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Dans les comptes de Maxime, tapissier d’ameublement à Valence à 1 960 € nets par mois

Publié par Mathieu le 14 Oct 2026 à 19:01

Maxime a 34 ans, il vit à Valence et passe ses journées les mains dans la mousse, le crin et le tissu. Tapissier d’ameublement dans un atelier artisanal, il gagne 1 960 € nets par mois. Un métier de passion, rarement bien payé. Voici comment il répartit chaque euro, jusqu’au dernier centime.

Spoiler : il y a un poste de dépense qui l’étonne lui-même, et un autre dont il ne se prive jamais. On les retrouve plus bas.

1 960 € nets : d’où vient vraiment l’argent ?

Maxime est salarié depuis huit ans dans un atelier de quatre personnes. Son salaire net s’élève à 1 840 € par mois, auquel s’ajoute une petite prime d’ancienneté de 60 €. Un métier d’art, certes, mais payé dans les clous de la convention de l’artisanat.

Maxime, tapissier d'ameublement, dans son atelier à Valence

Reste un complément : environ 60 € par mois, en moyenne, grâce à des restaurations de fauteuils que des voisins lui confient le week-end. Il les facture au prix du tissu, plus un peu de main-d’œuvre. « Je ne roule pas sur l’or, mais je fais un métier que j’aime », confie-t-il.

Maxime vit en couple avec Clara, infirmière, qui gagne de son côté 2 050 € nets. Ils n’ont pas d’enfant pour l’instant. Pour cet article, on s’en tient à la part de Maxime, car le couple partage les dépenses communes au prorata de leurs revenus. Ce qui nous amène à un détail qui change tout dans son budget.

Les dépenses fixes : le poste qui avale presque la moitié du salaire

Le loyer d’abord. Le couple loue un T3 de 68 m² dans le centre de Valence, pour 780 € par mois charges comprises. Maxime en règle 360 €, soit un peu moins de la moitié, Clara prenant le reste. Les charges d’électricité et de chauffage au gaz ajoutent 75 € pour sa part.

Ensuite viennent les assurances : 38 € pour l’auto, 14 € pour l’habitation, et 32 € de mutuelle, un contrat familial négocié via l’employeur de Clara. L’abonnement téléphone et internet pèse 25 €, auxquels il faut ajouter 18 € de streaming et de musique.

Un couple examine son budget mensuel à la table de la cuisine

Le poste transport est modeste : sa vieille Clio de 2011 est depuis longtemps payée, mais l’essence lui coûte 95 € par mois pour rejoindre l’atelier, situé à 18 km. L’entretien du véhicule, lissé sur l’année, représente 30 €. Le total de ces dépenses fixes atteint 687 € pour Maxime. Et pourtant, ce n’est pas là que ça se joue.

Il reste à compter l’impôt : Maxime paie 58 € de prélèvement à la source par mois. Rien de spectaculaire, mais ça compte. « Au début, je croyais que mon salaire net était mon vrai revenu. Je me suis fait avoir : l’impôt, on l’oublie toujours », sourit-il.

Courses, sorties, outils : ce que Maxime ne lâche jamais

C’est ici que le budget devient personnel. Les courses alimentaires du couple s’élèvent à 420 € par mois, dont 200 € pour la part de Maxime. Il achète du pain chez l’artisan du coin, de la viande au marché le samedi, et le reste en supermarché.

Les sorties, elles, restent mesurées : deux restaurants par mois pour 70 € au total, un cinéma ou un concert pour 25 €. Il ne fait presque pas de shopping, hormis quelques vêtements de travail renouvelés une fois par an, soit 20 € lissés sur le mois.

Voici le poste qu’il ne sacrifie jamais : les outils. Cisailles, agrafeuses pneumatiques, pieds de biche, aiguilles courbes : Maxime dépense environ 45 € par mois pour entretenir ou compléter sa panoplie personnelle. « Un bon outil, ça change tout. Mon patron ne me les paye pas tous, alors je préfère investir », explique-t-il.

Les vacances sont lissées à 90 € par mois, de quoi s’offrir dix jours en Ardèche l’été et un week-end à Lyon à l’automne. Le couple fait du camping, pas de grand voyage. Au total, les dépenses variables de Maxime grimpent à 450 € environ. Reste à savoir ce qui reste dans son porte-monnaie.

Combien reste-t-il en fin de mois ?

Faisons le calcul. Sur 1 960 € de revenus, Maxime dépense 687 € de fixes et 58 € d’impôt, soit 745 €. À cela s’ajoutent 450 € de variables et 360 € de loyer déjà intégrés. Au total, il lui reste environ 405 € à la fin du mois, en comptant les imprévus.

Ce reliquat se répartit ainsi : 200 € vont sur un livret A, 100 € sur un plan d’épargne pour un futur apport, et 105 € dorment sur son compte courant pour les coups durs. Le couple vise un achat immobilier d’ici cinq ans, dans l’ancien, avec un petit projet de rénovation. Maxime sait déjà qui fera les fauteuils.

Sa vraie crainte : une panne de voiture ou un souci de santé qui viendrait siphonner tout le matelas. « Je sais que je devrais épargner plus, mais avec la vie qui coûte plus cher chaque année, c’est déjà bien de tenir », reconnaît-il.

Et par rapport aux Français, il se situe où ?

Avec 1 960 € nets, Maxime se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, estimé autour de 2 100 € nets pour un temps plein, et un peu en dessous si l’on regarde les 30 % les mieux payés. Un salaire correct mais sans marge de manœuvre confortable, surtout sur un métier qui demande dix ans pour se perfectionner.

Maxime, lui, ne se plaint pas : « Quand je vois un fauteuil de 1960 retrouver sa jeunesse sous mes mains, je ne regrette rien. » Un rapport à l’argent mesuré, fait de choix assumés plutôt que de renoncements.

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