465 mètres au-dessus de la vallée de l’Eure : ce viaduc à 20,5 millions d’euros sera livré fin 2026

Depuis novembre 2024, un chantier hors norme transforme le paysage de l’Eure-et-Loir. À Nogent-le-Roi, un viaduc de 465 mètres enjambe désormais la vallée, poutre après poutre. Ce n’est pas un simple pont : c’est la pièce maîtresse d’une déviation attendue depuis des années par trois communes. Et le compte à rebours vient officiellement de commencer avant l’ouverture, prévue fin 2026.
Un ouvrage pensé pour désengorger Nogent-le-Roi
Tout part d’un constat simple : la circulation étouffe le centre de Nogent-le-Roi depuis trop longtemps. Le Conseil départemental d’Eure-et-Loir a donc lancé un projet de déviation soutenu par trois communes, Nogent-le-Roi, Coulombs et Lormaye. Objectif affiché : sortir le trafic de transit du cœur de bourg et fluidifier les déplacements du quotidien.
Le viaduc constitue l’élément central de cette opération, car il permet de relier des tronçons déjà réalisés grâce à une section de 1,2 kilomètre. Sans cet ouvrage d’art, toute la déviation resterait incomplète. C’est un peu le même enjeu que pour certains équipements publics vieillissants qu’il faut moderniser pour répondre aux besoins actuels des habitants.
Le montant total du projet donne le vertige : 42 millions d’euros, dont plus de la moitié rien que pour le viaduc. Un investissement lourd, mais jugé indispensable par les élus locaux, qui espèrent aussi soulager les riverains excédés par les nuisances du trafic de transit, un peu comme d’autres habitants confrontés à des travaux imposés ailleurs en France.
De la première pierre à la clé de voûte : deux ans de travaux spectaculaires
Retour en arrière. Le chantier a officiellement démarré le 21 novembre 2024 avec la pose de la première pierre. Rien de très visible à l’époque, mais les fondations d’un ouvrage exceptionnel se dessinaient déjà sous terre.
À partir de septembre 2025, l’ambiance change radicalement. Des convois exceptionnels acheminent les pièces de la structure métallique jusqu’au site. Poutre après poutre, la silhouette du futur viaduc commence littéralement à flotter au-dessus de la vallée de l’Eure, sous les yeux des riverains médusés.
Le point d’orgue survient le 7 janvier 2026 avec la pose de la clé de voûte, qui marque l’achèvement complet de l’assemblage métallique. Un moment symbolique fort pour les équipes du chantier, comparable à ces prouesses techniques qu’affectionnent aussi les pompiers de l’extrême en Eure-et-Loir, qui aiment justement se frotter à des terrains d’entraînement spectaculaires. Depuis, place au bétonnage du tablier, la partie qui accueillera directement la circulation des véhicules.

Ce qu’il reste à faire avant la mise en service fin 2026
Le détail qui change tout : sous ce viaduc flambant neuf reposent des vestiges bien plus anciens que le chantier lui-même. Un diagnostic archéologique mené en 2014 avait révélé du mobilier datant de la Préhistoire au pied de l’ouvrage. Pour préserver ces traces sans ralentir le projet, le Département a opté pour un remblai allégé au-dessus de la zone concernée. Ces travaux se sont achevés début juin 2026.
Sur le terrain, les équipes enchaînent désormais les étapes cruciales. Onze poutres préfabriquées en béton ont déjà été posées pour l’ouvrage hydraulique qui permettra de franchir le ruisseau du Coulis. Les derniers plots en béton du tablier, eux, devraient être achevés d’ici mi-août.
Septembre sera consacré aux équipements : corniches, caniveaux, dispositifs de retenue. Les enrobés arriveront ensuite à partir d’octobre, période où débuteront aussi les contrôles techniques et la mise en place de la signalisation définitive. Certaines pistes provisoires de chantier seront démontées, leurs matériaux recyclés pour finaliser les remblais de raccordement. De quoi transformer durablement le quotidien des habitants, un peu comme certains territoires voient leurs habitudes bouleversées par de grands travaux d’infrastructure.
Un viaduc de 465 mètres qui aura mis deux ans à naître, pour changer durablement le visage de Nogent-le-Roi. Reste une question qui trotte forcément dans la tête des habitants : le trafic quittera-t-il vraiment le centre-bourg dès la mise en service, ou faudra-t-il encore patienter pour sentir la différence au quotidien ?