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Affaire Lyhanna : Emmanuel Macron dénonce des « dysfonctionnements inacceptables »

Publié par Elodie le 05 Juin 2026 à 11:56

Un corps d’enfant retrouvé dans une exploitation agricole du Gers. Un suspect de 41 ans déjà visé par plusieurs plaintes pour viol sur mineur. Et une question qui glace le pays : comment a-t-on pu en arriver là ? Depuis la découverte jeudi, l’appareil d’État se met en ordre de bataille. Mais les réponses qu’il promet pourraient révéler des failles bien plus profondes qu’un simple retard de procédure.

Lyhanna, 11 ans, disparue depuis le 29 mai : retour sur une semaine d’horreur dans le Gers

Lyhanna avait 11 ans. Elle était collégienne. Le 29 mai, elle a disparu. Pendant plusieurs jours, les recherches se sont intensifiées dans le département du Gers, mobilisant gendarmes et moyens aériens.

Jeudi, le dénouement que tout le monde redoutait est tombé. Près du village de Puycasquier, dans un espace dissimulé au sein d’une exploitation agricole, un corps « porteur de vêtements similaires » à ceux de la fillette a été découvert. Le procureur d’Agen, Olivier Naboulet, a confirmé la découverte dans un communiqué, précisant qu’une autopsie devrait confirmer l’identité du corps.

Le suspect principal, Jérôme Barella, avait travaillé sur le site de cette exploitation. C’est précisément cette information qui a orienté les enquêteurs vers la zone. Mis en examen, il a été placé en détention provisoire.

Mais ce qui a transformé le drame en scandale national, c’est un détail accablant. Cet homme faisait l’objet de signalements et de plaintes depuis 2017, notamment pour viol sur mineur. Et la dernière plainte, déposée en août 2025 par la mère d’une autre victime présumée de 12 ans, n’avait toujours pas abouti à son audition par la gendarmerie.

« Dysfonctionnement » : pourquoi Macron, Darmanin et Lecornu sortent l’artillerie lourde

Emmanuel Macron a été le premier à poser les mots. « Il y a un dysfonctionnement », a déclaré le chef de l’État vendredi. « Des failles se sont révélées, il faut les clarifier et clarifier les responsabilités. » Une prise de parole présidentielle rare sur une affaire judiciaire en cours.

Dans la foulée, Sébastien Lecornu a réuni les ministres de l’Intérieur et de la Justice pour un point de situation. Gérald Darmanin, garde des Sceaux, s’est dit « terrifié » par l’ampleur du dysfonctionnement. Il a convoqué tous les procureurs généraux à la Chancellerie lundi matin, une décision qui divise déjà les observateurs.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a de son côté ordonné une enquête administrative, confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale. Objectif affiché : comprendre pourquoi la plainte d’août 2025 n’a donné lieu à aucun acte d’enquête concret contre Barella.

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Le député du Gers David Taupiac a interpellé le gouvernement : « À ce jour, il n’aurait toujours pas été entendu par la gendarmerie dans le cadre de cette plainte. » La mère de la victime présumée de 12 ans a elle-même témoigné de ses difficultés à être entendue, affirmant que la police menaçait de faire une main courante si elle continuait d’appeler.

Sur RTL, le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, a reconnu « un constat d’échec collectif ». Des mots lourds, qui n’ont pas suffi à calmer la colère.

lyhanna

Plaintes ignorées, lenteur des procédures : la faille systémique que cette affaire met à nu

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Jordan Bardella a accusé l’État d’avoir « lourdement failli ». Bruno Retailleau, patron des Républicains, a dénoncé un système judiciaire « en faillite » à réformer en profondeur. « La lenteur des procédures, la lourdeur administrative, la déresponsabilisation partagée. Tout est révoltant », a-t-il écrit sur X.

Un procureur, cité anonymement par Valeurs actuelles, a été encore plus direct : « Le parquet de Toulouse a merdé. C’est un dysfonctionnement évident. » Selon lui, lorsqu’une plainte pour viols sur mineur est déposée, le magistrat de permanence doit immédiatement déclencher des actes d’enquête. Ce qui, visiblement, n’a pas été fait.

La direction de la gendarmerie a réagi en exigeant un état des lieux complet de toutes les procédures en cours pour viol et agression sexuelle sur mineurs. Un document interne, révélé par Le Parisien, demande à chaque unité de vérifier que « le niveau de prise en compte est conforme » et que « les actes d’enquête sont diligentés dans les délais les plus brefs ».

Derrière les mots, une réalité glaçante. Jérôme Barella était signalé depuis 2017. Huit ans de signaux. Huit ans pendant lesquels le filet judiciaire n’a pas retenu un profil de prédateur présumé. La question n’est plus seulement de savoir qui a failli dans ce dossier précis. Elle est de savoir combien d’autres plaintes dorment dans des tiroirs.

L’affaire Lyhanna ne sera pas refermée par une réunion ministérielle ni par une enquête administrative. Ce que la France attend désormais, ce sont des sanctions et des réformes. Pas des « constats ». Est-ce que cette fois, la colère collective sera suffisante pour que le système change vraiment ?

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