Lycéens mobilisés : Greta Thunberg parmi les manifestants devant le lycée Paul-Eluard, à Saint-Denis
Mardi matin, devant un lycée de Saint-Denis, le décor n’avait rien d’ordinaire. Des lycéens mobilisés, des robes d’avocats et une silhouette connue dans le monde entier. Greta Thunberg est venue, et ce qu’elle a trouvé sur place en dit long sur l’état du mouvement lycéen.

Saint-Denis, l’épicentre d’un mouvement qui ne retombe pas
Le lycée Paul-Eluard, à Saint-Denis, n’est pas un établissement comme les autres ces derniers jours. L’AFP le présente comme l’un des épicentres du mouvement lycéen. Quand quelque chose s’y passe, tout le pays regarde.
Le mouvement, lui, s’étire dans le temps. Selon Le Figaro, le gouvernement observerait un reflux des actions, décrites comme moins violentes et plus territorialisées. La vigilance, elle, resterait forte avant une nouvelle journée de manifestation.
La tension politique se lit aussi dans la commune. Le maire de Saint-Denis, visé par un signalement, a appelé à une mobilisation pacifique. Un appel au calme, dans une ville dont tous les regards sont braqués sur les grilles d’un lycée.
Les lycéens, eux, ne se contentent pas de bloquer. Parmi leurs nombreuses revendications, l’allègement des emplois du temps se situerait en bonne place, d’après des infographies du Figaro. Une demande très concrète, loin des grands slogans.
Certains y voient même un nouveau mai-68, formule que les jeunes manifestants s’appliqueraient eux-mêmes, selon un récit du Figaro. Leurs aînés, qui ont vécu l’original, ont des avis très partagés. Mais mardi matin, ce n’est pas un ancien de 68 qui a fait lever les têtes.
Une militante suédoise, une vingtaine de robes d’avocats et un journaliste de l’AFP
Reprenons les faits tels que les rapporte l’AFP. Mardi matin, un journaliste de l’agence a constaté la présence de Greta Thunberg devant le lycée Paul-Eluard. Elle était venue manifester.
La militante écologiste suédoise a 23 ans. Elle est arrivée devant l’établissement au milieu des manifestants, dans un rassemblement déjà bien installé. Sa venue ajoute une dimension internationale à un mouvement jusque-là très français.
Elle n’était pourtant pas la seule présence remarquée. Aux abords du lycée, une vingtaine d’avocats s’étaient aussi rassemblés. Leur projet pourrait surprendre ceux qui imaginent la robe réservée aux prétoires.
Le mouvement attire, c’est le moins que l’on puisse dire. Ces derniers jours, Elwan, le lycéen devenu viral, a rencontré Jean-Luc Mélenchon lors de la manifestation parisienne. Les figures publiques se pressent autour des lycéens.
Voici donc la scène complète. Greta Thunberg est présente en personne, et les avocats sont venus organiser, selon l’AFP, une « chaîne en robe pour protéger les lycéens ». Reste à comprendre ce que cette image raconte du moment.

Des robes d’avocats face à la peur des débordements
Pour mesurer le contraste, il faut se souvenir de l’ambiance qui précédait. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, s’alarmait d’une possible présence de centaines de casseurs lors d’une manifestation. La question de la sécurité plane donc sur toute la mobilisation.
C’est là que l’image de la chaîne prend son sens. Selon l’AFP, les avocats viennent protéger les lycéens. Le choix de la robe n’a rien d’anodin : c’est le vêtement de ceux qui plaident le droit.
Dans cette scène, deux mondes se croisent. D’un côté, une militante du climat devenue symbole d’une génération. De l’autre, des professionnels de la justice qui font de leur costume un rempart.
Le mouvement a aussi ses visages plus inattendus. Le Figaro a consacré un portrait à une étudiante de 22 ans, en master de philosophie, remarquée sur les plateaux télé pour son sens de la répartie. Preuve que la mobilisation ne se joue pas qu’à la porte des lycées.
Au fond, la scène de Saint-Denis résume la double lecture du moment. Pour les uns, c’est une génération qui se lève, comme le dit la gauche en écho à Jean-Luc Mélenchon. Pour d’autres, c’est le tableau d’un pays qui s’effondre, selon une tribune relayée par Le Figaro.
Mardi, la réponse du gouvernement était déjà en marche. Et elle ne plaît pas à tout le monde.
Ce que le gouvernement prépare pour la fin de semaine
Selon Le Figaro, le premier ministre a décrété mardi une suspension des cours en cette fin de semaine. L’idée serait de faire vivre la « démocratie interne » à travers des temps de dialogue. Les lycées seraient appelés à organiser des assemblées générales.
Enseignants et chefs d’établissement seraient, toujours selon le quotidien, vent debout. Le ministre de l’Éducation, en poste depuis 2017, est décrit comme un technocrate peu habitué aux situations de crise politique. Un profil que cette crise met à rude épreuve.
Le climat est déjà tendu sur le terrain. Jusqu’à 500 lycées ont été fermés lundi, dont 160 en Île-de-France, et 78 personnels blessés, d’après notre décompte. Des chiffres qui expliquent la prudence des autorités.
Face au risque d’une coalition des colères, Emmanuel Faber et Martin Hirsch lancent un collectif baptisé La Fabrique de nos réconciliations, selon Le Figaro. Une tentative de désamorcer avant que les mécontentements ne s’additionnent.
Le mouvement a aussi sa part de scènes plus étonnantes. Souvenez-vous de cette pancarte restée 4 minutes derrière Julian Bugier au 13h de France 2. Elle montre à quel point la mobilisation s’invite partout.
Ce qui reste à surveiller est clair : la nouvelle journée de manifestation, le déroulé des assemblées générales et le degré de mobilisation autour de lycées comme Paul-Eluard. La présence de Greta Thunberg à Saint-Denis ne règle rien, mais elle place l’établissement sous des projecteurs encore plus larges.
Une militante venue de Suède, une vingtaine d’avocats en robe et des lycéens au milieu : mardi matin, Saint-Denis a offert l’image la plus inattendue du mouvement.
Et si vous pensiez que le blocus n’avait produit que des tensions, ce sosie de Kylian Mbappé apparu sur des images de blocus risque de vous faire sourire.
Quant à ceux qui cherchent le côté festif de la contestation, ce lycéen de Bussy-Saint-Georges qui transforme la tension en dance-floor a une façon bien à lui de s’y prendre.