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Non, Coca-Cola n’a pas inventé le Père Noël : son modèle était un voisin vendeur à la retraite

Publié par Hannah Maline le 22 Oct 2026 à 10:02

Tu l’as sûrement entendu cent fois : le Père Noël serait rouge parce que Coca-Cola l’a décidé. C’est faux, et la marque elle-même le dit. Mais la vraie histoire du bonhomme à barbe blanche des pubs est bien plus bizarre que le mythe.

Son visage vient d’un vrai monsieur, un voisin. Et quand il est mort, le peintre a fait quelque chose d’assez inattendu.

Le mythe que tout le monde répète à Noël

Premier point à régler : Coca-Cola n’a pas inventé le personnage. La marque l’affirme : elle n’a pas créé le Père Noël, mais elle lui est associée depuis longtemps. Des traditions et légendes existent depuis des siècles en Europe, dont celle de Saint-Nicolas.

Deuxième point, celui qui fait mal : la couleur rouge. Le Père Noël portait déjà un manteau rouge bien avant que le dessinateur de la marque ne s’en empare. Donc non, ce n’est pas le rouge de la célèbre boisson.

Alors qu’est-ce que Coca-Cola a vraiment fait ? La réponse tient en un nom d’illustrateur, et en une année.

1931 : une commande, un peintre, un poème

Nous sommes en 1931. Archie Lee, de l’agence de pub D’Arcy, voulait un Père Noël à la fois réaliste et symbolique, pas un simple homme déguisé. Pour le dessiner, la marque appelle Haddon Sundblom, illustrateur né dans le Michigan.

Il s’inspire d’un poème de 1822, « A Visit from St. Nicholas », plus connu sous le nom de « The Night Before Christmas ». Ce texte décrit un saint sympathique, rondouillard et bien humain. Sundblom n’a plus qu’à lui donner un visage.

Ce visage, il ne l’a pas imaginé dans sa tête. Il a frappé à la porte d’à côté.

Peintre dessinant un voisin retraité en Père Noël

Le voisin qui a prêté sa tête au Père Noël

Le modèle s’appelait Lou Prentiss. C’était un ami et voisin de Sundblom, vendeur à la retraite. Le peintre l’a installé devant lui pour croquer ses traits.

Sundblom était bluffé par son visage. Il parlait de « rides heureuses » et disait que son modèle incarnait l’esprit du Père Noël. Un vendeur à la retraite devenu icône mondiale, sans jamais le savoir.

Mais Lou Prentiss est mort. Et là, Sundblom a dû improviser.

Quand le peintre s’est pris pour modèle

Plus de Lou, donc. Sundblom a alors posé lui-même, en se peignant face à un miroir. Plus tard, il a fini par s’appuyer sur des photographies.

Et ce fameux miroir a laissé des traces. Pour un mélange de raisons, l’image s’est parfois retrouvée à l’envers. Une année, la ceinture du Père Noël était à l’envers, sans doute à cause du miroir.

Ce n’était pas la seule erreur qui a fait réagir le public. Les lecteurs, eux, ne laissaient rien passer.

Peintre posant en Père Noël devant un miroir

Les lettres de réclamation après chaque détail raté

Les Américains étaient devenus très attachés à ce Père Noël. Au moindre changement, ils écrivaient à Coca-Cola pour se plaindre. Le courrier arrivait vite.

Exemple le plus drôle : une année, le Père Noël est apparu sans alliance, et des fans ont écrit pour demander ce qui était arrivé à Mme Noël. Un détail minuscule, un vrai scandale conjugal.

Et ce n’est pas tout : les enfants des affiches cachent eux aussi une petite histoire.

Les enfants, le caniche et d’autres détails que personne ne remarque

Les enfants qui entourent le Père Noël sur certaines pubs ont aussi des modèles réels. Ce sont deux petites voisines de Sundblom, dont l’une a été transformée en garçon. Le peintre bricolait avec ce qu’il avait sous la main.

Même les animaux viennent du quartier. Le chien du tableau de 1964 était un caniche gris appartenant au fleuriste du voisinage. Voilà qui change de la cour des reines.

La carrière du peintre sur ce personnage a duré des décennies, et le rythme était soutenu.

Trente ans à peindre le même vieux monsieur

Les œuvres sortaient d’un studio bien précis. Elles étaient réalisées au huitième étage du Wrigley Building, à Chicago. De là, elles ont conquis le monde.

Le premier Père Noël de Sundblom est apparu dans des annonces du Saturday Evening Post en 1931, puis dans d’autres grands magazines. Sa dernière version date de 1964, mais pendant des décennies, les pubs ont repris ses images.

Voilà ce que tu peux raconter à ton prochain repas de Noël : Coca-Cola n’a pas inventé le Père Noël, mais elle a bel et bien fixé son visage, celui d’un voisin retraité, puis du peintre lui-même. Le rouge, lui, existait déjà.

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