Match du RCV à Vannes : 150 à 200 PV en moyenne, la mairie sort une solution inattendue

Un soir de match au stade de La Rabine, et c’est toute une partie du centre-ville de Vannes qui retient son souffle. Les riverains connaissent la chanson par cœur : voitures entassées sur les trottoirs, rues bloquées, amendes qui pleuvent. Cette fois, le maire a lâché un chiffre qui en dit long sur l’ampleur du problème, et surtout une piste concrète pour y remédier.
Le calvaire des riverains de La Rabine à chaque match
Le stade de La Rabine a un défaut de taille : il trône en plein cœur de ville, sans le moindre parking dédié pour accueillir les milliers de supporters du RCV. Résultat, les soirs de rencontre, les rues du Commerce et Monseigneur-Tréhiou se transforment en zone de stationnement sauvage. Les habitants de ces artères en ont assez de voir leur quotidien perturbé, et ils ne se sont pas privés de le faire savoir.
C’est lors de sa déambulation sur la rive gauche, ce mercredi 1er juillet, que le maire David Robo a été directement interpellé sur le sujet. Une scène qui rappelle d’autres tensions locales autour de l’organisation urbaine, un peu comme quand certains réseaux du quotidien montrent leurs limites face à un afflux imprévu. Sauf qu’ici, le problème n’a rien de nouveau : il revient, soir après soir, depuis des saisons.
Face à cette pression répétée, l’édile a fini par sortir un chiffre qui a de quoi surprendre. Un chiffre qui, à lui seul, résume l’ampleur du problème et justifie qu’on cherche enfin une vraie solution, plutôt que de multiplier les sanctions sans régler la cause.
D’ailleurs, la gestion du stationnement dans les grandes villes françaises fait souvent débat, à l’image des tensions observées dans d’autres métropoles où les habitudes locales pèsent sur le budget des ménages.
150 à 200 PV par match : l’aveu du maire de Vannes
« On est en moyenne, sur les derniers matchs de la saison, entre 150 et 200 PV », a lâché David Robo devant les riverains excédés. Un aveu brut, presque déconcertant, qui traduit l’ampleur réelle du chaos automobile généré à chaque rencontre du RCV.
Concrètement, ça veut dire que chaque week-end de match, des dizaines et des dizaines de supporters se garent n’importe où, faute de solution officielle.
Et ce n’est pas près de s’arranger : avec la remontée du club en Top 14, les rencontres vont désormais se jouer le samedi, un jour où le centre-ville est déjà sous tension avec les commerces et les autres activités urbaines.
Un contexte qui n’est pas sans rappeler la manière dont certaines décisions administratives bousculent le quotidien des Français, comme ces changements soudains qui touchent directement le portefeuille.
Face à ce constat chiffré, impossible pour la municipalité de continuer à faire l’autruche. Il fallait une réponse structurelle, pas un simple coup de communication. Et c’est justement cette réponse que David Robo a commencé à dévoiler, en évoquant un lieu auquel personne ne pensait forcément en premier : l’université. Une piste qui pourrait, elle aussi, s’inspirer de solutions déjà testées ailleurs, un peu comme ce réseau méconnu qui change discrètement les habitudes de millions de Français.

La solution surprenante : le parking de l’UBS à Tohannic
La mairie planche désormais sur une solution alternative de stationnement qui pourrait bien désengorger le centre-ville : ouvrir aux supporters le parking de l’Université de Bretagne Sud, à Tohannic. Une convention est actuellement à l’étude entre la Ville et l’établissement universitaire.
L’argument du maire tient en une phrase limpide : « Il va nous appartenir d’être plus intelligents que maintenant, pour flécher le stationnement de l’UBS, où il n’y aura personne le samedi après-midi ». Un parking vide, un stade bondé à seulement 2 kilomètres de là : le rapprochement paraît presque évident, à condition d’accepter de marcher un peu.
Car c’est bien le pari du maire : miser sur la bonne volonté des supporters. « Pour ceux qui peuvent marcher, on n’est pas très loin du stade de La Rabine. Je pense qu’il y a beaucoup de gens pour le rugby qui seront prêts à marcher », estime-t-il.
Un raisonnement qui tient d’autant plus la route que la majorité des matchs se joueront désormais l’après-midi, un créneau plus propice à une marche tranquille qu’une soirée pluvieuse d’hiver.
David Robo s’est aussi appuyé sur un autre succès pour rassurer : celui des navettes reliant les parkings relais au stade. Selon lui, près de 2 000 personnes sur 12 000 spectateurs utilisent désormais les transports en commun pour venir assister aux matchs, un chiffre en nette progression qui prouve que les habitudes peuvent bouger, à condition de proposer une alternative crédible et bien organisée.
Entre les 200 PV distribués et le parking désert de l’UBS, la solution semblait finalement sous les yeux de tout le monde depuis le début. Reste à voir si les supporters du RCV joueront le jeu de la marche à pied, ou si les rues du centre-ville continueront de payer le prix fort de chaque victoire à domicile.