Procès de la mort de Maradona : la vidéo de l’autopsie diffusée en audience fait fuir sa fille en larmes
Un tribunal glacial de San Isidro, en Argentine. Des avocats qui s’insultent à quelques mètres les uns des autres. Et soudain, une vidéo d’autopsie projetée devant la fille de la victime.
Le procès sur la mort de Diego Maradona n’a rien d’une audience ordinaire. Depuis le 14 avril, sept professionnels de santé y répondent de négligences qui auraient contribué au décès du footballeur, en 2020.
Et à mesure que les débats avancent, l’ambiance vire au psychodrame national.

Sept accusés, un mort seul dans son lit
Maradona est décédé seul, dans son lit, au sein d’une résidence peu médicalisée où il se remettait d’une opération. Sept personnes sont aujourd’hui sur le banc des accusés : un médecin, un psychiatre, un psychologue et des infirmiers.
Depuis avril, le tribunal a déjà entendu près de 70 dépositions de témoins et d’accusés, réparties sur plus de 25 audiences, à raison de deux séances par semaine. Un rythme soutenu qui doit s’achever en août, avec une mise en délibéré.
Mais dans la salle d’audience mal insonorisée, ce n’est pas seulement une affaire judiciaire qui se joue. C’est une déflagration émotionnelle permanente, où les filles de Maradona affrontent directement les médecins accusés d’avoir laissé mourir leur père.
La vidéo qui a fait exploser l’audience
Leopoldo Luque, médecin personnel de Maradona à l’époque des faits et principal accusé, assiste à chaque audience. Il intervient dès qu’il estime être visé, multipliant les enregistrements audio et les articles scientifiques pour sa défense.
Un jour, il fait diffuser un extrait de la vidéo de l’autopsie de Maradona. Gianinna, l’une des filles du champion, est présente dans la salle au moment de la projection.

Bouleversée par les images, elle se lève, insulte le médecin et quitte la salle en criant, suivie par son avocat Fernando Burlando. L’audience est immédiatement suspendue.
Luque affirme n’avoir pas remarqué la présence de Gianinna avant de lancer la vidéo. La famille, elle, ne le croit pas une seconde. Un incident qui n’est malheureusement qu’un épisode parmi d’autres dans ce procès à haute tension.
« Comme des gamins » : le juge dépassé par les avocats
Le juge Alberto Gaig préside les débats aux côtés de ses assesseurs Pablo Rolón et Alberto Ortolani. Depuis trois mois, il joue les arbitres dans une salle où les altercations deviennent presque routinières.
« C’est impossible de les arrêter, comme des gamins ! On ne peut pas travailler comme ça », a-t-il lâché un jour, exaspéré par les échanges houleux entre avocats. Une scène qui rappelle que même dans les prétoires, certaines rivalités personnelles finissent par prendre toute la place, comme dans d’autres affaires où les accusations fusent devant la justice.
La tension la plus vive oppose Fernando Burlando, avocat des filles Maradona, à Francisco Oneto, celui de Leopoldo Luque — aussi connu pour avoir défendu le président argentin Javier Milei. Assis à quelques mètres l’un de l’autre, les deux hommes ne se supportent visiblement pas.
« Pauvre type », « clown de merde » : les insultes qui fusent
Burlando s’exprime avec lenteur. Oneto l’interrompt sans cesse, parle fort, cherche l’affrontement. Un jour, Burlando renvoie carrément son confrère « à l’école primaire ». Oneto lui répond d’« aller chercher un dictionnaire ».
Leurs disputes finissent par provoquer une nouvelle suspension d’audience. Dans la salle des pas perdus, entourés de policiers, de confrères et de journalistes, les invectives pleuvent : « Pauvre type ! », « Clown de merde ! », « T’es un con », « Et bien me voilà, qu’est-ce que tu vas faire ? ».
Un procureur et un policier finissent par s’interposer, évitant de justesse le contact physique. Une ambiance électrique qui contraste étrangement avec certains instants presque cocasses du procès.
Des biscuits argentins pour faire redescendre la tension
Par un froid matin de juin, un avocat de la défense débarque avec un sac en toile de jute rempli d’alfajores au chocolat et au dulce de leche, la friandise typique argentine. Il en distribue autour de lui, comme pour désamorcer l’ambiance pesante.
Un mois plus tôt, un autre avocat était arrivé avec des chipás, des petits pains paraguayens au fromage, dans des boîtes roses tout droit sorties de la pâtisserie de sa femme. Fait suffisamment rare pour être noté : ces friandises ont fait l’unanimité chez tous les hommes de loi présents.
Ces parenthèses gourmandes tranchent avec la gravité du dossier. Mais un autre élément, bien plus insolite, s’est imposé comme le véritable protagoniste silencieux de ce procès.
Une maquette de deux mètres transportée par quatre hommes
Des étudiants de l’Université de Belgrano ont conçu une reproduction fidèle de la maison où Maradona a rendu son dernier souffle. L’objet mesure environ deux mètres de large sur un mètre de haut.

Il faut quatre hommes pour la transporter d’une pièce attenante jusqu’au centre de la salle d’audience. Elle réapparaît à chaque fois qu’un témoin doit situer précisément les différentes pièces de la maison, redonnant un peu de concret à un dossier saturé d’émotion.
Le verdict, lui, est attendu en août. D’ici là, il reste encore plusieurs audiences à haut risque, et personne ne semble en mesure de garantir qu’elles se dérouleront sans nouvel esclandre. Un dénouement judiciaire que suivent de près les passionnés de football, tout comme d’autres annonces marquantes qui secouent le monde du ballon rond ces derniers mois.
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