Disparu depuis février, ce cerf sauvé en Aveyron refait surface en Lozère grâce à un détail sur ses bois

Il avait disparu des écrans radars depuis février, et son silence commençait sérieusement à inquiéter ceux qui suivent son histoire depuis plus d’un an. Pierrounet, le cerf aveyronnais devenu une véritable mascotte régionale, s’était volatilisé sans laisser de trace exploitable. Des clichés viennent pourtant de tomber, capturés à des kilomètres de son point de départ, et ils racontent une toute autre histoire que celle redoutée.
Un cerf devenu mascotte après un sauvetage spectaculaire
Tout commence il y a un peu plus d’un an, à Lassouts, en Aveyron. Les agents de la Fédération des chasseurs du département interviennent en urgence : un cerf s’est retrouvé totalement pris au piège dans une clôture, incapable de se dégager seul. L’intervention est délicate, mais elle réussit, et l’animal retrouve sa liberté.
Les techniciens profitent de l’occasion pour équiper le cervidé d’un collier GPS, un outil qui permettra de suivre ses déplacements sur le long terme. Comme pour ce chien retrouvé après un an d’absence, le suivi technologique devient la clé pour reconstituer le parcours d’un animal disparu des radars humains. L’histoire de Pierrounet démarre alors, et le public s’y attache vite.
Le dispositif ne fonctionne toutefois pas indéfiniment. Vers avril 2025, la batterie du collier arrive en fin de vie et le boîtier se détache automatiquement, comme prévu par sa conception. Un détail permet néanmoins de continuer à identifier l’animal sans GPS : une boucle auriculaire, posée lors du sauvetage initial, capable de confirmer son identité en cas de nouvelle observation, un peu à la manière du suivi discret évoqué pour une ourse observée près de Churchill.
Des pièges photo pour percer le mystère de sa disparition
C’est en Lozère, et non plus en Aveyron, que les nouvelles finissent par arriver. La Fédération des chasseurs de Lozère (FDC 48) a installé des pièges photographiques sur son territoire, ces appareils automatiques qui déclenchent une capture d’image dès qu’un animal passe devant leur capteur.
Sur la commune de Bourg-sur-Colagne, ces dispositifs immortalisent un cerf dont les caractéristiques ne trompent personne : c’est bien Pierrounet. L’animal avait d’ailleurs déjà été aperçu dans ce même secteur en février, ce qui explique pourquoi son signalement s’était brièvement arrêté là avant de reprendre. Ce type de technologie discrète rappelle celle utilisée pour documenter le retour d’une espèce disparue dans les Alpes.
Sans collier GPS actif depuis des mois, ces clichés représentent la seule preuve tangible de sa présence et de son état. Et contrairement aux craintes qui pouvaient légitimement naître d’un silence aussi long, l’animal filmé par les pièges photo semble parfaitement vigoureux, se déplaçant normalement dans son environnement naturel, un peu comme ces animaux qui s’adaptent à des solutions inhabituelles pour continuer à vivre libres.

Le détail sur ses bois qui lève tous les doutes
Pour être absolument certains qu’il s’agissait bien du même individu, les techniciens de la Fédération des chasseurs ont comparé le panache de bois observé cette saison avec celui documenté l’année précédente. Un cerf porte en effet des bois qui repoussent chaque année, avec un nombre de pointes, appelées cors, qui peut légèrement varier.
L’an dernier, Pierrounet arborait treize cors. Cette saison, les clichés en révèlent douze. Cette différence, loin d’être un problème, constitue justement la preuve la plus fiable de son identification : elle correspond au cycle naturel de repousse et de mue des bois chez les cervidés adultes.
Ce détail confirme surtout un point essentiel : Pierrounet poursuit son parcours habituel, un territoire qui s’étend visiblement entre l’Aveyron et la Lozère, deux départements qu’il semble traverser au gré des saisons. Loin d’un animal égaré ou en détresse, c’est celui d’un cervidé qui a repris une vie sauvage tout à fait normale, à l’image d’autres histoires de faune régionale suivies de près par les fédérations, comme celle de Djibo, le lion devenu légende après un parcours tout aussi singulier.
Pierrounet n’aura donc pas eu besoin de son collier GPS pour continuer à faire parler de lui. Un panache de bois et quelques capteurs discrets ont suffi à rassurer tous ceux qui s’étaient attachés à son histoire depuis Lassouts. Reste à savoir dans quel département il refera surface la prochaine fois.