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« On gagne bien, mais personne ne veut se salir les mains » : cet influenceur à 180 000 abonnés révèle les vrais salaires du BTP

Publié par Ambre Détoit le 05 Juin 2026 à 6:27

En Espagne, les chantiers tournent, les carnets de commandes débordent, mais les bras manquent cruellement. Un maçon de 180 000 abonnés sur TikTok a décidé de crever l’abcès. Santiago Carpintero filme ses chantiers, partage ses techniques et surtout dit tout haut ce que le secteur du BTP murmure tout bas : le métier paie bien, mais plus personne n’en veut.

Un fils de maçon devenu star du BTP sur TikTok

Santiago n’a pas découvert la truelle à l’âge adulte. Gamin, il suivait déjà son père sur les chantiers. « Plus qu’aider, je gênais un peu, mais j’adorais ça », raconte-t-il au quotidien La Vanguardia. Après quelques années d’études en télécommunications, le déclic est venu : il voulait bâtir, pas câbler.

Mur de briques fraîchement posé avec truelle sur un chantier

Son compte @reformasanti est né par hasard. Un jour, il filme la pose d’un receveur de douche en pierre avec son père. Le lendemain, la vidéo affiche 2 000 vues. Depuis, il n’a jamais arrêté de publier. Aujourd’hui, plus de 180 000 abonnés suivent ses tutoriels, ses astuces de rénovation et ses coups de gueule sur l’avenir du métier.

Ce qui plaît ? L’authenticité brute. Pas de mise en scène léchée, juste un artisan qui montre le geste et explique pourquoi il le fait. Un format qui rappelle ces nouvelles façons de vendre ou de transmettre un savoir grâce au numérique.

Entre 1 500 et 2 000 euros par mois : les vrais chiffres du métier

Santiago est cash sur la question salariale. Selon ses estimations, un ouvrier débutant en Espagne touche entre 1 500 et 1 600 euros nets par mois. Un maçon qualifié monte entre 1 800 et 2 000 euros. Des montants corrects, surtout comparés à certains postes de bureau au même niveau d’expérience.

Pourtant, le secteur traîne une réputation tenace. Beaucoup de clients tombent des nues en recevant un devis. Ils découvrent que la main-d’œuvre qualifiée a un prix, et que ce prix reflète des années d’apprentissage, pas juste des heures de sueur. Santiago le résume d’une phrase qui fait mouche : « Tout le monde veut un travail confortable avec la climatisation. »

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Le paradoxe est criant. Les métiers manuels figurent parmi les plus demandés du marché, mais les vocations se raréfient. Cette déconnexion entre réalité salariale et perception sociale alimente une pénurie qui ne fait que s’aggraver année après année.

Maison en construction avec échafaudages dans un paysage espagnol

« Les robots ne construiront pas vos maisons » : l’alerte de Santiago

Certains savoir-faire se perdent sans que personne ne s’en inquiète vraiment. Santiago, lui, tire la sonnette d’alarme avec une conviction désarmante. « C’est un métier pour toute la vie. Demain, on aura un besoin énorme de main-d’œuvre, et on ne l’aura pas. »

Il balaie d’un revers de truelle les fantasmes technologiques. Les maisons ne se lèveront ni avec des robots ni avec l’intelligence artificielle, affirme-t-il. Il faudra toujours des mains humaines pour monter un mur, ajuster un linteau, poser un carrelage de salle de bain. Le savoir ancestral du bâtisseur ne se code pas.

Ce qu’il aime le plus ? Le lien avec ses clients, la fierté de remettre des clés, la satisfaction physique d’un chantier achevé. Ce qu’il accepte aussi : le froid de janvier, la chaleur d’août, les journées debout sous un soleil de plomb. Le prix du métier, c’est le corps. Mais la récompense, c’est de construire quelque chose qui reste.

Santiago Carpintero prouve qu’un smartphone et un savoir-faire suffisent pour redonner ses lettres de noblesse à un métier boudé. Sa question mérite qu’on s’y arrête : si plus personne ne veut poser de briques, qui construira les logements dont tout le monde a besoin dans dix ans ?

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