Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Culture

5 mai : le jour où Napoléon rendit son dernier soupir… et où un Empire s’éteignit à 51 ans

Publié par le 04 Mai 2026 à 20:02

Le 5 mai est une date qui revient hanter les livres d’histoire avec une régularité troublante. Un exilé qui meurt au bout du monde, un philosophe qui naît pour changer la face du capitalisme, une pop star devenue la voix d’une génération entière. Et quelque part entre tout ça, une coïncidence royale qui donne le vertige. Bienvenue dans l’éphéméride du 5 mai.

1821 : Napoléon meurt sur un rocher perdu au milieu de l’Atlantique

Lancement de la capsule Freedom 7 d'Alan Shepard en 1961

Il avait conquis l’Europe entière, dicté des lois à vingt nations, dormi dans les palais de Vienne, Madrid et Berlin. Il finit ses jours dans une maison humide, sur une île volcanique de 120 kilomètres carrés, à plus de 7 000 kilomètres de la France. Sainte-Hélène, territoire britannique, était la prison parfaite pour un homme qui avait failli être maître du monde.

Napoléon Bonaparte mourant à Sainte-Hélène en 1821

Napoléon Bonaparte meurt le 5 mai 1821, à 51 ans. Le diagnostic officiel : un cancer de l’estomac. Mais depuis deux siècles, la controverse ne faiblit pas. Des analyses de ses cheveux réalisées dans les années 1960 ont révélé des taux d’arsenic anormalement élevés. Empoisonnement volontaire ? Intoxication chronique par la peinture verte à base d’arsenic qui tapissait les murs de sa chambre ? Les historiens se disputent encore. Ce qui est certain, c’est que les Britanniques refusèrent de rapatrier son corps en France pendant dix-neuf ans. Ce n’est qu’en 1840 que ses cendres rejoignirent les Invalides à Paris, dans un cercueil en acajou, en plomb, en ébène et en chêne — quatre couches, comme si on craignait encore qu’il s’en échappe.

Ce que peu de gens savent : Napoléon aurait survécu à Waterloo si les Prussiens avaient mis deux heures de plus à arriver. La marge était infime. L’Histoire aurait pu basculer dans l’autre sens, et le 5 mai 1821 aurait été un jour ordinaire.

1818 : le jour où naît l’homme qui allait remettre en cause tout le système

Trois ans avant la mort de Napoléon, un enfant voit le jour à Trèves, en Prusse. Son père est avocat, sa famille est bourgeoise, son avenir semble tracé. Personne ne se doute que ce bébé va rédiger les textes qui alimenteront les révolutions du XXe siècle et que son nom sera encore dans toutes les bouches deux cents ans plus tard.

Karl Marx naît le 5 mai 1818. Il mourra en 1883 sans avoir vu aucune de ses théories se concrétiser en révolution réelle. Ce n’est qu’en 1917, en Russie, que son Manifeste du Parti communiste — rédigé avec Friedrich Engels en 1848 — servira de socle idéologique à la prise du pouvoir bolchevique. Un paradoxe : Marx, journaliste et philosophe exilé à Londres, vivait lui-même dans une pauvreté telle que deux de ses enfants moururent de maladie dans un appartement insalubre. L’homme qui théorisa la lutte des classes ne parvint jamais à sortir sa propre famille de la misère.

Karl Marx écrivant ses manuscrits à Londres au XIXe siècle

Sa barbe et son visage sévère sont parmi les images les plus reproduites de l’histoire humaine. On estime qu’au XXe siècle, plus d’un tiers de la population mondiale vivait sous des régimes se réclamant directement de ses idées. Aucun autre philosophe de l’ère moderne n’a eu un impact géopolitique aussi massif — qu’on approuve ou non ses théories.

1945 : la capitulation qui n’a jamais eu son heure de gloire

Tout le monde connaît le 8 mai 1945 : la capitulation de l’Allemagne nazie, la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, les scènes de liesse dans Paris. Mais trois jours plus tôt, le 5 mai 1945, quelque chose d’aussi décisif se produisait sans que l’Histoire ne lui réserve la même place.

Ce jour-là, les forces allemandes en Hollande, au Danemark et dans le nord-ouest de l’Allemagne capitulent devant le maréchal britannique Bernard Montgomery à Lüneburg, en Allemagne. C’est l’une des premières redditions formelles de grande ampleur sur le front occidental. La Hollande, occupée depuis cinq ans, retrouve sa liberté. Pour des millions de Néerlandais qui mouraient littéralement de faim pendant l’hiver 1944-1945 — la famine néerlandaise tua entre 18 000 et 22 000 personnes — ce 5 mai est le jour de la libération. Les Pays-Bas le célèbrent encore aujourd’hui comme Bevrijdingsdag, la fête de la libération nationale.

Le détail qui saisit : à Amsterdam, ce même jour, des soldats allemands nerveux tirèrent sur la foule qui fêtait la libération place du Dam. Vingt-deux personnes furent tuées et cent vingt blessées. La guerre était officiellement finie — et des soldats continuaient à tuer. C’est l’un des derniers massacres de la Seconde Guerre mondiale en Europe occidentale, et l’un des moins connus. Deux jours plus tard, le 4 mai, les tirs cesseront définitivement sur tous les fronts.

1961 : le premier Américain dans l’espace… mais pas vraiment le premier

Le 5 mai 1961, Alan Shepard devient le premier citoyen américain à quitter l’atmosphère terrestre. Son vol à bord de la capsule Freedom 7 dure 15 minutes et 22 secondes. Il ne fait pas le tour de la Terre — il monte en ligne droite jusqu’à 187 kilomètres d’altitude et redescend dans l’Atlantique. Un bref saut dans le cosmos.

Mais le contexte donne à ce saut une dimension politique immense. Vingt-trois jours plus tôt, le 12 avril 1961, l’URSS avait envoyé Youri Gagarine en orbite autour de la Terre entière — un exploit qui avait humilié Washington. Shepard n’était pas là pour battre un record scientifique : il était là pour rassurer une nation traumatisée, et montrer que l’Amérique n’avait pas abandonné la course. Le vol fut retransmis en direct à la radio, ce que les Soviétiques n’avaient pas fait pour Gagarine. Environ 45 millions d’Américains l’écoutèrent ou le regardèrent à la télévision.

Un détail absurde que l’histoire officielle a longtemps éludé : Shepard avait attendu si longtemps dans sa capsule avant le décollage — plus de quatre heures de retards techniques — qu’il finit par uriner dans sa combinaison spatiale, faute de système prévu pour ça. La NASA confirma l’anecdote des décennies plus tard. Il fut quand même accueilli en héros, médaille au cou, par le président Kennedy.

1988 : une voix naît à Tottenham, et elle va tout déchirer

Le 5 mai 1988, Adele Laurie Blue Adkins voit le jour à Tottenham, dans le nord de Londres. Sa mère, Penny, a 18 ans. Son père est absent. Ils vivent dans des logements sociaux, changent souvent d’adresse, et la petite Adele grandit en regardant sa mère se débrouiller seule. C’est précisément cette enfance instable qui forgera une voix capable de faire pleurer des stades entiers.

À 19 ans, elle sort son premier album 19 — titré d’après son âge. Il se vend à 7 millions d’exemplaires. Son deuxième album, 21, devient l’un des disques les plus vendus de l’histoire avec plus de 31 millions de copies écoulées dans le monde. Hello, extrait de son troisième album, est le premier clip à dépasser le milliard de vues sur YouTube en moins de trois mois. Elle a remporté 15 Grammy Awards, dont 6 en une seule soirée en 2012 — un record féminin à l’époque.

Ce que beaucoup ignorent : Adele a failli ne jamais chanter professionnellement. Elle était terrifiée par la scène, au point de vomir avant chaque concert pendant des années. En 2011, un problème vocal grave — une hémorragie des cordes vocales — faillit mettre fin à sa carrière. Elle fut opérée en urgence, et les médecins lui interdirent de parler pendant plusieurs semaines. Elle raconta plus tard avoir communiqué uniquement par textos et post-it pendant un mois entier. Ses cordes vocales tinrent le coup.

1821 et 1961 : la coïncidence qui ne cesse de surprendre les historiens

Le 5 mai est la date de naissance de Karl Marx en 1818, et la date de mort de Napoléon en 1821. Trois ans séparent ces deux événements. Mais ce n’est pas tout : le philosophe Friedrich Engels, meilleur ami et co-auteur de Marx, a lui aussi un lien particulier avec cette date. Et le fait que Marx soit né trois ans après la mort de Napoléon a alimenté chez certains biographes l’idée d’un « passage de témoin symbolique » entre deux figures qui, chacune à leur manière, ont restructuré le monde — l’un par les armes, l’autre par les idées.

Chapeau napoléonien et manuscrit philosophique en symbolisme historique

Plus troublant encore : le 5 mai est aussi la date à laquelle, en 1260, Kublai Khan fut proclamé Grand Khan de l’Empire mongol, héritant du plus grand empire territorial de l’histoire humaine. Trois dates, trois hommes, trois empires d’une nature radicalement différente — l’un militaire, l’un intellectuel, l’un territorial — tous liés à ce même jour de mai. Le hasard fait parfois des choses qui ressemblent à des scénarios.

Naissances : Karl Marx, Adele… et un troisième nom que tu ne t’attendais pas

Le 5 mai 1989, un enfant naît à Los Angeles. Son père est musicien de jazz, sa mère est une danseuse de ballet. Il grandira entre deux univers artistiques, développera un rapport obsessionnel au basketball, et deviendra l’un des rappeurs les plus influents de sa génération. Son nom : Kendrick Lamar.

Kendrick Lamar Duckworth est né le 5 mai 1987 — pas 1989, la date exacte est 1987 — à Compton, Californie, l’un des quartiers les plus durs de Los Angeles. En 2018, il devient le premier artiste de hip-hop à remporter le prix Pulitzer de musique, généralement réservé aux compositeurs de jazz ou de musique classique. Le jury saluait son album DAMN., décrit comme « une collection virtuose de chansons qui réunissent les traditions du hip-hop avec des nuances narratives et structurelles d’une profondeur poétique ». Une première absolue dans l’histoire du prix Pulitzer, créé en 1917.

Chanteuse sur scène représentant Adele ou Kendrick Lamar

Trois artistes nés un 5 mai — Marx, Adele, Kendrick Lamar — ont en commun d’avoir chacun, à leur époque, dit quelque chose que personne n’avait dit avant eux. Une coïncidence qui n’explique rien, mais qui donne envie de vérifier la date d’anniversaire de quelques autres génies en devenir.

L’anecdote : le jour où un télégramme a failli déclencher une crise diplomatique à cause d’un seul mot

En mai 1862, le 5 mai précisément, Abraham Lincoln signe la proclamation qui crée le United States Department of Agriculture — le ministère américain de l’Agriculture. Ce n’est pas, en soi, une anecdote diplomatique explosive. Mais l’histoire autour de sa création l’est : Lincoln l’avait surnommé « le ministère du peuple », dans un pays où 58 % de la population travaillait dans les champs. Aujourd’hui, moins de 2 % des Américains sont agriculteurs, et ce même ministère gère un budget annuel de 150 milliards de dollars.

Ce qui est réellement insolite, c’est la réaction de l’Europe. Plusieurs journaux britanniques et français raillèrent ouvertement la décision, estimant que créer un ministère entier pour l’agriculture était une marque d’arriération. Quarante ans plus tard, la plupart des nations européennes avaient fait exactement la même chose. Le mépris initial avait simplement pris du retard sur la bonne idée. Lincoln, lui, ne vit pas son ministère à l’œuvre : il fut assassiné trois ans plus tard, le 14 avril 1865, quelques jours après la fin de la guerre de Sécession.

Un 5 mai, donc, où un homme épuisé par une guerre civile trouva quand même le temps de penser à ceux qui nourrissent le pays. Ça vaut la peine d’être retenu.

Retrouve tous nos éphémérides dans notre série histoire : le 4 mai, le 3 mai, le 2 mai ou encore le 1er mai et ce qui s’est passé le 30 avril.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *