« Ça m’intéresse pas » : LCI met à pied Isabelle Saporta après son clash avec Prisca Thevenot

Sur le plateau de « Brunet sans filtre », l’échange entre une chroniqueuse et une députée a dérapé en quelques minutes. Les images tournent depuis sur les réseaux sociaux, avec leur lot de phrases assassines. Au lendemain de la séquence, Isabelle Saporta aurait été écartée de l’antenne, et tout se serait joué sur une demande précise de sa direction : celle que la journaliste a refusée.
Un débat sur les pillages qui bascule en duel sur le plateau de LCI
Le sujet du jour était lourd : les violences et les pillages survenus le week-end précédent. Sur le plateau de « Brunet sans filtre », sur LCI, la discussion réunit la chroniqueuse et la députée des Hauts-de-Seine Prisca Thevenot. Très vite, le débat sur les événements glisse vers un procès de la majorité.
Isabelle Saporta attaque frontalement : « Le problème de la macronie, c’est qu’ils n’écoutent pas, ils font la leçon. Ça fait dix ans que vous êtes au pouvoir. » Elle poursuit en visant une « même vague saumâtre » qui aurait mis le pays « à genoux » depuis dix ans.
Le ton monte encore. « Vous êtes là, sur ce plateau, en train de nous faire une leçon de vertu. Je ne comprends rien ! », s’emporte la chroniqueuse, qui ajoute ne même pas comprendre « qu’on continue à donner la parole à la macronie ».
Ce type de séquence est devenu familier des plateaux d’info en continu, où les clashs en direct entre éditorialistes et invités font régulièrement le tour des réseaux. Mais ici, la suite ne s’est pas jouée à l’antenne.
Car la réponse de la députée, elle, a été d’une tout autre nature.
La réplique de Prisca Thevenot, puis les phrases qui font polémique
Face aux attaques, Prisca Thevenot choisit de mettre en avant sa position d’invitée. « Moi, je suis une politique, on m’invite, je viens. Je suis polie. J’aurais pu être ailleurs aussi », lance-t-elle, avant de conclure : « C’est trop facile, madame Saporta, de faire ce que vous faites. »
Sur les réseaux, un internaute résume la scène en parlant d’une séquence qui « vire franchement à l’hystérie ». Il cite des interruptions, un « Comment vous osez encore ouvrir la bouche ? » et un « Je me couvrirais de cendres tellement j’aurais honte à la place de la Macronie ».
Le même commentaire décrit un échange plus tardif. Prisca Thevenot reproche alors à la chroniqueuse de ne plus l’écouter, et celle-ci, téléphone en main, répond : « En fait, ça m’intéresse pas. » Pour l’auteur du message, difficile de faire « plus méprisant sur un plateau télé ».
Ce genre de face-à-face rappelle d’autres moments où un débatteur quitte le plateau en plein direct après une joute devenue intenable. Ici, personne n’a quitté le plateau, mais la séquence a eu des suites en coulisses.
Selon le site spécialisé CGTV, la direction de l’information de TF1 s’est manifestée dès le lendemain. Et sa demande ne portait pas sur le fond du débat.

Des excuses exigées, un refus, et une suspension jusqu’à la fin de la semaine
Voici donc le cœur de l’affaire. D’après CGTV, la direction de l’information de TF1 aurait demandé à Isabelle Saporta de présenter ses excuses à la députée. L’éditorialiste politique de TF1-LCI aurait refusé.
Ce refus aurait entraîné sa suspension de l’antenne jusqu’à la fin de la semaine. Ce sont les termes rapportés par nos confrères, et ces informations ne sont à ce stade relayées que par ce média.
CGTV précise toutefois que la journaliste devrait conserver sa présence dans « Bonjour ». La mise à pied ne concernerait donc que certains rendez-vous de l’antenne, pas l’ensemble de sa collaboration avec la chaîne.
On est loin, dans cette affaire, de la logique de ces plateaux où une phrase choc devient le seul sujet sans conséquence pour son auteur. Ici, c’est le refus de s’excuser, plus que les mots eux-mêmes, qui serait à l’origine de la sanction.
Reste une question que la source ne tranche pas : cette mise à pied sera-t-elle perçue comme une simple règle de conduite ou comme une affaire de liberté de ton ? Les réactions, elles, ne se sont pas fait attendre.
Entre soutien et reproches, un public profondément divisé
Sous la vidéo, les commentaires illustrent la fracture. Un internaute écrit que « le consentement docile ne fonctionne plus » et que « la dystopie commence à prendre l’eau ». Pour lui, la chroniqueuse aurait mis des mots sur un malaise réel.
Un autre abonde : elle aurait « dit tout haut ce qu’une partie des gens pensent des résultats de la Macronie ». À l’inverse, certains estiment qu’elle est « allée trop loin par rapport à sa fonction et à la correction qu’on doit à un invité ».
Un dernier commentaire, plus acide, imagine déjà son retour vers le football sur une autre chaîne. Ces messages ne valent évidemment pas information, mais ils montrent que la séquence a dépassé le cadre du plateau.
Ce débat sur la place de l’opinion rappelle d’autres épisodes où un chroniqueur menace de quitter le plateau face à un contradicteur. À chaque fois, la même question revient : jusqu’où un éditorialiste peut-il aller face à un invité ?
Ce qu’il faut surveiller maintenant est limpide : le retour d’Isabelle Saporta à l’antenne à la fin de la semaine, et une éventuelle prise de parole de la chaîne ou de la principale intéressée. À ce stade, la version de la direction de LCI n’est pas connue. Autre point à suivre, la place qu’elle conservera dans « Bonjour », où elle devrait rester présente.
Le dossier montre aussi à quel point les plateaux d’information en continu surveillent désormais leurs dérapages en direct. Un échange de quelques minutes, repris en boucle sur les réseaux, peut suffire à déclencher une sanction. Les joutes politiques les plus tendues en sont la preuve régulière.
Une chose est sûre : la séquence n’a pas fini de faire parler.
Une phrase de trop, un refus d’excuses, et une semaine d’antenne qui s’envole : voilà ce que coûterait un plateau qui s’enflamme. Et si vous croyez qu’il n’y a que sur LCI que ça tourne mal, cette journaliste qui a préféré quitter le plateau en plein direct a fait un choix bien plus radical. Quant à ceux qui pensent que les coulisses sont plus calmes, la bagarre qui a envoyé un chroniqueur à l’hôpital les fera changer d’avis.