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« Ça a un coût, mais c’est entré dans nos mœurs » : en Suède, laisser son chien seul plus de 6 heures est interdit

Publié par Elsa Fanjul le 06 Nov 2026 à 10:00
Petit chien blanc dans un panier de garderie canine

Six heures. C’est la durée maximale pendant laquelle un chien peut rester seul en Suède, selon une loi en vigueur depuis 2019. Résultat : des crèches pour chiens ont fleuri dans tout le pays, jusqu’au cœur de Stockholm.

Le Parisien Week-End a poussé la porte de l’une d’elles. Ce qui s’y joue dès 7 heures du matin dit beaucoup de la façon dont les Suédois vivent avec leur compagnon.

Six heures maximum : la règle qui a fait naître les crèches pour chiens

Dans le plus grand des pays scandinaves, le chien n’est pas un simple animal de compagnie que l’on laisse à la maison en espérant qu’il patiente. Selon Le Parisien Week-End, une loi interdit depuis 2019 de le laisser seul plus de six heures.

Autrement dit, la journée de travail classique pose un vrai problème logistique. Un maître qui part le matin et rentre le soir dépasse très vite la limite fixée par le texte.

La réponse a été très concrète. Toujours d’après l’hebdomadaire, des crèches spécialisées ont ainsi fleuri sur le territoire, pour accueillir les chiens pendant que leurs propriétaires sont au bureau.

L’idée a de quoi surprendre un lecteur français habitué à laisser Médor devant la télé allumée. Elle intrigue aussi : une règle écrite dans la loi suffit-elle à changer des habitudes aussi ancrées ? Le sujet n’est pas isolé, et la Suède s’intéresse de près à la solitude des animaux domestiques, chats compris.

Reste à savoir à quoi ressemble concrètement une de ces crèches. Le reportage du Parisien Week-End nous emmène à Stockholm, dans un quartier que les Stockholmois connaissent bien.

À Stockholm, une garderie canine ouvre ses portes à 7 heures du matin

Direction Södermalm, en plein cœur de la capitale suédoise. C’est là que se trouve la garderie canine Dogga, l’une des crèches visitées par le journal.

Un jeudi d’octobre, il est 7 heures quand le premier pensionnaire franchit le seuil. Il s’agit de Leia, un bichon havanais aux oreilles tombantes, qui rejoint l’un des paniers de la garderie.

Face à lui, une femme à la chevelure rougeoyante, la quarantaine bien entamée. C’est Malin, la responsable des lieux, qui s’empare d’un feutre noir.

Son rituel est simple, presque scolaire. Sous la photo du chien, aimantée sur un grand tableau blanc, elle trace une croix à chaque arrivée. « Je mets systématiquement une coche lorsque le pensionnaire arrive », explique-t-elle en rangeant son stylo dans un pot métallique.

Le détail a de quoi faire sourire, mais il dit l’essentiel. Ici, chaque chien est attendu, pointé, identifié, exactement comme un enfant dans une crèche classique. Et c’est cette organisation, plus que les paniers, qui rend le modèle crédible.

Pour les propriétaires, la question de fond reste la même partout : que devient un chien qui passe sa journée loin de chez lui ? La question se pose aussi quand un maître travaille de longues heures, comme le montre notre article sur un chien laissé seul huit heures par jour. À Södermalm, la réponse tient dans un tableau blanc.

Un trombinoscope canin, 30 portraits et des notes qui racontent tout

Main traçant une croix sur un tableau de photos de chiens

Ce tableau, justement, mérite qu’on s’y arrête. À côté de la photo de Leia, on compte 30 portraits de chiens, rangés comme un véritable trombinoscope sous le regard de Malin.

Parmi eux, Nola, un fox-terrier, ou encore Elton, un cocker. Chacun a sa place, son visage, son nom.

Certaines photos sont accompagnées de petites annotations, griffonnées au feutre. On y lit « absent ce jour » ou « arrivée tardive », ce qui montre que la crèche suit le rythme de chacun comme un registre de présence.

Une mention intrigue davantage : « passage au kloklipp ». Il s’agit de la coupe des griffes, un soin pratiqué sur place et noté au tableau pour ne pas l’oublier.

Voilà donc la réponse à ce que l’on se demandait : derrière la loi des six heures, il y a surtout un quotidien très organisé. Des chiens pointés dès le matin, suivis un par un, avec leurs petits soins programmés. Un fonctionnement qui doit beaucoup à la vigilance de Malin, et un modèle qui s’apparente à une garderie d’enfants plus qu’à une simple pension.

Reste un détail, et pas le moindre : la phrase qui donne son titre au reportage. Elle résume à elle seule l’état d’esprit suédois.

Avant d’en venir à ce que l’on retient de ce modèle, une précision s’impose. Chez nous, le rapport entre les chiens et l’espace public se règle d’une tout autre manière. Ainsi, la balade sans laisse en forêt va être interdite à partir du 15 avril.

« Ça a un coût, mais c’est entré dans nos mœurs »

La formule donne son titre au reportage : « La crèche canine, ça a un coût, mais c’est entré dans nos mœurs ». Elle contient deux idées qui disent tout.

La première est une évidence que personne n’élude : faire garder son chien, ça se paie. La seconde est plus parlante encore, car elle montre que la pratique a cessé d’être perçue comme un luxe ou une excentricité.

Le chiffre exact n’est pas détaillé dans l’extrait de l’article dont nous disposons. En revanche, le ton est clair : en Suède, on ne se demande plus si on peut confier son chien à une crèche, mais on s’organise pour le faire.

Ce changement de mentalité est sans doute le vrai sujet de fond. Il se rapproche d’une question que se posent les propriétaires français, celle du budget consacré à leur animal, dont on retrouve l’ampleur dans le classement des départements où l’on dépense le plus pour ses animaux.

Que retenir de cette visite ? Qu’une loi, quand elle est claire et mesurable, peut transformer un secteur entier. Six heures, c’est un chiffre simple. Il suffit à créer des métiers, des lieux, et des rituels du matin comme celui de Malin et de son feutre noir.

À surveiller maintenant : la suite de ce modèle et son éventuel écho ailleurs en Europe. Aucune source ne l’indique pour l’instant, mais le débat sur le bien-être animal avance partout, comme le rappelle l’affaire de cet élevage clandestin démantelé dans le Var.

En Suède, la loi a fait d’une croix au feutre noir le premier geste de la journée. Quand on veut savoir comment les chiens vivent leurs journées, mieux vaut commencer par comprendre pourquoi leur queue ne dit pas toujours qu’ils sont contents. Et si les grands animaux vous passionnent, le retour d’un géant disparu depuis 60 ans en mer du Nord vaut aussi le détour.

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