Procès Hakimi pour viol : pourquoi Kylian Mbappé pourrait être appelé à témoigner
La nouvelle est tombée en pleine Coupe du monde 2026. La justice a confirmé le renvoi d’Achraf Hakimi devant une cour criminelle pour le viol présumé d’une jeune femme en 2023. Et dans ce dossier, un nom revient avec insistance : celui de Kylian Mbappé, dont le témoignage pourrait peser lourd à l’audience.

Un renvoi aux assises confirmé par la cour d’appel de Versailles
C’est la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles qui a tranché ce vendredi. Selon son communiqué, « les investigations menées durant l’enquête et l’information judiciaire » ont établi des charges suffisantes contre le défenseur du PSG. Il sera donc jugé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine.
Le latéral droit de 27 ans, qui avait déjà exprimé publiquement son impatience face à ce procès, conteste fermement les faits. La décision a été rendue à huis clos, mais ses conséquences sont très concrètes : un procès est attendu en 2027.
Pour rappel, Hakimi avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire en mars 2023, quelques jours après les faits dénoncés. Depuis, il n’a cessé de clamer son innocence. Mais un élément du dossier pourrait redistribuer les cartes au moment du procès.
La déposition de Mbappé qui a failli tout compliquer
Le 14 avril 2023, Kylian Mbappé a été entendu par les policiers à Neuilly-sur-Seine. À l’époque encore coéquipier de Hakimi au PSG, le Français avait expliqué avoir discuté avec le Marocain pour comprendre l’origine des accusations portées contre lui.
Dans sa déposition, consultée par RMC Sport, Mbappé rapportait les propos de son ami : « Achraf m’a dit qu’ils se sont embrassés. Il m’a dit qu’il y avait eu des caresses mutuelles sur des parties intimes mais qu’à aucun moment il n’avait senti de refus de la part de la jeune femme. »

Le problème, c’est que le magistrat instructeur a interprété cette phrase différemment. Selon lui, Mbappé laissait entendre que Hakimi reconnaissait avoir touché le sexe de la plaignante. Une lecture que la défense conteste fermement.
Mbappé, désormais joueur du Real Madrid, a d’ailleurs fourni une nouvelle attestation devant la justice pour rectifier le tir. Le capitaine des Bleus, qui avait lui-même été visé par une enquête en Suède, a tenu à clarifier ses propos. Mais cette clarification a un contexte bien précis.
« Mon propos a été déformé » : la mise au point de Mbappé
L’avocate d’Achraf Hakimi, Me Colin, a détaillé la situation sur BFMTV. Selon elle, Mbappé a affirmé devant les policiers que Hakimi « ne comprenait pas l’accusation portée contre lui puisqu’il n’y avait jamais eu de pénétration digitale ».
Le joueur du Real Madrid aurait ensuite contesté l’interprétation faite par le juge d’instruction. « Ce qu’a fait Monsieur Mbappé c’est de dire : mon propos a été déformé, ce n’est pas ce que j’ai dit et pas ce que je voulais dire », a précisé l’avocate.
Cette tension autour d’une déposition mal interprétée – ou volontairement nuancée – place Mbappé dans une position inconfortable. Il n’est ni accusé ni partie civile, mais son témoignage est devenu un enjeu central du dossier. Et il ne pourra pas y échapper.
Mbappé sera cité comme témoin au procès
Me Colin a été catégorique : « Je pense que Kylian Mbappé sera cité comme témoin au procès. » Une perspective qui pourrait transformer cette audience en événement médiatique majeur. Dans le monde du football, les questions liées au consentement sont devenues un sujet brûlant ces dernières années.
L’avocate a également indiqué que son client et elle souhaitaient un procès public, « pour que toute la vérité soit faite ». Un choix qui tranche avec la discrétion habituelle dans ce type d’affaires, et qui montre la confiance affichée par la défense.
Reste à savoir si le conflit financier entre Mbappé et le PSG pourrait compliquer les choses. Les deux hommes étaient proches au sein du vestiaire parisien, mais leurs parcours se sont séparés depuis. L’amitié résistera-t-elle à la pression d’un procès criminel ?
Ce que raconte la plaignante depuis le début
Selon une source policière, la jeune femme, alors âgée de 24 ans, avait fait la connaissance du joueur en janvier 2023 via Instagram. Elle s’était ensuite rendue chez lui dans un VTC commandé par Hakimi.
Elle affirme que le joueur l’a embrassée puis touchée sans son consentement, avant de la violer. Elle dit être parvenue à le repousser. Une amie, contactée par SMS pendant les faits, serait venue la récupérer.
Hakimi, de son côté, conteste toute agression. Il maintient que les contacts ont été consentis et mutuels. C’est précisément cette version qu’il dit avoir rapportée à Mbappé, et c’est sur cette base que son ami a témoigné devant les enquêteurs.
Le procès, s’il se tient en 2027 comme prévu, s’annonce déjà comme l’un des plus suivis du sport français. Avec un international marocain sur le banc des accusés, le capitaine de l’équipe de France à la barre des témoins, et une parole de victime qui n’a jamais varié. Trois versions d’une même soirée. Il faudra bien que la cour en choisisse une.