Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Société

« On me facture 800 euros pour un verre d’eau » : la note qui glace ce résident de 99 ans en Ehpad

Publié par Ambre Détoit le 26 Sep 2026 à 8:54
Homme âgé stupéfait en lisant une facture d'Ehpad

À 99 ans, Hans Kölliker pensait avoir vu passer toutes les surprises de l’existence. Puis une enveloppe est arrivée dans sa chambre d’Ehpad, quelque part en Suisse. Sa facture mensuelle venait de bondir de plusieurs centaines d’euros, pour un motif que personne, dans sa famille, n’aurait imaginé.

Le casse-tête du quotidien en maison de retraite

Le débat sur les retraites occupe une bonne partie de l’actualité, entre âge légal de départ et niveau de vie des seniors. Mais derrière les chiffres et les projets de réforme, il y a une réalité plus concrète : celle des personnes âgées qui vivent, au quotidien, dans des établissements spécialisés. Quand le maintien à domicile devient trop compliqué, l’Ehpad apparaît souvent comme la seule option raisonnable.

Hans Kölliker, lui, y vit depuis trois ans. Un cadre censé lui offrir sécurité et tranquillité, loin des changements qui bousculent régulièrement le calendrier des retraites en France comme ailleurs. Sauf que sa facture, elle, vient justement de changer. Et pas dans le bon sens.

Le nonagénaire suisse a vu sa note mensuelle grimper brutalement, sans qu’il comprenne d’abord pourquoi. Une hausse suffisamment importante pour qu’il décide de creuser la question lui-même. Ce qu’il a découvert dépasse largement ce qu’il redoutait.

Une facture qui grimpe de 800 euros sans prévenir

Selon les informations relayées par Beobachter, Le Dauphiné libéré et Capital, Hans Kölliker doit désormais s’acquitter de 1 092,75 francs suisses par mois, soit près de 1 200 euros, au titre de nouveaux soins facturés par son établissement. Une somme qui intègre une ligne totalement inédite jusqu’ici.

Cette ligne représente à elle seule 728,50 francs suisses, environ 800 euros. De quoi interroger n’importe quel résident, même un centenaire habitué aux surprises administratives. D’autant que ce montant vient s’ajouter à une équation déjà tendue pour bien des familles, comparable à celle que traversent des millions de retraités confrontés à la question du seuil de pension et de la désindexation ailleurs en Europe.

L’établissement justifie cette hausse par un motif médical : Hans Kölliker ne boirait pas assez, et présenterait donc un risque de déshydratation. Une problématique réelle chez les personnes très âgées, prise très au sérieux dans les établissements de soins. Mais la mesure concrète mise en place pour y remédier a de quoi surprendre.

Elle consiste à lui fournir deux verres d’eau par jour, accompagnés d’un rappel régulier pour qu’il pense à s’hydrater. Un geste d’accompagnement basique, presque banal, qui se traduit pourtant par une facture spectaculaire. C’est précisément ce décalage qui a mis le feu aux poudres.

Deux verres d'eau posés près d'une facture floutée

« C’est difficile à comprendre », l’incompréhension d’un centenaire

Le retraité n’a pas hésité à décrocher son téléphone, un réflexe que beaucoup n’osent pas avoir face à un établissement qui gère leur quotidien, tout comme certains bénéficiaires épluchent le calendrier des virements pour vérifier chaque euro versé. « On me facture 728,50 francs par mois pour un verre d’eau deux fois par jour et un rappel de boire suffisamment. C’est difficile à comprendre », a-t-il confié auprès du média suisse Beobachter.

La phrase résume à elle seule tout le paradoxe de la situation. D’un côté, un geste d’attention presque anodin. De l’autre, une somme qui pèse lourdement sur le budget d’un homme de 99 ans dont les ressources ne sont pas extensibles.

Face à cette réaction, l’Ehpad a apporté une réponse plutôt froide : « Ce n’est pas nous qui fixons les règles du jeu. Nous ne pouvons que faire de notre mieux pour les respecter correctement. » Une manière de renvoyer la responsabilité vers les directives officielles qui encadrent la prise en charge des résidents.

Autrement dit, l’établissement affirme appliquer un barème imposé, pas un tarif inventé sur mesure. Reste que pour Hans Kölliker, l’explication ne suffit pas à faire passer la pilule. Il veut désormais comprendre, en détail, comment ses besoins ont été évalués pour aboutir à ce montant.

Ce que le retraité compte faire, et ce qui reste à sa charge

Le nonagénaire n’entend pas en rester là, un peu comme ces familles qui scrutent chaque rendez-vous fixé autour des pensions Agirc-Arrco pour anticiper le moindre changement. Il souhaite demander à la direction de son Ehpad une justification écrite et détaillée de l’évaluation de ses besoins en soins. Une démarche simple sur le papier, mais qui n’a rien d’évident pour un homme de son âge.

Sa caisse maladie prend en charge une partie de cette nouvelle facture, ce qui limite un peu la casse. Mais il doit malgré tout débourser environ 470 euros supplémentaires chaque mois de sa poche, une charge qui vient s’ajouter à des dépenses déjà conséquentes liées à son hébergement.

Cette histoire, aussi anecdotique qu’elle puisse paraître, éclaire un problème plus large : celui de la transparence des grilles tarifaires appliquées dans les établissements pour personnes âgées, en Suisse comme ailleurs, y compris pour des services aussi élémentaires qu’un verre d’eau. Beaucoup de familles ne vérifient jamais le détail de ces lignes de facturation, faute de temps ou d’information, un peu comme celles qui découvrent tardivement les dates exactes de versement de leur pension.

L’affaire de Hans Kölliker pourrait bien encourager d’autres résidents, ou leurs proches, à demander eux aussi des comptes sur ces frais dits « de soins ». Reste à savoir si sa demande de justification obtiendra une réponse plus satisfaisante que le premier mail reçu par l’établissement.

Un simple verre d’eau, transformé en ligne budgétaire à près de 800 euros : voilà de quoi rappeler que même les gestes du quotidien ont un prix, parfois vertigineux, en maison de retraite.

Si cette histoire de facture surprenante vous a marqué, ce coin de campagne où des retraités sont devenus propriétaires pour seulement 80 000 euros mérite aussi le détour.

Et si l’idée de repenser sa retraite ailleurs vous trotte dans la tête, cette région d’Italie où des Français affirment vivre mieux qu’en France pourrait bien changer vos plans.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *