PSG ou OM bientôt diffusés sur TF1 ? Les droits de la Coupe de France en suspens

Un 32e de finale de Coupe de France, un samedi de décembre, et personne ne sait encore sur quelle chaîne le regarder. La partie payante est réglée, mais la partie gratuite traîne. Et si France Télévisions lâchait la compétition, une vieille connaissance du football pourrait bien refaire son apparition. Reste à savoir ce que cette chaîne est vraiment prête à diffuser.
Droits de la Coupe de France : pourquoi la partie gratuite s’éternise
Le décor est simple. À partir des 32es de finale, en décembre prochain, la Coupe de France doit trouver ses diffuseurs. Côté payant, c’est fait : selon L’Equipe, beIN Sports déboursera jusqu’à 9 millions d’euros par an jusqu’en 2030.
Côté gratuit, en revanche, rien n’est signé. Le président de la FFF, Philippe Diallo, ne le cache plus : le dossier patine. La raison tient en deux mots, restrictions budgétaires.
Le service public subit en effet une cure d’austérité depuis le début de l’année. Résultat : France Télévisions, partenaire historique de la compétition, a besoin de savoir de quelles enveloppes elle disposera avant de s’engager.
Jeudi, à l’issue du comité exécutif de la FFF, Diallo a résumé la situation à L’Equipe : elle est « à la fois simple et complexe ». Simple, parce qu’une bonne partie des droits a été vendue dans de bonnes conditions. Complexe, pour tout le reste.
Il existe pourtant une volonté affichée de conserver la Coupe de France sur le service public. Mais un détail chiffré change la donne, et le football français a déjà un budget fragile.
La facture que France Télévisions ne veut plus payer
Reprenons la courbe. Lors du cycle précédent, France Télévisions versait 11 millions d’euros par an. Puis la somme est tombée à 8 millions. Aujourd’hui, la chaîne exigerait de diviser la mise par deux.
Son objectif serait donc de 4 millions d’euros. Soit près de trois fois moins que le premier montant. Une baisse que la fédération doit digérer sans avoir de plan B totalement ficelé.
Diallo, lui, privilégie officiellement son « plan A » : maintenir le partenariat historique. Il l’a dit clairement : son souhait est de poursuivre avec France Télévisions, en tenant compte du contexte dans lequel la chaîne se trouve.
La patience a pourtant ses limites. Pendant ce temps, d’autres diffuseurs observent le dossier, alors que les droits TV du foot sont une bataille permanente.
Le plan B existe d’ailleurs bel et bien. Selon L’Equipe, le président de la FFF pourrait devoir se tourner vers la première chaîne et vers d’autres acteurs intéressés, comme M6 ou la chaîne L’Équipe.
Et c’est TF1 qui guette le plus attentivement. Déjà bénéficiaire des malheurs de France TV pour plusieurs matches du Tournoi des Six Nations, la chaîne est, toujours selon le quotidien, prête à saisir l’aubaine.

TF1, la finale et le piège du prime time
Ce n’est pas la première fois que TF1 s’invite à la table. TF1 a déjà surpris son monde avec le foot récemment, et la Coupe de France réveille de vieux souvenirs.
Le groupe fut en effet, durant de longues décennies, le diffuseur majeur de la compétition. Des années 1980 jusqu’au début des années 2000, ce furent les âges d’or des retransmissions en clair.
Un retour résonnerait donc comme un retour aux sources. Mais attention au titre : l’appétit de TF1 serait limité. Selon L’Equipe, la chaîne ne serait intéressée, pour l’heure, que par la finale.
Elle pourrait y ajouter « un tout petit peu plus » en cas de grosses affiches. Et c’est là que la formule du titre prend son sens : un choc comme PSG ou OM pourrait donc faire basculer un tirage vers la première chaîne.
Pour les autres rencontres, TF1 compterait sur sa filiale TMC. Sauf que celle-ci pourrait avoir du mal à absorber de lourds investissements en prime time.
C’est précisément ce qui incite Philippe Diallo à rester patient. Pour la FFF, une chaîne qui ne prendrait qu’une poignée de matches ne règle pas le problème : il faut diffuser toute la compétition en clair.
Ce que ça change pour les amateurs de Coupe de France
Pour le supporter, l’enjeu est concret : où regarder les 32es de finale en décembre ? À ce jour, rien n’est tranché côté gratuit. La finalisation dépend de la visibilité budgétaire de France Télévisions.
Si le scénario TF1 se concrétisait, on verrait probablement la finale et les grosses affiches sur la première chaîne, le reste sur TMC. Une répartition qui rappelle ces abonnés qui ne peuvent pas voir certains matches : la dispersion des diffuseurs a un coût pour le public.
Mais l’histoire de la Coupe de France reste celle du service public. La FFF assure vouloir préserver ce partenariat, et c’est ce qui explique que la négociation se prolonge plutôt qu’elle ne se rompe.
Reste la question de la valeur. Avec beIN Sports à 9 millions par an jusqu’en 2030, la fédération sait que le payant pèse lourd. Le clair, lui, doit trouver un équilibre entre prestige et économies.
Et il n’est pas exclu que le calendrier presse. Plus les semaines passent avant décembre, plus les diffuseurs en embuscade peuvent faire monter la pression, comme dans ces stratégies de diffuseurs qui bousculent le paysage.
Rien, donc, n’est joué. Mais la Coupe de France pourrait changer de maison.
Pour l’heure, la Coupe de France attend son diffuseur gratuit, et TF1 attend son heure. Si vous croyez que les grandes bagarres du football se jouent seulement sur le terrain, cet échange musclé entre al-Khelaïfi et Textor prouve le contraire. Et pour savoir comment le PSG peut basculer, l’annonce qui a fait trembler le club mérite le détour.