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« Cette accusation est fausse » : Hakimi sort du silence sur son procès pour viol, à la veille de PSG-Liverpool

Publié par Elsa Lepic le 14 Avr 2026 à 9:03
Achraf Hakimi en action sous le maillot du PSG lors d'un match de Ligue des Champions

À quelques heures d’un match décisif en Ligue des Champions, le latéral du PSG a brisé le silence sur l’affaire judiciaire qui le poursuit depuis des mois. Trois phrases sèches, un visage fermé, et une salle de presse qui retenait son souffle : Achraf Hakimi a choisi le moment le plus exposé pour livrer sa version. Mais ce qu’il a dit — et surtout ce qu’il n’a pas dit — en dit long.

Une prise de parole rare et calculée

Achraf Hakimi n’est pas un habitué des conférences de presse. Le défenseur international marocain se montre rarement devant les micros en dehors des obligations protocolaires d’avant-match. Pourtant, ce mardi, à la veille du quart de finale retour face à Liverpool au Parc des Princes, il était bien là, assis aux côtés de son entraîneur.

Sa présence n’avait rien d’anodin. Depuis que le parquet de Nanterre a requis un procès pour viol contre lui, le joueur de 26 ans n’avait jamais pris la parole publiquement sur le sujet. Pas un mot aux médias, pas une story Instagram, pas le moindre communiqué personnel. Seuls ses avocats s’exprimaient en coulisses.

Cette stratégie du silence venait de prendre fin. Et le timing ne devait rien au hasard : avec des centaines de journalistes accrédités pour la rencontre européenne, Hakimi savait que chaque mot serait relayé à l’échelle planétaire. Restait à savoir ce qu’il allait concéder face aux questions.

Trois phrases qui résument tout

La réponse a été aussi brève que tranchante. Interrogé sur la procédure judiciaire en cours, Hakimi a lâché : « Cette accusation est fausse. Je suis concentré pour la suite. Je laisse mes avocats faire le travail. » Quinze secondes de déclaration. Pas de tremblement dans la voix, pas de détour rhétorique. Le joueur a nié les faits, renvoyé vers sa défense juridique, puis orienté la conversation vers le terrain.

Achraf-Hakimi-et-Hiba-Abouk-2

Ce type de réponse calibrée porte la marque d’une préparation minutieuse avec son entourage. Dans le milieu du football professionnel, chaque intervention publique sur une affaire judiciaire est pesée au gramme près. Trop en dire, c’est risquer de fournir des éléments exploitables par la partie adverse. Ne rien dire, c’est laisser le récit se construire sans soi. Hakimi a opté pour la troisième voie : le démenti frontal sans développement.

Ce positionnement rappelle celui adopté par d’autres sportifs de haut niveau confrontés à des affaires médiatiques sensibles. L’objectif est double : affirmer son innocence tout en montrant que le football reste la priorité. Mais cette posture suffit-elle à éteindre l’incendie ?

Ce que dit la procédure judiciaire

Pour comprendre le poids de cette prise de parole, il faut revenir sur les faits. Le parquet de Nanterre a demandé le renvoi d’Achraf Hakimi devant un tribunal correctionnel pour des faits de viol. Cette réquisition est intervenue après une enquête de plusieurs mois, au cours de laquelle le joueur a été entendu et a contesté les accusations portées contre lui.

En droit français, la demande de procès par le parquet ne signifie pas que l’accusé est coupable. Elle indique que le ministère public estime disposer d’éléments suffisants pour que l’affaire soit jugée. La décision finale de renvoyer ou non l’affaire devant le tribunal appartient au juge d’instruction, qui évalue l’ensemble du dossier.

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Hakimi bénéficie de la présomption d’innocence. Ses avocats, mentionnés par le joueur lui-même comme les interlocuteurs légitimes sur ce dossier, n’ont pas communiqué de détails supplémentaires à l’issue de la conférence. La procédure suit son cours dans un contexte où la pression médiatique ne faiblit pas, alimentée par le statut du joueur et l’enjeu sportif immédiat.

Un contexte sportif sous haute tension

Cette déclaration intervient dans un moment charnière de la saison du PSG. Le club parisien affronte Liverpool en quart de finale retour de la Ligue des Champions, une compétition que les dirigeants qataris rêvent de remporter depuis leur prise de contrôle en 2011. Chaque détail compte, chaque perturbation est un risque.

Le Parc des Princes illuminé de nuit avant un match de Ligue des Champions

Le staff parisien a visiblement fait le choix d’exposer Hakimi à la conférence de presse plutôt que de le protéger derrière un coéquipier. Ce calcul suggère que le club considère la prise de parole comme un moyen de « tourner la page » médiatiquement avant le coup d’envoi. En offrant une réponse — même minimale — aux journalistes, on réduit le risque que la question pollue l’après-match ou les jours suivants.

Au Parc des Princes, Hakimi reste un titulaire indiscutable. Le Marocain enchaîne les performances sur le flanc droit et figure parmi les joueurs les plus utilisés par son entraîneur cette saison. Sur le terrain, rien dans son attitude ou son rendement ne laisse transparaître le poids de l’affaire judiciaire. Du moins en apparence.

Le football face à la justice : un dilemme récurrent

Le cas Hakimi relance un débat qui agite régulièrement le monde du sport professionnel : un joueur visé par une procédure judiciaire grave doit-il continuer à jouer normalement ? La question n’a pas de réponse simple, et les précédents montrent des approches très différentes selon les clubs et les pays.

En France, la tendance dominante est de maintenir le joueur dans l’effectif tant qu’aucune condamnation n’est prononcée. Le PSG n’a pas écarté Hakimi, pas même temporairement. D’autres clubs européens ont parfois fait le choix inverse, suspendant des joueurs dès l’ouverture d’une enquête pour protéger leur image. Aucune règle ne s’impose : chaque situation dépend du contexte, de la gravité des faits reprochés et de la pression médiatique.

Ce qui est certain, c’est que Hakimi évolue dans un entre-deux inconfortable. Chaque apparition publique — que ce soit sur le terrain ou en zone mixte — est scrutée à travers le prisme de cette affaire. Sa déclaration de ce mardi ne clôt rien : elle ouvre simplement un nouveau chapitre dans une saga qui se jouera désormais autant au tribunal que sur la pelouse.

Comme l’a montré l’affaire Patrick Bruel ou les controverses autour de Stéphane Plaza, la parole publique dans ce type de dossier est un exercice à haut risque. Chaque mot est décortiqué, chaque silence est interprété. Hakimi a choisi de parler peu, mais de parler fort. La suite appartient à la justice — et au terrain.

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