« Je ne veux plus parler à personne » : en Floride, Griezmann fuit les micros français
Soleil d’Orlando, 15 buts en 21 matches, sourire toujours accroché au visage : Antoine Griezmann a tout du retraité heureux qui joue encore. Pourtant, face au reporter de Téléfoot venu le chercher en Floride, l’ancien Bleu a coupé court. Deux sujets très précis expliqueraient ce silence, et le second touche à la façon dont sa carrière internationale s’est terminée.

Orlando, 15 buts en 21 matches et un micro qu’il repousse
Direction la Floride. À 35 ans, Antoine Griezmann évolue en MLS sous le maillot d’Orlando City, et le tableau a de quoi faire rêver : lumière, stades américains, et un rendement qui force le respect avec 15 buts en 21 matches.
Pour beaucoup de footballeurs, ce serait la fin de carrière idéale. Selon Téléfoot, « Grizi » y vivrait même la retraite dont il a toujours rêvé. D’ailleurs, la question de savoir s’il est prêt à raccrocher pour de bon alimente le débat depuis un moment.
Sauf que le reporter de Téléfoot, dépêché à Orlando pour l’interroger sur sa nouvelle vie, est reparti sans interview. La phrase du joueur est sans appel : « Je ne veux plus parler à personne ». Le sourire est resté, les réponses non.
L’ancien leader de l’équipe de France de Didier Deschamps, passé par l’Atlético de Madrid et présent jusqu’à l’Euro 2024, n’a pourtant pas l’habitude de se cacher. Ce mutisme tranche avec l’image d’un joueur affable et souriant, et il viserait en priorité les journalistes français.
Le champion du monde 2018 n’aurait aucune envie d’évoquer certains sujets fâcheux. Ils sont au nombre de deux, et le premier n’a rien à voir avec le football.
Un ancien mentor, six ans de prison et une nouvelle enquête
Premier dossier que Griezmann préfère laisser de côté : celui d’Éric Olhats. Cet homme, présenté comme son ancien mentor, purge actuellement une peine de six ans de prison pour atteintes sexuelles sur mineurs et corruption de mineur.
Selon les éléments rapportés, une nouvelle enquête le concernant est en cours. C’est elle que le joueur n’aurait aucune envie de commenter devant les caméras françaises. Précision importante : la source ne met en aucun cas Griezmann en cause dans cette affaire.
On comprend mieux la prudence d’un joueur qui, dès qu’un micro se tend, risque d’être ramené à ce passé. Mieux vaut, de son point de vue, ne répondre à personne plutôt que de choisir ses questions.
Ce silence n’est donc pas un caprice d’ancienne star. Il s’inscrit dans un contexte où chaque phrase pourrait être reprise, interprétée, détournée. Et même du côté du banc, Didier Deschamps, cité à Manchester United, reste au centre des spéculations dès que l’on évoque l’après-Bleus.
Reste le deuxième sujet. Celui-là concerne directement le terrain, la hiérarchie du vestiaire et un brassard de capitaine qui lui a échappé. C’est lui qui expliquerait le plus nettement pourquoi la page Bleus se tourne mal pour lui.

Le brassard de Mbappé, la blessure qui ne passe pas
Dans la même veine, Deschamps lui-même serait « mis à l’écart » à Saint-Denis, signe que la fin de cycle ne se déroule pas dans la douceur pour grand monde. Pour Griezmann, la déception a un nom : Kylian Mbappé.
Après la retraite internationale d’Hugo Lloris, dans la foulée de la Coupe du monde 2022, « La Dèche » a choisi l’attaquant vedette des Bleus comme capitaine. Le choix a été très mal vécu par Griezmann, qui avait joué jusqu’à l’Euro 2024 et était clairement considéré comme le taulier de l’équipe.
Le désarroi du joueur aurait même été confié par son père, Alain Griezmann, au responsable de la sécurité de la sélection, comme l’a révélé LeJDD. Un détail qui dit l’ampleur de la blessure : l’affaire ne s’est pas réglée en tête à tête, elle a gagné la famille.
Au fil des mois, le groupe tricolore était en pleine mutation. Selon les éléments rapportés, l’omnipotence de Mbappé aurait par ailleurs irrité d’autres cadres.
Voilà donc la réponse : Griezmann ne veut plus parler d’une enquête qui touche son ancien mentor, ni de la sortie qu’on lui a offerte en équipe de France. Deux sujets à haute tension, qu’il évite en refusant tout bonnement les micros français.
Ce que dit Di Meco, et ce que cette sortie raconte des Bleus
Sur RMC, Éric Di Meco a rappelé les derniers mois douloureux de l’attaquant. Pour lui, rien de neuf : « On ne découvre pas aujourd’hui qu’il a été touché voire vexé par la manière dont on l’a traité en équipe de France à la fin. »
Le consultant va plus loin. Selon lui, la manière dont Griezmann est parti « dénote malgré tout une très grande déception », et il « méritait une meilleure sortie ». Il ajoute : « On ne l’a pas respecté et traité comme on aurait dû. »
Di Meco nuance toutefois : « J’ai l’impression qu’il ne le vit pas trop mal. » Le sourire de Floride et les 15 buts en MLS iraient plutôt dans ce sens, même si le refus de parler dit autre chose. Difficile de savoir si la blessure est refermée ou simplement mise à distance.
Autre enseignement : la carrière en Bleus de Griezmann s’achève sans cérémonie à la hauteur de ses états de service. Une situation qui rappelle que les tensions autour de la sélection ne s’arrêtent pas à un seul joueur.
À surveiller ensuite : l’évolution de la nouvelle enquête visant Éric Olhats, et la façon dont Griezmann, tôt ou tard, choisira de reprendre la parole. En attendant, d’autres sportifs préfèrent aussi se retirer plus tôt, comme quand Jonas Vingegaard jette l’éponge sur le Tour.
Le soleil d’Orlando n’efface pas tout, mais il aide à tenir les questions à distance.
Griezmann a choisi : sourire sur le terrain, silence face aux caméras. Quant à vous, si les histoires de retraites inattendues vous passionnent, ce que des retraités ont trouvé au pied du Mont-Blanc pourrait vous faire changer d’avis sur le soleil. Et si l’on vous disait qu’un ingénieur a gagné bien plus qu’un footballeur en plein champ, ce retraité et son puits de pétrole alsacien vous réserve une surprise.