Vacances d’été : les Français boudent la Grèce, la Turquie et les États-Unis, où les réservations chutent de 37%

Cet été, une agence de voyage sur deux observe le même phénomène : des clients qui repoussent leur réservation semaine après semaine. La peur de l’international, la flambée des prix des vols et une actualité mondiale anxiogène ont changé les habitudes des vacanciers français.
Résultat, certaines destinations autrefois incontournables voient leurs ventes s’effondrer brutalement. D’autres, plus proches et plus rassurantes, tirent leur épingle du jeu. On vous détaille ce chamboulement inédit, chiffres à l’appui.
Un attentisme record chez les vacanciers français
Les chiffres communiqués par le Seto, le syndicat français du tour-operating, sont sans appel. À fin mai, les ventes de séjours au forfait, vol et hôtel combinés, accusent un repli de 6,7% sur un an pour l’ensemble de la saison estivale.
Concrètement, cela représente 85.000 clients en moins qu’en 2025, et un manque à gagner estimé à 100 millions d’euros de volume d’affaires pour les professionnels du secteur. Un trou qui s’explique en grande partie par la prudence des ménages face aux tensions géopolitiques.
« Au printemps, les Français ont eu parfois peur de partir et de ne pas revenir », résume Patrice Caradec, président du Seto, cité par l’Écho touristique. Cette inquiétude s’ajoute à une autre réalité bien connue des voyageurs : le prix des billets d’avion qui grimpe depuis plusieurs mois, poussé par la hausse du kérosène. Beaucoup ont ainsi préféré attendre plutôt que de réserver dans l’incertitude, quitte à réduire leurs options de dernière minute.
La Grèce, la Turquie et les États-Unis, grands perdants de l’été
Le classement des destinations préférées des Français prend un sacré coup dans l’aile. La Grèce recule de 12%, la Turquie chute de 14%, et la Tunisie perd 9% de ses réservations sur un an. Même des valeurs sûres comme le Portugal (-9%) et l’Espagne (-3%) ne sont pas épargnées par ce repli généralisé.
Mais le vrai séisme se situe outre-Atlantique. Les séjours vers les États-Unis s’écroulent littéralement, avec une baisse de 37% en un an. En cause : la flambée du coût de la vie dans les grandes villes américaines, qui décourage de nombreux vacanciers français d’y poser leurs valises, même pour un séjour censé être exceptionnel.
À l’inverse, la France tire clairement son épingle du jeu avec une progression de +6%. Un signal fort : face à l’incertitude, les vacanciers privilégient la sécurité du territoire national plutôt que de risquer une mauvaise surprise à l’étranger. Ces données couvrent les séjours du 1er mai au 31 octobre, réservés jusqu’au 31 mai dernier.

Une reprise inattendue se dessine dès juin
Malgré ce tableau morose, les derniers retours du terrain apportent une note d’optimisme. Depuis le 1er juin, le Seto observe une reprise notable pour les départs immédiats, le cœur de l’été et surtout l’arrière-saison de septembre et octobre.
Cette dynamique pourrait compenser une partie du manque de volume accumulé depuis le printemps. Signe que l’attentisme n’était peut-être qu’un report d’achat plutôt qu’un véritable désamour pour le voyage.
La tendance est également très positive pour l’hiver prochain, entre le 1er novembre et le 31 avril 2027. Le volume d’affaires déjà réservé atteint 350 millions d’euros, soit une hausse de 3,6%, représentant déjà 20% du total de la saison hivernale 2025-2026.
Là encore, la France reste la grande favorite avec +19% de réservations sur un an. Mais les envies d’ailleurs ne disparaissent pas totalement : la République Dominicaine progresse de 14% et l’île Maurice de 7,5%, preuve que le soleil lointain garde ses adeptes malgré tout, à condition de choisir une destination jugée fiable.
Entre prudence budgétaire et méfiance géopolitique, l’été 2026 restera celui du grand attentisme français. Reste à savoir si la reprise amorcée en juin suffira à effacer un printemps marqué par le doute. Et vous, avez-vous changé vos habitudes de réservation cette année ?