Giroud, Ménez, Hakimi : 70 joueurs de Serie A cités dans une affaire de proxénétisme à Milan
Le parquet de Milan a lancé une enquête d’ampleur sur un réseau de soirées privées soupçonné de proxénétisme. Quatre personnes ont été interpellées, des documents compromettants ont été saisis, et environ soixante-dix noms de joueurs passés par la Serie A y figureraient. Parmi eux, trois footballeurs que le public français connaît bien.
Quatre arrestations et des dizaines de noms dans les fichiers
L’affaire a éclaté en début de semaine, quand les autorités milanaises ont procédé à l’interpellation de quatre individus. Selon les éléments communiqués par le parquet, ces suspects sont accusés d’avoir mis sur pied un réseau structuré de soirées payantes au cours desquelles des prestations sexuelles auraient été proposées à des participants triés sur le volet.

Les enquêteurs ont saisi une masse considérable de documents : messages, échanges numériques, enregistrements audio. C’est dans ce matériel que sont apparus les noms ou les initiales d’environ soixante-dix joueurs ayant évolué en Serie A. Le réseau ne se limitait pas à Milan : plusieurs villes italiennes seraient concernées par ces soirées organisées en marge du monde du football professionnel.
L’ampleur de la liste a immédiatement fait réagir la presse transalpine. Mais un nom sur un document ne signifie pas une participation active, et la justice italienne n’a pour l’instant mis en examen aucun footballeur. Ce qui n’a pas empêché certains médias de pointer des figures très connues du ballon rond.
Giroud et Ménez, deux anciens Bleus dans la tourmente médiatique
Olivier Giroud, passé par l’AC Milan entre 2022 et 2024 avant de rejoindre la MLS, fait partie des noms évoqués par la presse italienne. L’attaquant aux 57 buts en équipe de France aurait vu son nom apparaître dans les documents saisis, sans qu’aucun rôle précis ne lui soit attribué à ce stade.

Jérémy Ménez, autre international français passé par l’AS Roma puis par l’AC Milan au milieu des années 2010, figure également parmi les personnalités citées. L’ancien ailier, aujourd’hui retiré du football de haut niveau, n’a pas non plus fait l’objet de poursuites. Cette affaire rappelle d’ailleurs d’autres scandales qui ont touché le football français ces dernières années, où la frontière entre citation dans un dossier et implication réelle a souvent été mal comprise par le grand public.
Pour les deux joueurs, la situation est identique : leur nom apparaît dans un fichier, ce qui ne constitue ni une accusation ni une preuve. Mais dans l’Italie du calcio, où chaque rumeur enfle à la vitesse d’un contre en Serie A, le mal médiatique est déjà fait. Un troisième nom, lui, concerne un joueur encore en activité au plus haut niveau.
Hakimi, latéral du PSG, cité dans les mêmes documents
Achraf Hakimi, latéral droit du Paris Saint-Germain, apparaîtrait lui aussi dans certains documents de l’enquête. Le Marocain a évolué à l’Inter Milan lors de la saison 2020-2021 avant de rejoindre le club parisien. C’est durant cette période milanaise que son nom aurait été mentionné.
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Le joueur de 26 ans, déjà confronté à des affaires judiciaires par le passé — il avait été visé par une plainte pour viol en France en 2023, classée sans suite —, n’a fait l’objet d’aucune mise en examen dans le cadre de cette enquête milanaise. Son entourage n’a pas communiqué publiquement sur le sujet.
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Au-delà de ces trois noms, la liste comprendrait des joueurs liés à la Juventus, à l’Inter Milan et à l’AC Milan, soit les trois plus grands clubs du football italien. Le spectre est large, et les enquêteurs doivent désormais démêler les simples mentions des participations effectives.
Ce que disent réellement les documents — et ce qu’ils ne disent pas
La prudence s’impose, et les autorités judiciaires milanaises l’ont rappelé. La présence d’un nom dans des échanges saisis lors d’une perquisition ne vaut pas preuve de participation. Un joueur peut avoir été mentionné par un organisateur sans jamais avoir mis les pieds à l’une de ces soirées. Il peut aussi avoir été contacté sans avoir donné suite.

À ce stade, aucun des footballeurs cités n’a été convoqué par la justice. Les investigations se concentrent sur les quatre personnes arrêtées et sur la structure du réseau : qui organisait, qui recrutait, qui finançait. Les joueurs, s’ils sont un jour entendus, le seront probablement comme témoins avant toute autre qualification juridique.
Cette affaire n’est pas sans rappeler le scandale Epstein, où des centaines de noms figuraient dans des carnets d’adresses sans que tous soient impliqués dans les faits reprochés. La nuance juridique est essentielle, mais elle résiste rarement à l’emballement médiatique.
Le football italien face à ses zones grises
Si les faits venaient à être confirmés, cette affaire poserait une question plus large sur l’écosystème qui gravite autour du football professionnel en Italie. Les soirées privées, les intermédiaires, les réseaux parallèles : un monde opaque que les clubs peinent à contrôler et que les joueurs, souvent jeunes et très riches, fréquentent parfois sans mesurer les risques.
La Serie A a déjà été secouée par des scandales de paris truqués (le Calciopoli de 2006) et des affaires de mœurs impliquant des personnalités du ballon rond. Ce nouveau dossier pourrait relancer le débat sur l’encadrement des joueurs en dehors des terrains, un sujet que le football français connaît aussi. On se souvient également de la proposition reçue par Paul Pogba de la part d’un site d’escort, preuve que ces sollicitations touchent les joueurs des deux côtés des Alpes.
Pour l’heure, l’enquête suit son cours à Milan. Les avocats des quatre suspects contestent les charges. Les noms de Giroud, Ménez et Hakimi continueront de circuler dans la presse italienne, alimentant un feuilleton judiciaire dont personne ne connaît encore le dénouement. Une seule certitude : tant que la justice n’aura pas tranché, ces joueurs restent présumés innocents — quoi qu’en disent les gros titres.