À Silverstone, la parade des pilotes en Lego vire au chaos total avant le Grand Prix de F1

C’était censé être un simple tour d’honneur pour amuser les tribunes. Mais à quelques heures du Grand Prix de Grande-Bretagne, les 22 pilotes de F1 juchés sur leurs mini-monoplaces Lego ont transformé l’exercice en véritable foire d’empoigne. Entre menaces de boycott, voitures ensablées et un sauvetage improvisé signé Lando Norris, le paddock de Silverstone a vécu l’un des moments les plus dingues de son week-end.
Un concept déjà contesté avant même le premier virage
La tension montait depuis plusieurs jours autour de cette parade Lego, et pas seulement à cause de la vitesse limitée à 25 km/h des petites voitures. Max Verstappen n’avait pas caché son agacement la veille de l’événement, réclamant plutôt un défilé classique en camion électrique.
« Si ça ne tenait qu’à moi, je voudrais simplement un défilé des pilotes normal », expliquait-il, cité par Road & Track. Lewis Hamilton partageait les mêmes réserves, s’inquiétant du risque pris pour un simple exercice marketing, sur fond de débats autour de la rémunération de ce type d’apparitions.
Plusieurs pilotes ont même envisagé de boycotter purement et simplement l’animation. Un climat qui rappelle d’autres tensions autour des décisions prises en coulisses et qui font grincer des dents malgré elles. Finalement, les 22 titulaires ont pris le départ, aux côtés du président de la FIA Mohammed Ben Sulayem et de Stefano Domenicali, chacun perché sur son propre kart en briques. La scène s’annonçait déjà comme un remake improbable de grands classiques du sport automobile.
28 000 briques par voiture, et 6 400 heures de travail réduites en gravier
Le chiffre donne le vertige : chaque monoplace Lego a nécessité environ 28 000 briques, pour un poids total de 280 kg, dont près de 65 kg de briques pures. Il aura fallu quelque 6 400 heures de travail, réparties entre une vingtaine de « master builders », pour assembler les 22 véhicules avant le week-end.
Cette deuxième édition du concept marquait aussi un changement de formule. L’année précédente, avant le Grand Prix de Miami, chaque écurie ne disposait que d’une seule voiture Lego biplace, ce qui avait généré des tensions internes sur le choix du pilote au volant. Pour éviter de revivre ce genre de crispations, l’organisation a préféré neutraliser le plateau avec 22 monoplaces individuelles, une par pilote.
Mais dès le lancement des moteurs électriques sur la ligne droite de Silverstone, les bonnes résolutions ont volé en éclats. Limites de piste ignorées, cordes coupées, virages tranchés à travers l’herbe : le tour de parade s’est mué en véritable mini-course, façon dérapage incontrôlé. Plusieurs voitures ont fini plantées dans les bacs à gravier, obligeant les commissaires à intervenir en pleine animation censée être inoffensive.
Sainz ensablé, Norris au sauvetage : le clin d’œil à 1991
Carlos Sainz a signé le moment le plus commenté du tour. Au volant de sa Williams aux couleurs Lego, l’Espagnol s’est retrouvé bloqué dans les graviers, incapable de repartir avec sa monoplace miniature. Une scène qui n’est pas sans rappeler d’autres décisions inattendues dans le petit monde de la course automobile.
C’est alors que Lando Norris, son ancien coéquipier chez McLaren, s’est arrêté avec sa voiture papaye pour le récupérer. Sainz a grimpé sur le flanc de la monoplace, sous les applaudissements des tribunes, dans un clin d’œil inversé au Grand Prix de Grande-Bretagne 1991, quand Nigel Mansell avait ramené Ayrton Senna au stand après la panne d’essence de sa McLaren.
La séquence a fait le tour des réseaux sociaux presque instantanément. Certains extraits ont dépassé 1,2 million de vues et 28 000 « likes » sur X, avec des fans réclamant déjà un vrai championnat parallèle de courses Lego. Au milieu du chaos, un classement officieux s’est quand même dessiné : Fernando Alonso a été désigné vainqueur devant Esteban Ocon et Valtteri Bottas.
Entre gravier plein les jantes en plastique et vidéos virales, la F1 a une nouvelle fois prouvé qu’elle sait transformer un coup marketing en moment de pur chaos assumé. Reste à savoir si les pilotes accepteront de rechausser leurs Lego pour une troisième édition, ou si le vrai camion électrique réclamé par Verstappen finira par s’imposer.