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18 mai : le jour où un volcan a tué 30 000 personnes en 2 minutes… et où le pape Jean-Paul II est né

Publié par Claire le 17 Mai 2026 à 20:02

Éruptions volcaniques cataclysmiques, naissance d’un pape qui a changé l’Église, création d’un État américain en pleine conquête de l’Ouest… Le 18 mai est l’une de ces dates qui concentre des événements aussi violents qu’improbables. Certains ont redessiné la carte du monde, d’autres ont bouleversé la culture populaire. Voici ce qui s’est passé un 18 mai à travers les siècles — et pourquoi tu devrais t’en souvenir.

1902 : la montagne Pelée efface une ville entière de la carte

Le 8 mai 1902, la montagne Pelée en Martinique explose et raye Saint-Pierre de la carte en moins de deux minutes. Mais c’est le 18 mai que les secours internationaux commencent véritablement à mesurer l’ampleur du désastre. Sur les 28 000 à 30 000 habitants de la ville, seuls deux survivent. L’un d’eux, Louis-Auguste Cyparis, ne doit sa vie qu’à un coup du sort cruel : il était enfermé dans un cachot souterrain de la prison pour une rixe d’ivrogne.

Éruption de la montagne Pelée détruisant Saint-Pierre en 1902

La nuée ardente — un mélange de gaz brûlants et de cendres dépassant les 400 °C — a dévalé les pentes à plus de 600 km/h. Saint-Pierre, alors surnommée le « Petit Paris des Antilles », était la capitale économique et culturelle de la Martinique. En quelques instants, ses théâtres, ses rues pavées et ses entrepôts de rhum ne sont plus que cendres. Les autorités locales avaient pourtant reçu des alertes : des fumerolles, des secousses, des rivières de boue. Le gouverneur avait refusé l’évacuation pour ne pas perturber un scrutin électoral prévu le 11 mai.

Cyparis, le rescapé du cachot, deviendra ensuite une attraction du cirque Barnum, exhibé dans le monde entier comme « le prisonnier le plus chanceux de l’histoire ». Un destin qui ressemble à une mauvaise blague, mais qui a réellement existé. Cette catastrophe reste, encore aujourd’hui, l’éruption volcanique la plus meurtrière du XXe siècle — bien avant celle qui allait frapper un autre volcan, exactement 78 ans plus tard.

1980 : le Mont Saint Helens explose et change la vulcanologie pour toujours

Coïncidence troublante : c’est aussi un 18 mai, en 1980, que le Mont Saint Helens dans l’État de Washington entre en éruption. À 8 h 32 du matin, un séisme de magnitude 5,1 déclenche le plus grand glissement de terrain jamais enregistré dans l’histoire humaine. Le flanc nord entier de la montagne s’effondre, libérant une explosion latérale d’une puissance équivalente à 500 bombes d’Hiroshima.

Éruption du Mont Saint Helens le 18 mai 1980

57 personnes perdent la vie, dont le géologue David Johnston, posté à 10 km du sommet pour surveiller l’activité. Son dernier message radio — « Vancouver ! Vancouver ! This is it ! » — est devenu l’un des enregistrements les plus glaçants de l’histoire scientifique. La colonne de cendres s’élève à 24 km d’altitude et retombe sur 11 États américains. Des villes situées à 400 km de là se retrouvent dans l’obscurité en plein jour.

Le volcan perd 400 mètres de hauteur en quelques secondes, passant de 2 950 à 2 549 mètres. 600 km² de forêts sont rasés comme des allumettes. Mais cette catastrophe a aussi un héritage inattendu : elle a révolutionné la vulcanologie moderne. Les scientifiques ont découvert que les éruptions latérales — et pas seulement verticales — pouvaient être dévastatrices. Aujourd’hui, les protocoles de surveillance volcanique du monde entier découlent directement des leçons tirées du 18 mai 1980. Comme quoi, deux volcans séparés par 78 ans et 8 000 km ont marqué la même date d’une empreinte de feu.

1804 : Napoléon devient empereur, la République meurt dans les applaudissements

Le 18 mai 1804, le Sénat français proclame Napoléon Bonaparte « Empereur des Français » sous le titre de Napoléon Ier. Douze ans après la chute de la monarchie et l’exécution de Louis XVI, la France se dote à nouveau d’un souverain héréditaire. La mort de Napoléon, 17 ans plus tard à Sainte-Hélène, semble alors inimaginable pour cet homme de 34 ans au sommet de sa puissance.

Le plus frappant dans cette journée, c’est la méthode. Un plébiscite est organisé : 3,5 millions de « oui » contre 2 579 « non ». Un score soviétique avant l’heure, obtenu par un vote public — pas secret — où chacun signe son bulletin devant les autorités. Le sacre officiel n’aura lieu que le 2 décembre à Notre-Dame, mais c’est bien le 18 mai que la Première République française rend son dernier souffle.

Détail savoureux : le sénatus-consulte de ce jour-là précise que la dignité impériale est héréditaire « dans la descendance directe, naturelle et légitime » de Napoléon. Or, à cette date, il n’a aucun héritier. Joséphine ne lui a donné aucun enfant. C’est cette obsession dynastique qui le poussera à divorcer cinq ans plus tard pour épouser Marie-Louise d’Autriche — une décision qui finira par précipiter sa chute.

1920 : un bébé né à Wadowice va devenir le pape le plus voyageur de l’histoire

Le 18 mai 1920, Karol Józef Wojtyła naît dans une petite ville du sud de la Pologne. Rien ne destine ce fils d’un officier de l’armée à devenir l’un des hommes les plus influents du XXe siècle. À 9 ans, il perd sa mère. À 12 ans, son frère aîné, médecin, meurt de la scarlatine contractée auprès d’un patient. Son père s’éteint quand Karol a 20 ans. À 21 ans, il est seul au monde.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille dans une carrière de pierres puis dans une usine chimique sous l’occupation nazie. Il étudie la théologie clandestinement. Il devient prêtre, puis évêque, puis cardinal — et le 16 octobre 1978, il est élu pape sous le nom de Jean-Paul II. Premier pape non italien depuis 455 ans.

Son pontificat de 26 ans bat des records : 104 voyages internationaux, 129 pays visités, plus d’un milliard de kilomètres parcourus. Il survit à un attentat en 1981 — une balle à bout portant place Saint-Pierre — et rend visite à son agresseur en prison deux ans plus tard pour lui pardonner. Sa contribution à la chute du communisme en Europe de l’Est est aujourd’hui reconnue par les historiens, y compris les plus laïcs. Mikhaïl Gorbatchev lui-même a déclaré que « l’effondrement du rideau de fer aurait été impossible sans Jean-Paul II ».

1796 : le Tennessee devient un État — et change l’équilibre politique américain

Le 18 mai 1796, le Congrès américain vote l’admission du Tennessee comme 16e État de l’Union. Ce n’est pas un simple ajout administratif : c’est le premier État créé à partir d’un territoire fédéral existant, ce qui établit un précédent juridique majeur. Avant le Tennessee, personne ne savait vraiment comment un territoire devenait un État.

Le processus avait été tumultueux. Les colons de la région, furieux d’être ignorés par la Caroline du Nord dont ils dépendaient, avaient même tenté de créer un État indépendant appelé « Franklin » en 1784 — avec son propre gouverneur et sa propre constitution. L’expérience avait échoué au bout de quatre ans, mais l’esprit rebelle était resté.

Le Tennessee produira deux présidents des États-Unis : Andrew Jackson et James K. Polk. C’est aussi l’État qui, 124 ans plus tard, ratifiera le 19e amendement accordant le droit de vote aux femmes — par une seule voix de majorité. Mais cette naissance d’État cache un événement bien plus surprenant survenu exactement un siècle et demi plus tard.

Nés un 18 mai : un pape, un réalisateur culte et une voix légendaire

Outre Jean-Paul II en 1920, le 18 mai a vu naître des personnalités qui ont marqué des générations entières. En 1946, c’est Reggie Jackson qui voit le jour — le joueur de baseball surnommé « Mr. October » pour ses performances légendaires en finales. Son record de trois home runs consécutifs lors du dernier match des World Series 1977 reste l’un des exploits les plus commentés du sport américain.

En 1912, Perry Como naît à Canonsburg en Pennsylvanie. Ce fils de barbier italien deviendra l’un des chanteurs les plus populaires de l’âge d’or de la télévision américaine, vendant plus de 100 millions de disques. Sa voix douce et son émission hebdomadaire ont accompagné les foyers américains pendant près de 25 ans. Avant sa carrière musicale, il était lui-même barbier — et affirmait que couper les cheveux lui manquait plus que tout.

Le 18 mai 1897 naît aussi Frank Capra, le réalisateur italo-américain derrière La vie est belle et Mr. Smith au Sénat. Arrivé aux États-Unis à 6 ans sans parler un mot d’anglais, il remportera trois Oscars du meilleur réalisateur. Son film le plus célèbre, La vie est belle, fut un échec commercial à sa sortie en 1946 — il n’est devenu un classique de Noël que 30 ans plus tard, quand ses droits de diffusion sont tombés dans le domaine public par accident.

L’anecdote oubliée : quand un ballon a failli déclencher un incident diplomatique

Le 18 mai 1958, en pleine Guerre froide, un ballon météorologique américain dérive au-dessus du territoire soviétique. L’incident, mineur en apparence, déclenche une note de protestation officielle de Moscou à Washington. Les Soviétiques sont convaincus qu’il s’agit d’un ballon-espion — et ils n’ont pas entièrement tort.

Le programme américain « Genetrix », officiellement consacré à la météorologie, utilisait en réalité des ballons équipés de caméras pour photographier le territoire soviétique à haute altitude. Sur les 516 ballons lancés entre janvier et février 1956, seuls 44 avaient été récupérés avec des images exploitables. Le reste avait atterri en URSS, en Chine ou au fond de l’océan. L’incident du 18 mai 1958, deux ans après l’arrêt officiel du programme, montre que certains ballons continuaient à errer dans l’atmosphère.

Cette affaire est souvent considérée comme un avant-goût de la crise de l’avion-espion U-2, qui éclatera deux ans plus tard lorsque Gary Powers sera abattu au-dessus de l’URSS le 1er mai 1960. Comme quoi, avant les satellites et les drones, l’espionnage passait parfois par des engins aussi sophistiqués qu’un ballon de baudruche géant.

Le 18 mai en un mot : le jour où la Terre a tremblé — au sens propre

Des volcans qui explosent à 78 ans d’intervalle pile le même jour, un futur pape qui naît dans l’anonymat le plus total, un État américain qui invente la procédure d’admission, un ballon météo qui manque de déclencher une crise diplomatique… Le 18 mai n’est clairement pas une date ordinaire. Si tu cherches d’autres journées tout aussi denses, jette un œil à ce qui s’est passé un 17 mai ou un 14 mai — les surprises ne manquent pas.

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