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Tombé trois fois à la mer, ce hibou a survécu grâce à des soldats en pleine course autour de la Grande-Bretagne

Publié par Elsa Fanjul le 05 Oct 2026 à 20:50
Chouette effraie mouillée enveloppée dans une serviette

Une petite chouette effraie épuisée, perdue en pleine mer, à des dizaines de kilomètres de la moindre côte. Un équipage de soldats britanniques en pleine course de voile, qui n’avait clairement pas prévu ce passager surprise. Le sauvetage aurait pu tourner court, mais l’animal a refusé d’abandonner, et son histoire va vous surprendre jusqu’au bout.

Un oiseau épuisé au milieu de nulle part

Tout commence en août, au large des côtes britanniques, pendant la Round Britain and Ireland Race, une course de voile organisée par le Royal Ocean Racing Club. À bord d’un des bateaux, un équipage de militaires mené par le sergent Mark Petheridge. Rien ne les préparait à ce qui allait suivre.

À environ 70 miles des côtes, soit plus de 110 kilomètres en pleine mer, une petite forme blanche a surgi près du bateau. Une chouette effraie, visiblement épuisée, tentait désespérément de rester en vol au-dessus des vagues.

Ce genre de rencontre est rarissime en haute mer. Ces oiseaux nocturnes ne s’aventurent normalement jamais aussi loin des terres, et voir une chouette effraie livrée à elle-même à cette distance a immédiatement alerté l’équipage. Mais l’animal, épuisé, allait rendre le sauvetage bien plus compliqué que prévu.

Car avant même que les soldats puissent intervenir, l’oiseau est tombé à l’eau. Une première fois. Puis une deuxième. Une histoire qui, ailleurs que sur ce voilier, n’aurait probablement pas connu de fin heureuse.

Trois chutes dans l’eau, et un équipage qui refuse de la laisser couler

La chouette a replongé une troisième fois avant que l’équipage ne parvienne enfin à la récupérer. Trempée, glacée, à bout de forces, elle a été enveloppée dans une serviette dès qu’elle est montée à bord.

Le sergent Mark Petheridge a confié au Telegraph : « On pensait l’avoir perdue, mais elle continuait à se battre pour remonter vers le bateau. » Une phrase qui résume à elle seule l’incroyable ténacité de l’animal.

Face à cette obstination, les soldats lui ont donné un nom : Little Reg, en hommage à un membre de leur régiment réputé pour ne jamais abandonner, selon le Royal Ocean Racing Club. Un clin d’œil affectueux, mais aussi une manière de sceller le lien qui venait de se créer entre l’équipage et son passager clandestin.

Pendant les heures qui ont suivi, l’équipage a improvisé un véritable petit lit de fortune pour permettre à l’oiseau de récupérer, tout en continuant à faire avancer le bateau dans la course. Un équilibre délicat : impossible de ralentir la compétition, mais impossible aussi d’abandonner l’animal à son sort.

Reg a ainsi passé 24 heures à bord, sous la surveillance attentive des militaires, avant qu’un événement décisif ne vienne changer la donne au large du Norfolk. Comme pour la plongeur mordu au large de Bourail, ce genre de sauvetage tient souvent à quelques minutes.

Chouette effraie installée dans une boîte avec couvertures

Le relais qui a tout changé

C’est au large du Norfolk que l’équipage a finalement pu confier Little Reg à un équipage de sauvetage en mer, le fameux lifeboat crew britannique. Une opération de transfert particulièrement délicate : il fallait coordonner le passage de l’oiseau sans ralentir le bateau des militaires, toujours en pleine course.

Des images diffusées après l’épisode montrent l’équipage plaçant délicatement la chouette dans une boîte garnie de couvertures, prête pour son trajet retour vers la terre ferme. Une scène filmée avec une infinie précaution, loin de l’agitation habituelle d’une course de voile compétitive.

Une fois à terre, Reg a été confiée à des volontaires du Barn Owl Trust, une association spécialisée dans la protection des chouettes effraies au Royaume-Uni. C’est là que réside le véritable payoff de cette histoire : après avoir survécu à trois chutes en pleine mer et à des heures de dérive loin de toute côte, l’oiseau a ensuite été confié aux soins de la RSPCA de Scarborough, où elle a bénéficié d’un suivi vétérinaire complet.

Le verdict tant attendu : après plusieurs semaines de convalescence, Little Reg a été jugée suffisamment rétablie pour retrouver sa liberté. Elle a été relâchée dans la nature, six semaines après son sauvetage rocambolesque en pleine mer.

Ce que cette histoire raconte de plus qu’un simple sauvetage

Ce qui frappe dans cette aventure, ce n’est pas seulement la survie de l’oiseau. C’est la mobilisation improvisée d’un équipage de militaires, en pleine compétition sportive, prêt à sacrifier de la concentration et du temps pour un animal inconnu. Un choix qui n’avait rien d’évident au cœur d’une course chronométrée.

Les chouettes effraies ne s’aventurent presque jamais aussi loin en mer : leur présence à 70 miles des côtes reste un mystère que les experts n’ont pas encore totalement élucidé. Fatigue, désorientation lors d’une migration nocturne, vent contraire : plusieurs hypothèses circulent, sans certitude définitive.

Cette coopération spontanée entre marins, sauveteurs en mer et associations spécialisées illustre aussi à quel point la chaîne de secours animalier britannique peut se mettre en place rapidement, même dans des conditions extrêmes. Un mécanisme qui rappelle d’autres histoires marquantes, comme celle de ce Golden Retriever senior sauvé après des années d’enfermement.

Reste une question qui plane encore : où Little Reg va-t-elle refaire sa vie, désormais loin des vagues qui ont failli lui être fatales ? Les volontaires du Barn Owl Trust assurent en tout cas qu’elle a toutes les capacités pour reprendre une vie sauvage normale.

De trois chutes en pleine mer à une remise en liberté six semaines plus tard, l’histoire de Little Reg tient presque du conte. Et si les animaux capables de bouleverser le quotidien d’inconnus vous intriguent, cette Golden Retriever qui veille sur sa maîtresse la nuit risque de vous toucher tout autant. Quant à ceux qui pensent que la nature ne réserve plus de surprises inquiétantes, ces lapins aux étranges excroissances pourraient bien vous faire changer d’avis.

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