371 jours, 62 pays, 220 escales : le tour du monde en croisière qui détrône tous les records

Un paquebot a quitté l’Italie début septembre pour ne pas revenir avant plus d’un an. Le Regatta s’apprête à traverser 62 pays et sept continents, dans ce qui s’annonce comme la croisière la plus longue jamais commercialisée. Derrière ce chiffre vertigineux se cache un itinéraire, un prix, et une poignée de détails qui changent tout pour qui rêve de tenter l’aventure.
Un départ discret pour un record inédit
Le 1er septembre, le Regatta a largué les amarres depuis Civitavecchia, le port qui dessert Rome. Sa mission : boucler un tour du monde en 371 jours, du jamais-vu dans l’industrie de la croisière. Ce marathon maritime dépasse largement l’Ultimate World Tour de Royal Caribbean, qui culminait à 274 nuits.
Le navire va enchaîner 220 escales réparties sur les sept continents. Un rythme qui rappelle les envies de slow travel qui séduisent de plus en plus de voyageurs, loin des circuits classiques et des foules qui saturent certaines destinations, à l’image de ces villes en quête de tourisme plus maîtrisé.
Pour ce format inédit, l’organisation a misé sur un navire à taille humaine. Le Regatta, habituellement exploité par Oceania Cruises, ne compte que 348 cabines pour environ 670 passagers. Un choix assumé qui tranche avec les mastodontes flottants de plusieurs milliers de voyageurs.
De Santorin à l’Amazonie, un itinéraire tentaculaire
L’itinéraire du Regatta lit comme un atlas grandeur nature. Le navire fera escale à Santorin, Naples, Copenhague et Helsinki avant de descendre vers le Cap-Vert, Le Cap ou Zanzibar. Cap ensuite sur l’Asie, avec des arrêts prévus à Hiroshima, l’île de Jeju, Colombo et Malé.
De l’autre côté du globe, le parcours grimpe jusqu’en Alaska avant de plonger vers l’Amazonie. Une amplitude géographique qui n’a rien à envier aux itinéraires les plus ambitieux, loin des alternatives plus classiques aux Bahamas ou aux escapades d’une semaine.
Le projet a été imaginé par My Cruises en collaboration avec Norwegian Cruise Line Holdings, sous la bannière Explorations by Norwegian. À bord, conférences, rencontres culturelles et excursions accompagnent chaque escale, dans un format qui se veut plus confidentiel que les paquebots géants. Un peu comme ces séjours qui privilégient l’expérience à la démesure, à l’image du tour du monde en famille qui divise les dépenses plutôt que de les multiplier.

Le prix qui fait tourner la tête
Reste la question qui fâche : combien coûte un tel voyage. Le tarif annoncé pour l’intégralité des 371 jours atteint 129 990 dollars néo-zélandais, soit environ 65 700 euros par personne. Un montant qui peut grimper jusqu’à près de 250 000 dollars australiens selon la catégorie de cabine choisie, loin des destinations les moins chères de l’été.
Mais l’aventure n’est pas réservée aux seuls voyageurs disposant d’une année entière et d’un budget conséquent. Des formules plus courtes permettent d’embarquer sur une portion du trajet seulement. Une traversée de 19 nuits relie ainsi la Turquie aux îles grecques et à Malte, une option qui rappelle les escapades méditerranéennes plus accessibles évoquées pour d’autres destinations antiques à petit budget.
L’expérience n’est pas non plus un coup unique. Une nouvelle édition de 367 jours doit appareiller de Sydney en février 2027, preuve que le format séduit suffisamment pour être reconduit.
Un tour du monde en 371 jours, 65 700 euros, et une seule certitude : le retour risque de faire tout drôle. Reste à savoir combien de voyageurs auront les moyens, et surtout le temps, de tenter l’expérience jusqu’au bout.