Adieu Paris et Venise : la ville aux plus belles rues du monde selon Condé Nast Traveller est française
On pense souvent à Rome, à Lisbonne ou à Kyoto quand on imagine les rues les plus photogéniques de la planète. Pourtant, c’est bien en France que se cache la numéro 1 mondiale. Et non, ce n’est pas Paris. Le prestigieux Condé Nast Traveller a tranché : la ville aux plus belles rues du monde se trouve en Alsace.
Un classement qui a fait parler dans le monde entier

En mai 2024, le magazine de voyage américain a publié son classement des plus belles rues du monde. Des métropoles prestigieuses comme Londres, Tokyo ou Buenos Aires figuraient parmi les candidates. Autant dire que la concurrence était féroce.

Côté français, Montmartre a décroché une belle septième place grâce à la rue de l’Abreuvoir et ses alentours. Ses pavés, ses escaliers et sa vue sur Paris en font un incontournable pour les voyageurs du monde entier. Mais ce n’est pas elle qui a raflé la mise.
La vraie surprise se trouve 500 kilomètres plus à l’est. C’est Colmar, au cœur de l’Alsace, qui s’est hissée à la première place du classement. Devant toutes les capitales européennes, devant les grandes villes d’Asie et d’Amérique latine.
Une consécration pour cette commune de 70 000 habitants qui n’avait rien demandé. Mais quand on y met les pieds, on comprend très vite pourquoi les experts l’ont choisie.
Des ruelles qui semblent sorties d’un film d’animation
Si vous n’avez jamais vu Colmar en photo, imaginez un village de conte de fées à taille réelle. Des maisons à colombages peintes en rose, en jaune, en bleu pastel. Des façades fleuries qui débordent de géraniums à chaque fenêtre. Des ruelles pavées si étroites qu’on a l’impression que le temps s’est arrêté.

Le centre historique mélange architecture médiévale et Renaissance avec une cohérence rare. Chaque coin de rue offre un nouveau tableau, une nouvelle perspective. On passe d’une placette ombragée à un pont de pierre en quelques pas.
D’ailleurs, beaucoup ignorent que Colmar a inspiré les décors du film Le Château ambulant de Miyazaki. Quand on se promène dans la vieille ville, la ressemblance saute aux yeux. C’est le genre d’endroit qui rend les destinations tendance presque banales en comparaison.
La Petite Venise, le quartier qui vaut le détour à lui seul
Le quartier le plus célèbre de Colmar porte un nom qui en dit long : la Petite Venise. Les canaux de la Lauch serpentent entre les maisons colorées, et des barques traditionnelles glissent doucement sur l’eau. L’ambiance est d’un romantisme presque irréel.
Contrairement à la vraie Venise, ici pas de foule oppressante ni de prix exorbitants. On peut s’asseoir au bord du canal, commander un verre de Riesling et profiter du spectacle sans se ruiner. Pour les couples en quête d’un week-end romantique, c’est un coup sûr.
Les photographes, eux, deviennent fous. Chaque angle offre une carte postale. Lumière du matin sur les reflets de l’eau, façades dorées au coucher du soleil… Le quartier est aussi beau en janvier qu’en juillet, mais c’est en décembre qu’il révèle son vrai pouvoir.
Des marchés de Noël qui attirent le monde entier
Chaque hiver, Colmar se transforme. Les rues se couvrent de lumières scintillantes, des chalets en bois s’installent sur les places, et une odeur de vin chaud envahit la ville. Les marchés de Noël de Colmar comptent parmi les plus réputés de France.
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« Il y a quelque chose de magique dans l’air de Colmar pendant la saison des fêtes, une ambiance chaleureuse et féerique qui attire des visiteurs du monde entier », confie Marie, une habitante de longue date. Et elle n’exagère pas : la fréquentation explose entre fin novembre et fin décembre.
Produits artisanaux, bredele (les fameux petits gâteaux alsaciens), décorations faites main… Les chalets proposent bien plus que des souvenirs génériques. C’est l’authenticité du lieu qui fait toute la différence avec les marchés de Noël standardisés qu’on retrouve un peu partout.
Un musée caché dans un couvent du XIIIe siècle
Colmar ne se résume pas à ses façades Instagram. Le Musée Unterlinden, installé dans un ancien couvent dominicain, abrite l’une des œuvres les plus importantes de l’art occidental : le Retable d’Issenheim. Ce polyptyque du XVIe siècle attire à lui seul des visiteurs du monde entier.
Le bâtiment lui-même vaut le détour. Un cloître médiéval paisible, des jardins soignés et une extension contemporaine signée Herzog & de Meuron. Le contraste entre l’ancien et le moderne fonctionne à merveille.
Pour les amateurs de culture et d’histoire, c’est une étape incontournable. Et si vous pensez qu’un musée en Alsace ne peut pas rivaliser avec ceux de Paris, le Retable d’Issenheim vous fera changer d’avis en quelques secondes.
Choucroute, tarte flambée et Riesling : l’autre raison de venir
Impossible de parler de Colmar sans évoquer la gastronomie. La cuisine alsacienne est l’une des plus généreuses de France. Choucroute garnie, tarte flambée croustillante, baeckeoffe mijoté pendant des heures… Les restaurants du centre-ville jouent la carte de l’authenticité.
Le tout arrosé de vins d’Alsace produits à quelques kilomètres. La Route des Vins passe littéralement au pied de la ville. Entre deux visites, on peut facilement s’échapper vers les vignobles de Riquewihr ou Kaysersberg, deux villages classés parmi les plus beaux de France.
Et contrairement à d’autres destinations touristiques, les prix restent raisonnables. Un repas complet dans une winstub traditionnelle coûte rarement plus de 25 euros par personne. De quoi en profiter sans culpabiliser, surtout quand on compare avec les budgets vacances habituels des Français.
Pourquoi Colmar et pas une autre ?
Ce qui distingue Colmar des autres villes pittoresques, c’est la densité. En quelques centaines de mètres, on traverse des siècles d’histoire architecturale sans jamais tomber sur un immeuble moderne qui casse l’harmonie. Le centre historique est préservé avec une rigueur rare.
Ajoutez à cela une taille humaine qui permet de tout faire à pied, une offre culturelle solide et une gastronomie de premier plan. Le cocktail est redoutable. Et surtout, Colmar reste une ville vivante, pas un musée à ciel ouvert vidé de ses habitants.
Alors que beaucoup de Français partent chercher le dépaysement à l’étranger — en Sicile, au Portugal ou en Grèce —, la première place du classement mondial leur rappelle une chose simple. Parfois, la plus belle rue du monde se trouve à trois heures de TGV de Paris. Et elle parle français.