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« Pas bon pour la chasse » : ce chien d’1 an pendu par ses maîtres ivres, la peine choque 5 ans après

Publié par Elsa Fanjul le 08 Juil 2026 à 10:00
Chien de chasse seul au bord d'une falaise andalouse

Un promeneur tranquille, deux chasseurs qui rient en buvant de la bière, et un chien qui ne reviendra jamais. La scène s’est déroulée en Andalousie et a mis cinq ans à trouver son épilogue judiciaire. Ce que révèle le verdict tombé cette semaine risque de faire grincer des dents bien au-delà de l’Espagne.

Un podenco jugé « pas assez bon » pour la chasse

Façade d'un tribunal espagnol sous ciel gris

Les faits remontent au 6 février 2021, sur la commune d’Almogía, dans la province de Malaga. Un chien de race podenco, âgé d’un an et demi seulement, vit ce jour-là ses derniers instants aux mains de deux hommes censés s’occuper de lui.

Selon le récit rapporté par le média espagnol Cadena Ser, les deux chasseurs estiment, « en riant et en buvant de la bière », que l’animal n’est pas à la hauteur pour la chasse. Direct la sentence : ils le pendent, puis jettent son corps du haut d’une falaise, comme un objet dont on se débarrasse.

Ce genre de scène rappelle d’autres affaires glaçantes de maltraitance animale qui finissent par éclater au grand jour. Un promeneur, témoin malgré lui de la scène, alerte immédiatement la police environnementale espagnole. Les agents dépêchés sur place cherchent l’animal, sans succès dans un premier temps, et une enquête est ouverte pour tenter de le localiser et d’identifier les responsables présents sur les lieux du drame.

L’arrestation des deux chasseurs le jour même

L’enquête avance vite. Trois heures après les faits, un premier suspect est interpellé sur la route par la Guardia Civil. Le conducteur, positif à l’alcoolémie, se montre agressif et menaçant envers les autorités, une attitude qui n’arrangera pas son dossier.

Son comparse est arrêté plus tard dans la journée. Contrairement au premier homme, il reconnaît sans détour avoir tué leur chien. Le corps de l’animal est finalement retrouvé en contrebas, dans un ravin, confirmant le récit du témoin. Cette rapidité dans l’enquête tranche avec des affaires similaires, comme celle de ce berger australien traîné derrière une voiture, où l’identification a pris plus de temps.

Une fois les responsabilités établies, il aura fallu attendre cinq ans avant que la justice espagnole ne se prononce définitivement sur cette affaire qui avait profondément choqué l’opinion publique locale, entre l’ivresse assumée des auteurs et la cruauté gratuite de leur geste envers un animal encore jeune.

Une peine qui échappe à la prison malgré la cruauté

Ce mardi 26 mai, les deux prévenus ont enfin été jugés, comme le précise Cadena Ser dans son compte-rendu de l’audience. Les associations de protection animale réclamaient 18 mois de prison et quatre ans d’interdiction d’exercer une fonction publique. Le parquet, lui, avait requis 11 mois d’emprisonnement.

Finalement, les deux parties se sont accordées sur l’application de la circonstance aggravante de cruauté, prévue par l’ancien article 337 du Code pénal espagnol, précise le parti animaliste Pacma. Faute d’antécédents judiciaires, les chasseurs échappent totalement à la prison ferme.

Leur condamnation prévoit néanmoins une interdiction de chasser pendant quatre ans, l’impossibilité d’obtenir un permis de chasse durant cette période, et l’interdiction de posséder tout animal pendant quatre ans également. Ils devront en plus suivre une formation obligatoire de sensibilisation au bien-être animal, une première qui pourrait faire jurisprudence en Espagne, un pays où les affaires de maltraitance animale dans le milieu rural restent nombreuses.

Carmen Manzano, présidente du refuge pour animaux de Malaga, veut y voir un signal positif malgré l’absence de prison. « Il est regrettable de constater l’insuffisance du Code pénal, hier comme aujourd’hui, mais malgré cela, nous nous réjouissons que les condamnations pour maltraitance animale commencent à se normaliser », a-t-elle déclaré à Cadena Ser.

Un podenco d’un an et demi tué pour n’avoir pas su chasser, et deux hommes qui repartent sans un jour de prison : cette affaire résume à elle seule le fossé qui existe encore entre la gravité des actes de cruauté envers les animaux et la sévérité réelle des sanctions. Reste à savoir si cette formation obligatoire de sensibilisation, une première du genre, changera un jour vraiment quelque chose sur le terrain.

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