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44% des Français y croient : ce signe du zodiaque que certains recruteurs redoutent d’embaucher

Publié par Ambre Détoit le 19 Sep 2026 à 5:30
RH sceptique consultant un CV à son bureau

Un CV, une lettre de motivation, et… une date de naissance qui dérange. Ça paraît absurde, et pourtant. Certains recruteurs admettent aujourd’hui, sans grande gêne, qu’un signe astrologique peut faire pencher la balance lors d’un entretien d’embauche. On vous explique ce qui se cache derrière cette pratique méconnue, et ce que dit vraiment la loi.

Une RH avoue avoir hésité à cause d’un signe du zodiaque

« J’étais sceptique à l’idée d’embaucher une Scorpion. On avait déjà deux Lions dans l’équipe, ça aurait fait beaucoup de forts caractères pour que ça s’entende bien. » Cette confidence, c’est Elodie, une RH citée par 20 Minutes, qui l’a livrée sans filtre. Dans sa tête, le signe du Scorpion devenait un signal d’alerte, presque un motif de vigilance avant même le premier entretien.

Le cas n’est pas isolé. L’ancien sélectionneur des Bleus Raymond Domenech assumait, lui aussi, tenir compte de l’astrologie dans ses choix sportifs.

En 2005, Le Parisien rapportait qu’il ne convoquait jamais plus d’un Scorpion en équipe de France, estimant que « deux Scorpions s’entre-tuent », et qu’il limitait également le nombre de Lions dans son groupe.

De quoi nourrir un vrai débat sur la place de ces croyances dans des décisions professionnelles, loin du simple jeu de l’horoscope du dimanche soir. Ce type de pratique interroge d’autant plus quand on sait à quel point le marché de l’emploi reste tendu pour de nombreux candidats.

Un Français sur deux croit à l’astrologie, selon l’Ifop

Ces anecdotes ne sortent pas de nulle part. Selon une enquête Ifop publiée en mai 2022, 44 % des Français déclaraient croire à l’astrologie. La même étude révélait que 30 % demandaient le signe astrologique des personnes qu’ils rencontraient, une proportion grimpant à 51 % chez les 18-24 ans.

Autrement dit, l’astrologie ne reste pas cantonnée aux applications de rencontre ou aux magazines féminins. Elle s’infiltre, discrètement, dans les entretiens d’embauche et les décisions liées au recrutement.

Une enquête citée par Welcome to the Jungle indiquait dès 2007 que 5 % des recruteurs interrogés reconnaissaient que le signe astrologique pouvait influencer leur décision d’embauche. En 2020, une autre enquête Ifop, publiée par la Fondation Jean-Jaurès, situait à 41 % la part des Français croyant à l’astrologie.

Une constance qui interroge, à l’heure où l’on nous promet des recrutements toujours plus rationnels et data-driven.

Roue du zodiaque posée sur une pile de CV

Que dit vraiment la loi sur ces pratiques ?

Reste une question centrale : a-t-on le droit d’écarter un candidat pour son signe astrologique ? La réponse est claire, et elle date de longtemps. Une circulaire de la Direction des relations du travail, datée de 1993, jugeait déjà « inopportun » le recours à l’astrologie, à la numérologie ou à la graphologie dans le cadre d’un recrutement, faute de validité prédictive établie pour évaluer l’aptitude à un emploi.

Le Code du travail va plus loin aujourd’hui : il exige que les méthodes de recrutement soient pertinentes, et que les informations demandées à un candidat aient un lien direct et nécessaire avec l’emploi visé ou ses compétences professionnelles.

Un peu comme certains signaux à repérer au quotidien, savoir que ce genre de biais existe permet, au moins, de mieux les identifier face à un recruteur trop bavard sur votre date de naissance. Cela n’empêche visiblement pas certains professionnels de continuer, discrètement, à consulter leur horoscope avant de signer un contrat.

Au fond, votre signe astrologique n’a légalement rien à faire dans une décision d’embauche. Mais entre la loi et les habitudes de certains recruteurs, il existe visiblement un fossé que les chiffres de l’Ifop confirment depuis des années. La prochaine fois qu’on vous demande votre date de naissance en entretien, posez-vous la question : est-ce vraiment pour la paperasse ?

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