Saint-Denis : le personnel du lycée Paul-Éluard dénonce une intervention « violente » de la police dans l’établissement (vidéo)
Des membres du personnel dénoncent des violences lors de l’interpellation d’un élève jeudi, dans l’enceinte de cet établissement devenu l’un des épicentres de la mobilisation lycéenne. La préfecture de police évoque de son côté deux agents blessés.
Un élève arrêté dans le bureau du proviseur
Jeudi 15 octobre, des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) en civil sont entrés dans le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis pour y arrêter un élève. D’après un communiqué du personnel, le proviseur avait convoqué l’adolescent dans son bureau avant de laisser entrer les forces de l’ordre. Venus nombreux s’interposer, des enseignants et surveillants affirment avoir été frappés. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des agents, dont l’un porte un brassard « police », maîtriser un jeune tandis que des adultes scandent « Libérez notre élève ».
Selon des membres du personnel interrogés par l’AFP, la police avait déjà chargé et utilisé du gaz contre les élèves réunis pour un blocus devant le lycée, ainsi que contre les adultes qui tentaient de les protéger.

Deux versions qui s’opposent
La préfecture de police assure que l’élève visé est « auteur d’un outrage » et que l’intervention a eu lieu avec l’accord du proviseur, condition indispensable pour pénétrer dans un établissement scolaire. Elle fait état de quatre interpellations aux abords du lycée, où près de 300 élèves étaient rassemblés, et de deux policiers blessés, l’un d’un coup de poing au visage, l’autre d’un coup de pied à la tête. Tous deux ont déposé plainte.
Le député LFI Éric Coquerel a dénoncé sur X des arrestations brutales et réclamé le retrait des forces de l’ordre. Dans l’après-midi, élèves et professeurs ont organisé un sit-in dans l’établissement pour exiger la démission du proviseur, avant qu’un rassemblement de plusieurs centaines de personnes ne se forme devant le commissariat de Saint-Denis.
Depuis trois semaines, Paul-Éluard concentre l’attention : visites du maire Bally Bagayoko, action d’avocats contre les conditions de garde à vue, présence de Greta Thunberg mardi.
Selon la Chancellerie, 7 950 personnes, dont 6 773 mineurs, ont été placées en garde à vue en France depuis le début du mouvement, et 26 en détention provisoire.