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Chauve-souris dans la chambre : le balai est illégal, et cette méthode en 4 gestes la fait sortir seule

Publié par Elsa Fanjul le 03 Oct 2026 à 18:16
Fenêtre ouverte sur la nuit et chauve-souris en vol

Une chauve-souris dans la chambre, la nuit tombée, et ce réflexe d’aller chercher le balai. Mauvaise idée : la loi l’interdit formellement. Selon TrucMania, un voisin applique une méthode en quatre gestes qui la fait ressortir sans la toucher ni l’affoler. On vous la détaille, mais regardons d’abord pourquoi elle est si bien protégée.

Fin septembre, la chambre devient un piège pour les chauves-souris

Fin septembre, les soirées restent douces et les fenêtres dorment grandes ouvertes. C’est justement à cette période, rapporte TrucMania, que les jeunes chauves-souris de l’année et les individus en transit se trompent le plus souvent de chemin. Résultat : une visiteuse inattendue dans le salon ou la chambre.

Le réflexe est universel : agiter un torchon, courir chercher le balai. Il est aussi illégal. L’arrêté ministériel du 23 avril 2007 place les chauves-souris parmi les mammifères protégés sur l’ensemble du territoire national.

Sont interdits en tout temps la destruction, la mutilation, la capture, l’enlèvement et la perturbation intentionnelle de ces animaux dans le milieu naturel. Le transport, la vente ou l’achat le sont aussi. Le texte protège également les gîtes, ces greniers, granges ou combles où nichent des colonies entières, et aucune dérogation n’est possible sans autorisation administrative spécifique.

La protection ne fait aucune distinction. La France métropolitaine compte 34 espèces de chauves-souris (29 en Auvergne), et toutes sont protégées, de la plus commune à la plus rare. Le coup de balai est donc un mauvais calcul, sur le plan légal comme sur le plan pratique.

Quand un animal sauvage s’invite au cœur de la nuit, tout le monde ne s’en sort pas aussi bien, comme le montre cette ado griffée par un ours entré par sa fenêtre pendant son sommeil. Rassurez-vous, une chauve-souris ne demande qu’à repartir. Reste à savoir comment l’y aider, et la première étape consiste à faire l’inverse de ce qu’on imagine : éteindre.

Dans le noir, elle voit mieux que vous : le sonar qui la guide jusqu’à la fenêtre

Chez ce voisin, la manœuvre est toujours la même, d’après TrucMania : lumière éteinte d’un coup sec, fenêtre grande ouverte sur la nuit, porte de la chambre refermée derrière lui. Ce n’est pas de la délicatesse envers l’animal. C’est, selon le site, la seule méthode qui fonctionne vraiment sans jamais le toucher ni l’affoler davantage.

Tout repose sur l’écholocation, un sonar biologique bien plus précis que la vue humaine dans l’obscurité. Dans une pièce plongée dans le noir, la chauve-souris n’est donc pas handicapée. C’est vous qui l’êtes.

Comme ces animaux cherchent à éviter la lumière du jour, plonger la pièce dans l’obscurité et ne laisser qu’une ouverture éclairée par la nuit extérieure crée un contraste net. L’animal le repère instinctivement. Il s’oriente alors vers cette sortie plutôt que de heurter les murs ou les meubles.

Livrée à elle-même, la chauve-souris cesse de paniquer et se met à explorer les issues. Il faut dire que ces animaux intriguent bien au-delà de nos chambres : un coronavirus inconnu repéré chez une chauve-souris au Kenya et capable d’infecter nos cellules rappelle qu’on ne les manipule pas à la légère.

Reste le rôle de la porte. Fermée, elle évite que l’animal ne file dans le couloir et ne s’engouffre plus profondément dans la maison. Sans elle, la sortie se compliquerait.

Voici donc la méthode complète, telle que la décrit TrucMania. On éteint la lumière de la pièce, on ouvre la fenêtre en grand, on referme la porte intérieure, puis on quitte la pièce sans un bruit. Quelques minutes suffisent en général pour que la chauve-souris retrouve seule le chemin de la nuit.

Petite chauve-souris accrochée à un rideau dans une chambre

La morsure invisible, la bête immobile : ce qui peut faire dérailler la méthode

Le danger ne vient pas de l’animal lui-même mais d’un contact direct avec sa salive, comme le rappelle ce cas d’un enfant mort de la rage après le contact avec une chauve-souris. D’où la règle absolue : ne jamais la saisir à mains nues.

La rage est due à plusieurs virus de la famille des Rhabdoviridae, genre Lyssavirus. Ils provoquent une encéphalite, systématiquement mortelle si le traitement n’est pas instauré avant le début des symptômes. Mieux vaut donc ne pas prendre de risque.

En cas de morsure, la source recommande de nettoyer la plaie au savon, de rincer abondamment, puis de la désinfecter avec un antiseptique. Il faut ensuite contacter le centre antirabique le plus proche. Ce protocole vaut aussi pour une simple griffure ou un contact avec une muqueuse, car une morsure peut ne laisser aucune plaie visible sur la peau.

Et si la chauve-souris reste immobile, agrippée à un rideau ou à un mur, sans le moindre mouvement vers la fenêtre ? Mieux vaut ne pas insister seul. Le réseau SOS Chauves-souris, piloté par la Société française pour l’étude et la protection des mammifères, est fait pour ça.

Mélanie Marteau, chargée de mission chiroptères au groupe mammalogique normand, explique que ce réseau, constitué en grande partie de bénévoles, vise avant tout à vous rassurer. Il conseille aussi sur la conduite à tenir avec un animal blessé et propose des solutions de cohabitation. Un simple appel suffit souvent à désamorcer la panique, et dans l’Ouest, c’est le Groupe Mammalogique Breton qui coordonne les interventions de terrain.

Volets, jardin, haies : ce que ça change pour vos travaux d’automne

Ces visiteuses nocturnes ne sont pas des intruses, plutôt des alliées discrètes. Elles contribuent à maîtriser les populations d’insectes, notamment les ravageurs des cultures et les moustiques. Leur présence près d’un jardin ou d’un verger est souvent le signe d’un environnement resté sain, ce qui n’empêche pas de savoir où l’eau de pluie se transforme en nurserie à moustiques après un orage.

Elles restent pourtant fragilisées. Mélanie Marteau note que la perte d’habitats liée à la restauration du bâti pèse lourd. La prédation par les chats, l’arasement des haies, un mauvais placement des éoliennes et les collisions routières concourent aussi à leur régression.

Côté chats, justement, il existe une règle 3-2-1 pour éviter le carnage sans enfermer personne. Elle vise les oiseaux, mais l’idée de fond est la même : cohabiter avec la faune sauvage sans la sacrifier.

Dernier détail pour les propriétaires de volets ou de vieilles bâtisses : les travaux doivent se faire de la mi-octobre à début mars, quand toutes les chauves-souris sont parties hiberner. En dehors de cette fenêtre, le moindre coup de perceuse près d’un gîte peut constituer une perturbation intentionnelle, strictement encadrée par la loi.

De quoi transformer une contrariété nocturne en bonne raison de laisser, la prochaine fois, une fenêtre entrouverte avant que la bête ne s’invite.

Le noir, l’ouverture et le silence font le travail : la meilleure façon de chasser une chauve-souris, c’est de ne pas la chasser. Et si vous pensiez que les secrets de la nature s’arrêtaient là, cet arbuste planté à l’angle des maisons cache cinq usages que nos grands-parents connaissaient par cœur. Quant à ces lapins couverts de curieuses excroissances, la cause de leurs « tentacules » est bien réelle, et elle inquiète les experts.

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