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« Naughty et dirty » : ma famille refusée dans des restaurants au Japon, quasi vides

Publié par Ambre Détoit le 31 Juil 2026 à 13:00
Mère épuisée avec sacs devant supérette japonaise la nuit

Un pays réputé pour son accueil chaleureux, une famille australienne pleine d’attentes, un voyage de deux semaines qui devait ressembler à un rêve. La réalité a été toute autre pour Jonica Bray et ses trois garçons.

Restaurants qui refusent du monde alors que les tables sont vides, taxis qui filent sans s’arrêter, passagers hostiles envers un enfant fatigué assis par terre. Ce qu’elle a découvert sur place remet en question tout ce qu’on raconte sur le Japon comme destination familiale.

Un rêve de voyage en famille qui tourne au parcours du combattant

Jonica Bray, journaliste australienne, avait tout planifié avec son mari Clint pour emmener leurs trois fils, Jonty et Hendry (8 ans) ainsi que Stanley (6 ans), à la découverte d’Osaka et de Tokyo. Elle imaginait des restaurants typiques, de la vapeur qui s’échappe des bols de ramen, des soirées à observer les passants en sirotant un thé.

La réalité fut tout autre. Dès les premiers jours, la famille s’est retrouvée à manger dans des supérettes 7-Eleven faute d’accès aux restaurants. Sandwichs à la crème et aux fraises, thon épicé cru sur riz, fritures sur bâtonnet : un menu de dépannage qui est vite devenu la norme.

Le choc a été immédiat quand des membres du personnel ont croisé les bras en signe de refus, répétant « non » ou « complet », alors que la salle était visiblement vide. Un scénario qui s’est répété tout au long du séjour, aussi bien en ville qu’à la montagne, loin des foules touristiques habituelles qu’on retrouve dans d’autres destinations de vacances très fréquentées.

Des enfants invisibles et un pays qui semble organisé sans eux

Le plus troublant n’était pas seulement le refus des restaurants. C’est l’absence quasi totale d’enfants japonais dans l’espace public qui a marqué Jonica Bray. En deux semaines, pas un seul enfant de moins de 16 ans croisé dans un train, un bus, un magasin, une plage ou un parc.

Le Japon traverse une baisse démographique connue, avec des familles qui comptent en moyenne un seul enfant. Mais cela n’explique pas tout : même à Disneyland Tokyo, les adultes étaient environ 50 fois plus nombreux que les enfants. À Universal Studios Osaka, ce ratio grimpait à 100 pour 1, la majorité des jeunes visiteurs étant des touristes occidentaux.

Un épisode marquant s’est produit dans une gare bondée de Tokyo. Une fillette de 7 ans, épuisée, s’était assise à côté de son sac pendant que les adultes consultaient une carte. Plusieurs passagers se sont approchés pour la traiter de « vilaine » et de « sale », un mot revenu plusieurs fois durant le séjour à l’encontre des enfants du groupe.

Même les hôtels semblaient s’ajuster : dans un établissement près du Mont Fuji, la famille s’est vue attribuer une chambre sans vue, reléguée au fond du couloir dès que la réservation avec enfants a été identifiée. Un traitement à mille lieues de ce qu’on attend d’un séjour type vacances en famille classique.

Sac à dos d'enfant seul sur quai de gare japonais

Une culture de l’indépendance enfantine qui explique (en partie) le choc culturel

En cherchant à comprendre, Jonica Bray a tapé une simple question dans un moteur de recherche : « qu’est-ce qui est considéré comme impoli au Japon ? ». La liste qui en est ressortie était vertigineuse : se moucher en public, manger debout, mal utiliser les baguettes, croiser les jambes dans les transports, parler fort, faire du bruit en mâchant.

Elle a également découvert que les enfants japonais sont censés devenir autonomes dès le primaire. Certaines écoles n’emploient même pas de personnel d’entretien : ce sont les élèves eux-mêmes qui nettoient les locaux. Un fait qui rappelle, sous un autre prisme, à quel point les repères éducatifs varient selon les cultures, un peu comme certaines habitudes familiales radicalement différentes d’un pays à l’autre.

En 2016, un couple japonais avait défrayé la chronique en abandonnant volontairement leur fils de 7 ans, Yamato Tanooka, dans une forêt en guise de punition. L’enfant avait été retrouvé sain et sauf après six jours de recherches, un fait divers qui avait relancé le débat sur la rigueur éducative nippone.

La journaliste ne remet pas en cause des siècles de tradition. Mais elle assure que le Japon reste, à ses yeux, une destination à éviter avec des enfants de moins de 15 ans, entre un réseau de transport jugé peu pratique, des trajets à pied de 10 à 20 kilomètres par jour et des billets de train aussi chers qu’un vol.

Elle garde toutefois un souvenir positif : les 7-Eleven japonais, bien loin de leurs équivalents occidentaux, avec leurs sandwichs aux œufs délicieux et leurs pâtisseries dignes de Paris.

Un séjour qui aura au moins eu le mérite de casser un mythe touristique bien ancré. La prochaine fois qu’on vous vantera le Japon comme paradis familial, gardez cette histoire en tête.

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