Mbappé, sa mère et le policier des Bleus : ce que l’IGPN a trouvé dans les virements

Il est l’homme de l’ombre des Bleus depuis vingt ans. Aujourd’hui, Mohamed Sanhadji, dit « Momo », est mis en examen, et les projecteurs se tournent vers Kylian Mbappé et sa mère, Fayza Lamari. Selon L’Équipe, des dons, un prêt et des dépenses réglées pour lui intriguent les enquêteurs. Reste à comprendre qui a payé quoi, et pourquoi.
Momo, le commandant de police devenu intime des Bleus
Pour le grand public, il n’était qu’un visage discret derrière les joueurs. En réalité, Mohamed Sanhadji était l’officier de sécurité de la Fédération française de football, une figure de la sélection depuis plus de deux décennies. Un commandant de police, donc, chargé de protéger l’équipe de France.
Mais selon L’Équipe, son rôle aurait largement débordé le cadre professionnel. Au fil des années, il aurait noué des liens très proches avec certains internationaux, dont Kylian Mbappé. Une confiance qui, d’après le journal, ressemblait plus à de l’amitié qu’à une mission de sécurité.
Les premiers signaux datent de l’été 2023. Le policier accompagne alors le joueur lors d’un voyage privé au Cameroun. Ce déplacement aurait provoqué de vives crispations à la Direction générale de la police nationale (DGPN), qui s’interrogeait déjà sur ce mélange des genres.
Un commandant de police en vacances avec une star, ce n’est pas illégal en soi. Mais cela pose une question de fond : où s’arrête la protection, où commence la proximité ? Les enquêteurs, eux, auraient fini par s’intéresser de très près à ces frontières floues, comme à d’autres mouvements d’argent autour de Kylian Mbappé que personne n’avait remarqués.
Le vrai déclencheur, pourtant, n’est ni un voyage ni un message. C’est une alerte financière, venue d’un organisme dont on parle rarement dans le foot.
Tracfin, 180 300 euros et cinq policiers : l’alerte qui a tout fait basculer
Tout part d’une intervention de Tracfin, le service de renseignement financier de Bercy. Il remarque un don de 180 300 euros attribué à Kylian Mbappé, destiné à cinq policiers, après la Coupe du monde au Qatar. Une somme qui attire immédiatement l’attention des autorités.
Dans ce partage, Mohamed Sanhadji aurait pris la part du lion : 60 300 euros. Et, toujours selon L’Équipe, il ne les aurait pas déclarés au fisc. Le détail change tout, car il fait passer l’affaire du simple cadeau à la question fiscale.
Les enquêteurs ne s’arrêtent pas là. Ils remontent le fil et découvrent, d’après le journal, des flux répétés entre 2020 et 2024. Le « flic des Bleus » aurait ainsi reçu des internationaux des cadeaux en nature, des vacances offertes et des demandes d’argent pressantes.
Dans un vestiaire où l’on parle d’équipe et de loyauté, ces demandes auraient été difficiles à refuser. Le policier connaissait tout le monde, savait tout, et se rendait indispensable. Difficile, dans ces conditions, de dire non à celui qui assure votre sécurité et celle de votre famille.
La mécanique, si elle est avérée, tient autant de l’emprise que de la générosité, et elle aurait touché plusieurs joueurs, pas seulement un. Un enjeu sensible à l’approche du Mondial, alors que le débat sur la place de Mbappé dans la liste de Deschamps agitait déjà le foot français.
Au total, les enquêteurs évoquent plus de 300 000 euros obtenus auprès de plusieurs joueurs sur quatre ans. Mais une pièce du dossier concerne directement le capitaine des Bleus et sa mère. Et elle est bien plus précise.

Un prêt de 120 000 euros, des frais dentaires et des messages qui en disent long
Dès les premières lignes de ce volet, on retrouve Didier Deschamps, déjà au cœur d’une polémique avec Mbappé. Car selon L’Équipe, c’est aussi vers le sélectionneur que Mohamed Sanhadji aurait servi de messager. Mais d’abord, l’argent.
Pour financer une opération immobilière, le policier aurait invoqué de fausses difficultés financières. Il aurait alors sollicité un prêt direct de 120 000 euros auprès de Kylian Mbappé. La somme aurait été versée par l’intermédiaire de Fayza Lamari, la mère et agente du joueur.
Toujours selon le journal, celle-ci aurait également réglé des dépenses personnelles du policier. Y compris des frais dentaires. Un détail presque anodin, qui illustre le niveau de proximité atteint entre le commandant et la famille.
Et puis il y a les messages. Mohamed Sanhadji écrivait à Fayza Lamari : « Je serai toujours là », « Pour la famille, je vais à la guerre s’il le faut », ou encore « J’ai attendu l’Élu toute ma vie, et il est à côté de moi ». Des mots d’une loyauté presque dévote, qui montrent comment le policier cultivait sa place auprès du clan.
En retour, il rendait service, d’après L’Équipe : sécuriser la nouvelle résidence de l’ancien Monégasque, faciliter une demande de visa pour une proche, aider à l’hospitalisation en urgence d’un autre proche. Il aurait même fait passer des messages à Didier Deschamps, notamment en faveur de Rayan Cherki. Voilà donc le cœur du dossier : une relation où l’argent, les faveurs et la protection semblent s’entremêler.
Perquisitions et caution de 80 000 euros : ce que le clan Mbappé doit maintenant expliquer
Ces révélations ont déclenché des perquisitions ciblées au siège de la FFF et au domicile de Fayza Lamari. Mohamed Sanhadji a ensuite été mis en examen le 16 septembre 2026 pour corruption, escroquerie, recel de détournement de fonds publics et blanchiment de fraude fiscale. Il a évité la détention provisoire de justesse, en versant une caution de 80 000 euros.
Il est désormais sous contrôle judiciaire et interdit d’exercer dans le football. Une chute brutale pour celui qui, des années durant, avait ses entrées partout chez les Bleus. Cette mise en examen ne vaut pas condamnation, et seul l’ancien officier de sécurité est cité comme mis en examen dans les éléments rapportés.
Pour Kylian Mbappé et sa mère, la situation est tout autre. D’après la source, ils doivent maintenant s’expliquer sur la nature exacte de ces largesses et sur l’emprise financière que le policier aurait exercée. Aucune réaction de leur part n’est rapportée à ce stade.
L’affaire arrive au pire moment pour le capitaine des Bleus, déjà sous les feux de la critique pour ses déplacements en jet qui passaient très mal chez les Bleus. Chaque nouvelle révélation nourrit l’image d’un joueur entouré d’un système à part.
Reste la question que le joueur a déjà abordée publiquement : son image. Il y a peu, il disait être déjà assez détesté comme ça. Ce dossier ne devrait pas arranger les choses, et la suite de l’enquête dira ce qu’il en est vraiment.
L’histoire d’un policier trop proche, d’un clan trop généreux et d’une enquête qui ne fait que commencer.
Pendant que l’un des clans du foot français s’explique, 70 joueurs de Serie A cités dans une autre affaire explosive à Milan montrent que le monde du ballon a bien d’autres secrets.
Et si vous pensiez que les drames de célébrités restaient dans le sport, ce que Mindy a tenté de faire avant la mort de sa mère Loana vous laissera sans voix.