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23 sélections en équipe de France, 3 boucliers de Brennus… et aujourd’hui il pétrit du pain dans le Vaucluse

Publié par Mathieu le 10 Juin 2026 à 13:56
Boulanger souriant devant son comptoir garni de pains dorés

Un Grand Chelem, trois boucliers de Brennus, des années de vestiaires et de plaquages au plus haut niveau. Rémy Martin avait tout connu du rugby professionnel. Personne ne l’attendait derrière un fournil — et pourtant, c’est là qu’il vient de trouver sa deuxième vie, dans une boulangerie du Vaucluse qui accueille déjà jusqu’à 700 clients par jour.

Du Stade Français au monde de l’entreprise : la première mue de Rémy Martin

Ceux qui ont suivi le rugby français des années 2000 se souviennent de ce troisième ligne puissant. Rémy Martin, c’est 23 sélections en équipe de France, un Grand Chelem et des passages marquants au Stade Français, à Montpellier, à Béziers ou encore à Mont-de-Marsan. Le genre de palmarès qui vous colle à la peau.

Mais en 2015, une blessure met un terme brutal à sa carrière. Pas le temps de s’apitoyer : l’Ardéchois d’origine rebondit dans le monde de l’entreprise. Il devient responsable de centres commerciaux, un poste stable, raisonnable. Le genre de reconversion que beaucoup d’anciens sportifs choisissent après des années de sacrifices.

Sauf que Rémy Martin n’est pas du genre à se contenter de raisonnable. À 46 ans, après quatre années de réflexion intense, il décide de tout plaquer pour un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps. Un projet à des années-lumière des open spaces et des réunions d’entreprise. Un projet qui sent bon le levain et la croûte dorée.

Apt, le Vaucluse et une boulangerie de 300 m² : le pari fou d’un ancien international

Le 13 mai dernier, Rémy Martin a ouvert les portes de sa boulangerie à Apt, dans le Vaucluse. Pas un petit local coincé entre deux vitrines : un espace de 300 m² en collaboration avec la franchise française Ange. Le choix de cette commune n’a rien d’un hasard — l’ancien rugbyman y a vécu et connaît la région comme sa poche.

Ce qui l’a convaincu dans le concept Ange, c’est un mot qu’il connaît bien : la proximité. Comme il le confie au journal La Provence, il retrouve dans cette aventure les valeurs du rugby. La cohésion d’équipe. L’idée que tout le monde avance dans la même direction, du boulanger au vendeur.

Et justement, l’équipe, il l’a construite avec soin. Soucieux de dynamiser le territoire, Rémy Martin s’est rapproché de France Travail et de la Mission locale pour recruter. Résultat : 25 postes créés — boulangers, vendeurs, préparateurs. Vingt-cinq emplois dans une commune de moins de 12 000 habitants, c’est le genre de geste qui ne passe pas inaperçu localement.

L’ancien troisième ligne le dit lui-même avec un sourire : l’entrepreneuriat est une épreuve où « il ne faut pas foncer tête baissée comme au rugby ». Quatre ans de réflexion avant de se lancer, ça ressemble davantage à une stratégie bien préparée qu’à un coup de tête. Et les premiers résultats lui donnent raison de manière spectaculaire.

Intérieur chaleureux d'une boulangerie artisanale provençale

700 clients par jour et déjà de nouveaux projets : la machine est lancée

Depuis l’inauguration, la boutique ne désemplit pas. Entre 400 et 700 clients poussent la porte chaque jour, mélange de touristes de passage et d’habitants fidèles. Pour une boulangerie fraîchement ouverte dans une ville moyenne du Luberon, les chiffres sont remarquables.

Le secret ? Probablement la même recette que sur un terrain de rugby : de l’intensité, de la régularité et une équipe soudée. Rémy Martin n’a pas simplement posé son nom sur une enseigne. Il est là, présent, impliqué au quotidien. L’homme qui a porté le maillot bleu face aux meilleures nations du monde sait ce que veut dire s’engager à fond.

Fort de cette lancée, l’ancien international ne compte pas s’arrêter à une seule adresse. Il ambitionne déjà d’ouvrir d’autres boulangeries. Trois boucliers de Brennus, bientôt plusieurs boutiques : décidément, Rémy Martin aime collectionner les trophées.

Du plaquage au pétrissage, il n’y a finalement qu’un pas — à condition d’avoir le courage de le franchir. La prochaine fois que vous mordrez dans une baguette croustillante, demandez-vous si celui qui l’a pensée n’a pas, lui aussi, vécu une première vie complètement différente.

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