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Mort d’un ex-cofondateur d’ASOS en Thaïlande : 4 millions de dollars en Bitcoin volatilisés en 3 transactions

Publié par Elodie le 01 Juil 2026 à 17:03
Portefeuille crypto affiché sur un ordinateur portable dans la pénombre

Un entrepreneur britannique retrouvé mort au pied d’un immeuble à Pattaya. Un portefeuille crypto vidé en quelques jours. Et un fils qui découvre que 4 millions de dollars en Bitcoin se sont évaporés dans la nature. L’affaire Quentin Griffiths, cofondateur d’ASOS, ressemble à un thriller — sauf que tout est bien réel.

Quentin Griffiths, du succès d’ASOS à une chute fatale en Thaïlande

Le nom ne vous dit peut-être rien, mais vous connaissez forcément la marque. Quentin Griffiths, entrepreneur britannique de 58 ans, a cofondé ASOS, le géant de la mode en ligne devenu incontournable dans les armoires de millions de consommateurs. Il avait quitté l’entreprise dès 2005 pour s’installer en Thaïlande.

En février 2026, sa vie a pris fin de la manière la plus brutale qui soit. Il est décédé après une chute du 17e étage de sa résidence à Pattaya. Les autorités thaïlandaises ont rapidement privilégié la thèse du suicide, un dénouement tragique au terme d’une période marquée par de multiples difficultés dans le secteur du prêt-à-porter et par des litiges personnels et judiciaires.

Car derrière la façade d’un investisseur à la retraite dorée, Griffiths faisait face à plusieurs procédures simultanées. Des conflits familiaux, une bataille de garde pour ses enfants, des tensions accumulées. Le portrait d’un homme dont la réussite professionnelle n’avait pas suffi à lui épargner un chaos privé. Mais c’est après sa mort que l’histoire a pris un tournant encore plus sombre, quand la question de son patrimoine s’est posée.

Six semaines après le décès, son fils aîné a fait une découverte qui a tout changé.

120 millions de bahts en Bitcoin volatilisés en 3 virements

Joel Griffiths, 29 ans, fils aîné du défunt, a donné l’alerte. En consultant les traces laissées sur la blockchain, il a constaté qu’environ 120 millions de bahts — soit près de 4 millions de dollars au cours du BTC — avaient été transférés depuis le portefeuille crypto de son père. Pas en une seule fois. En trois transactions distinctes, exécutées dans les jours qui ont immédiatement suivi le décès.

Quentin Griffiths était connu pour être un investisseur crypto aguerri. Il accordait une attention particulière à la sécurisation de ses actifs numériques — clés privées, phrases de récupération, tout l’arsenal du « self-custody ». Autrement dit, il ne laissait pas traîner ses codes. Ce qui rend ces transferts d’autant plus troublants : seule une personne disposant des accès pouvait déplacer ces fonds.

La police thaïlandaise a ouvert une enquête pour vol. Selon les informations rapportées par The Sun, l’affaire a resurgi de manière spectaculaire lors d’une audience récente liée à la garde des enfants de l’entrepreneur. L’avocate de Ploy, l’ex-femme de Griffiths, a publiquement interpellé Joel sur sa connaissance précise du montant disparu.

Elle a posé la question qui brûlait toutes les lèvres : qui avait accès aux clés ? Qui détenait les phrases de récupération du portefeuille ? Joel Griffiths n’a pas souhaité commenter ces allégations. À ce jour, aucune accusation formelle n’a été prononcée contre lui. L’origine et la destination des fonds restent inconnues.

Mains tenant un papier avec une phrase de récupération crypto

Le vrai problème que cette affaire révèle sur les cryptos et la succession

Au-delà du drame familial, cette affaire expose une faille béante dans le monde des cryptomonnaies. Sur le réseau Bitcoin, les transactions sont irréversibles. Il n’existe aucun service client, aucune banque, aucun recours central pour annuler un transfert. Une fois les fonds déplacés et validés sur la blockchain, c’est terminé.

Contrairement à un compte bancaire classique, un portefeuille crypto ne dépend d’aucune institution. C’est sa force — et sa faiblesse. Si une clé privée est compromise, les actifs peuvent être déplacés en quelques minutes, de manière pseudonyme, sans laisser de trace exploitable par la justice traditionnelle. Pour des montants de plusieurs millions, le risque est vertigineux.

L’affaire Griffiths pose aussi la question cruciale de la planification successorale des actifs numériques. Combien d’investisseurs détiennent des Bitcoin, Ethereum ou autres cryptos sans avoir prévu leur transmission ? Sans testament numérique, sans protocole de récupération partagé avec un notaire ou un tiers de confiance, un décès peut signifier la perte définitive de fortunes entières.

Pour tout détenteur de crypto, la leçon est limpide. Sécuriser ses actifs ne suffit pas si personne de confiance ne peut y accéder légalement en cas de disparition. La technologie avance vite, le droit beaucoup moins.

4 millions de dollars, trois clics sur une blockchain, et un mystère que ni la police thaïlandaise ni la famille n’ont encore percé. L’affaire Quentin Griffiths rappelle une vérité dérangeante : dans l’univers crypto, la mort ne gèle pas les comptes — elle les ouvre parfois aux mauvaises personnes. Si vous détenez des actifs numériques, une question mérite d’être posée dès maintenant : qui sait où sont vos clés ?

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