Retraités de l’Hérault, ils passent chaque hiver en Espagne en camping-car pour réduire leurs dépenses

Chaque année, des milliers de retraités français plient bagage à l’automne pour fuir le froid et les fins de mois serrées. Chantal et Didier Gautherey font partie de ceux qui ont trouvé la formule : quatre hivers déjà passés sur les routes espagnoles, camping-car et vue sur mer au réveil. Leur secret ? Une organisation millimétrée qui leur permet de vivre mieux… en dépensant moins.
Une routine hivernale qui change tout
Retraités dans l’Hérault, Chantal et Didier ont pris l’habitude, depuis quatre ans, de quitter leur maison chaque hiver pour prendre la direction de l’Espagne. Pas de grand projet d’expatriation définitive : juste une pause au chaud, pendant que la France grelotte. Cette année, Malaga, en Andalousie, marque une des dernières étapes de leur périple.
Ce mode de vie séduit de plus en plus de retraités français, un peu à l’image de ceux qui choisissent de doubler leur pouvoir d’achat au bord de l’Atlantique plutôt que de rester en France. Sauf que Chantal et Didier n’abandonnent rien : ils gardent leur maison, et repartent chaque printemps.
« On vient ici pour la chaleur et pour le prix de la vie », résume Chantal, cité dans un reportage de TF1.
Une phrase simple, mais qui explique tout le raisonnement du couple, un raisonnement partagé par bien d’autres retraités tentés par une vie plus légère à l’étranger, à condition d’anticiper certains pièges, comme le rappelle ce retour d’expérience sur la retraite au soleil.
Ce que le couple économise vraiment chaque mois
Le vrai déclic, c’est le portefeuille. Didier insiste : « Pour les courses, pour tout, quoi. Au restaurant, par exemple, on se fait des plaisirs qu’on ne pourrait pas se faire en France ». Une phrase qui prend tout son sens quand on sait que le pouvoir d’achat des Français s’érode depuis plus de quinze ans.
Le stationnement gratuit face à la mer, avec parfois un accès à l’eau potable, fait aussi partie de l’équation. Le couple utilise une application recensant les fontaines disponibles pour organiser ses trajets sans multiplier les dépenses fixes. Selon le reportage diffusé par TF1, environ 200 000 camping-caristes français font chaque année le même choix.
Philippe et Michelle Bardoux, anciens agriculteurs normands, roulent en Espagne depuis presque dix ans. Ils ont traversé Valence, Dénia ou Benidorm sans jamais payer de stationnement. Philippe estime économiser environ 30 euros sur un plein par rapport à la France, grâce à des autoroutes souvent gratuites et un carburant moins cher.

Le détail qui change la donne pour les prochains hivers
Ce que Chantal et Didier ont compris, c’est que la notion de pouvoir d’achat ne se résume pas au montant sur le relevé de compte : elle dépend aussi de l’endroit où l’on dépense. Un même euro va deux fois plus loin à Malaga qu’à Montpellier, sur l’alimentation comme sur les loisirs.
Ce succès attire logiquement des professionnels. Installé en Andalousie depuis quinze ans, Olivier Eglinsdoerfer loue dix-huit vans et camping-cars à des Français en quête du même mode de vie. Il constate que l’Espagne continue d’investir dans des infrastructures dédiées à ce tourisme itinérant, à contre-courant d’autres pays européens qui, eux, renforcent leurs restrictions.
Pour préparer ce type de départ sans mauvaise surprise, mieux vaut aussi anticiper certains achats à faire avant l’envolée des prix d’hiver, histoire de partir l’esprit léger. Car pour Chantal et Didier, l’essentiel reste ailleurs : conserver leur maison en France tout en construisant une seconde vie hivernale, plus douce, plus mobile, et surtout beaucoup plus abordable.
« Les courses, le restaurant, tout est moins cher. On se fait des plaisirs qu’on ne pourrait pas se faire en France et on a la vue sur la mer », résument-ils. Une formule qui donnerait presque envie de vendre son canapé pour un lit de camping-car.
Et si la vraie retraite rêvée n’était pas une adresse fixe, mais un moteur qui démarre chaque automne ?