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« Ce genre de match doit être arbitré par un homme » : Roland-Garros inflige 65 000 dollars d’amende à Daniel Vallejo

Publié par Mathieu le 02 Juin 2026 à 16:32
daniel vallejo

Un joueur de tennis qui dérape en conférence de presse, ça arrive. Mais quand les propos visent directement une arbitre parce qu’elle est une femme, le tournoi ne laisse pas passer. Daniel Vallejo, 71e mondial, vient de l’apprendre à ses dépens : Roland-Garros lui a infligé une amende salée de 65 000 dollars. Et la directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, n’a pas mâché ses mots.

Ce qu’a dit Vallejo après sa défaite contre Moïse Kouame

Le Paraguayen venait de s’incliner au deuxième tour face à Moïse Kouame. Pas de quoi faire scandale, a priori. Sauf que devant les micros, Vallejo a choisi un angle pour le moins inattendu. Plutôt que d’analyser son jeu, il s’est attaqué à l’arbitre de chaise, la Brésilienne Ana Carvalho.

Sa déclaration, mot pour mot : « Ce genre de match doit être arbitré par un homme, c’est très difficile pour une femme. Il faut absolument un arbitre masculin, car le public est très exigeant et il faut beaucoup de force pour affronter la foule. » Une phrase qui a immédiatement enflammé les réseaux et provoqué un tollé dans le monde du tennis. Le genre de sortie qui rappelle que certaines paroles publiques peuvent tout faire basculer en quelques secondes.

65 000 dollars d’amende : la moitié de ses gains sur le tournoi

La réponse de Roland-Garros n’a pas tardé. Le tournoi a frappé fort : 65 000 dollars d’amende. Pour donner une idée de l’ampleur, c’est environ la moitié du prize-money qu’un joueur touche pour une élimination au deuxième tour, soit 130 000 euros. Autrement dit, Vallejo repart de Paris avec la moitié de ses gains envolée en une seule phrase.

Amélie Mauresmo, directrice du tournoi, a été très claire lors de son point presse du lundi : « C’est clairement quelque chose qui n’est pas acceptable pour nous, pour le tournoi, pour la Fédération même au-delà du tournoi. Ce genre de propos n’a pas sa place ici. » Quand on connaît le parcours de Mauresmo, ancienne numéro un mondiale qui a elle-même brisé des barrières dans le sport, le message prend un poids supplémentaire.

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Vallejo tente de se rattraper sur Instagram, mais le mal est fait

Quand la polémique enfle, les excuses arrivent toujours un peu tard. Vallejo a publié un message sur son compte Instagram pour tenter d’éteindre l’incendie. Il y explique que ses propos « n’étaient pas destinés à être interprétés de cette manière ». Le joueur a également salué le « bon travail tout au long de la rencontre » d’Ana Carvalho, précisant qu’il ne la tenait « pas pour responsable de sa défaite ».

Le problème, c’est que la phrase était limpide. Pas d’ambiguïté, pas de malentendu culturel, pas de traduction douteuse. Dire qu’une femme n’a pas « la force » d’arbitrer un match de tennis professionnel, c’est du sexisme ordinaire, formulé calmement, devant caméras. Et le fait que Vallejo pointe le public comme justification ne change rien au fond. L’amende de 65 000 dollars envoie un signal clair : en 2025, ce type de discours a un prix.

Roland-Garros a tranché vite et fort. Reste à savoir si cette sanction fera jurisprudence pour les prochains dérapages sur le circuit. Parce que soyons honnêtes : Vallejo n’est probablement pas le seul à penser tout bas ce qu’il a dit tout haut. La différence, c’est qu’aujourd’hui, le micro est toujours ouvert — et le portefeuille aussi.

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