Ce SUV électrique tchèque à moins de 25 000 € menace directement Renault et Peugeot

Un SUV électrique à moins de 25 000 euros, ça paraît presque trop beau pour être vrai. Pourtant, Skoda vient de dégainer une arme redoutable face à Renault et Peugeot. On a pris le volant de ce petit aventurier urbain baptisé Epiq, et on comprend vite pourquoi il va faire mal à toute une catégorie de véhicules. Reste à savoir comment un constructeur peut tenir un tarif aussi bas sans sacrifier l’essentiel.
Un pari osé sur une plateforme toute neuve
Chez Skoda, l’équation à 25 000 euros peut tout changer. Combiner le gabarit compact d’une citadine, la position surélevée d’un SUV et un tarif abordable : voilà le défi relevé par la marque tchèque. Elle s’appuie sur la toute nouvelle plateforme MEB+ du groupe Volkswagen, partagée avec les modèles électrifiés de la marque allemande et la Cupra Raval.
L’Epiq va donc croiser le fer avec la Renault 4 E-Tech, le Kia EV2, le Peugeot e-2008 ou encore le Leapmotor B03X. La promesse est simple : casser les prix sans sacrifier l’autonomie ni la polyvalence.
Fidèle à son pragmatisme historique, la marque ne cherche pas l’énième véhicule d’apparat. Avec ses 4,17 mètres de long, l’Epiq adopte une silhouette trapue baptisée Modern Solid, sans excès de style ni fioritures aérodynamiques inutiles. Pas de calandre agressive, pas de gadget technologique superflu : juste un véhicule immédiatement reconnaissable dans le trafic.
À bord, un habitacle qui joue dans la cour supérieure
C’est là que l’Epiq surprend vraiment. Malgré son gabarit de citadine surélevée, l’habitabilité reste généreuse, grâce à un empattement de 2,60 mètres et une garde au toit de 97,3 cm. Deux adultes voyagent sans souci à l’arrière, avec un espace aux jambes suffisant.
Les astuces Simply Clever font toujours leur effet : parapluie dans la portière, gratte-givre dans le coffre, recharge par induction. Petit à l’extérieur, grand à l’intérieur. Le coffre, lui, atteint 475 litres en configuration 5 places, avec un frunk avant de 25 litres en option. De quoi surpasser des modèles de catégorie supérieure.
Côté motorisation, la version testée développe 211 chevaux pour un 0 à 100 km/h en 7,1 secondes. Avec sa batterie de 55 kWh, elle promet jusqu’à 441 kilomètres d’autonomie WLTP. Sur route, la tenue reste rassurante, même si l’insonorisation montre ses limites dès 80 km/h sur voie rapide.
On regrette aussi une direction un peu imprécise et un système d’infodivertissement encore trop chargé, malgré des raccourcis bienvenus. Ce compromis rappelle celui déjà observé sur plusieurs modèles électriques récents vendus en France.

Le vrai coup de poignard : le prix
C’est là que Skoda assène le coup décisif à la concurrence. Le ticket d’entrée démarre à 26 470 euros en version City 35, et grimpe à 36 500 euros pour la finition Clever la plus équipée. Mais ce sont les remises de lancement, jusqu’à 4 000 euros, combinées aux bonus écologiques pouvant atteindre 6 145 euros, qui changent tout.
Résultat : un Skoda Epiq peut tomber autour de 22 000 euros si toutes les conditions sont réunies à l’achat. Une facture qui écrase littéralement la concurrence directe.
La Renault 4 E-Tech se positionne à 29 990 euros hors bonus en petite batterie. Le Kia EV2 démarre à 26 670 euros. Quant au Peugeot e-2008, il ne descend jamais sous les 38 500 euros sans remise.
L’écart est brutal, et il pourrait redessiner les rapports de force sur le segment des petits SUV électriques accessibles en France. La marque tchèque a visiblement compris qu’un SUV électrique n’a pas besoin d’être un objet de luxe pour convaincre les foules.
L’Epiq n’a rien d’un SUV d’exception sur le papier. Et c’est exactement pour ça qu’il pourrait tout changer. Renault et Peugeot ont désormais un rival compact, malin et redoutablement bon marché à surveiller de très près.