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« Très attachant, mais extrêmement fragile » : abandonné devant un magasin de bricolage, le lapin Merlin n’est pas un cas isolé

Publié par Elsa Fanjul le 31 Oct 2026 à 18:20
Petit lapin seul sur le sol d'une cour

Une boule de poils, des oreilles tombantes, un regard qui donne envie de le serrer dans ses bras. Pourtant, ce lapin a été laissé seul, en plein été, dans la cour d’un magasin de bricolage. Selon Le Parisien, son histoire est loin d’être unique, et elle révèle un phénomène que les bénévoles voient grossir. Reste à comprendre ce que cache vraiment cette fragilité annoncée.

Un lapin déposé dans la cour d’un Leroy Merlin en plein été

Tout commence dans la cour d’un magasin de bricolage Leroy Merlin. Un lapin y est retrouvé, abandonné, en pleine saison estivale. Aucun mot, aucune explication.

Le hasard a bien fait les choses pour son surnom. Il a hérité du prénom Merlin, qui rappelle le célèbre enchanteur. Un clin d’œil involontaire au lieu où on l’a laissé.

Mais l’anecdote s’arrête là. Selon Le Parisien, l’animal aurait été abandonné sans nourriture adaptée et sans protection. Autrement dit, sans rien de ce qu’il faut à un lapin pour tenir quelques heures, encore moins en été.

Ce genre de scène n’a rien d’une exception. Le sort des animaux déposés au hasard fait régulièrement la une, comme dans cette histoire de ce chiot de 2 kg abandonné dans les toilettes d’un KFC. Les lieux changent, le geste reste le même.

Alors qui a recueilli Merlin, et dans quel état était-il vraiment ?

La Petite tribu, ces bénévoles qui ont pris le relais

Merlin n’est pas resté longtemps seul. Il a été pris en charge par La Petite tribu, une association basée à Montlignon, dans le Val-d’Oise.

Là, une famille d’accueil attachante, bénévole au sein de la structure, s’est occupée de lui. Selon le quotidien, elle lui portera toute l’attention dont il a besoin. Et il en a besoin, beaucoup.

Car l’association ne s’occupe pas que de chiens et de chats. Elle accueille aussi des NAC, ces nouveaux animaux de compagnie : lapins, rongeurs et autres petites bêtes qu’on croit parfois faciles à gérer.

Le piège est là. Un animal discret, qui tient dans les bras, donne l’illusion d’un engagement léger. Les bénévoles, eux, voient la réalité des cages vides de moyens et des familles débordées. Ce décalage nourrit les abandons, un sujet que le site a déjà exploré avec un animal abandonné toutes les deux minutes en France.

Reste la question qui fâche : que s’est-il passé dans la bouche de Merlin ?

Deux opérations dentaires : le vrai visage de la fragilité

Voilà le détail qui change la lecture de l’histoire. Selon Le Parisien, Merlin a eu besoin de soins importants, notamment de deux opérations pour des problèmes dentaires.

Deux interventions, pour un animal de petite taille. Cela donne la mesure de ce qu’il a traversé, et de ce qu’un abandon sans nourriture adaptée peut provoquer.

C’est là que la formule choisie par l’association prend tout son sens. Le lapin est décrit comme très attachant, mais extrêmement fragile. Il aurait pu mourir, rappelle le quotidien.

Autrement dit, l’abandon n’est pas qu’un geste cruel. C’est un risque vital pour un animal qui dépend entièrement de son alimentation, de sa protection et de soins attentifs. Un lapin ne se débrouille pas seul dans une cour de magasin.

Et ce n’est pas le plus inquiétant : selon l’association, Merlin n’est pas seul dans ce cas.

Mains de bénévole tenant un lapin dans une serviette

Une hausse des abandons de NAC que l’association constate

Le record glaçant d’abandons enregistré cet été par la SPA n’est pas un cas à part. À son échelle, La Petite tribu fait le même constat.

Selon Le Parisien, l’association observe une augmentation des abandons de nouveaux animaux de compagnie. Les NAC, longtemps perçus comme plus simples à héberger, finissent eux aussi laissés sur le bord du chemin.

Le cas de Merlin illustre ce que ces animaux ont de piégeur. Mignons, calmes, peu encombrants en apparence, ils exigent pourtant une alimentation adaptée et des soins que beaucoup ne mesurent pas avant l’adoption.

Le message de l’association tient en une idée : on ne s’engage pas sur un coup de cœur. Le payoff de cette histoire, c’est donc moins la mésaventure de Merlin que l’alerte qu’elle porte sur tous ceux dont on parle moins.

Ce que cette histoire dit de tous les autres animaux délaissés

Merlin a eu de la chance. Trouvé à temps, soigné, hébergé par des bénévoles, il s’en sort. D’autres n’ont pas cette issue, et la hausse constatée par l’association laisse penser que les prochains cas arriveront vite.

Ces abandons posent aussi une question de moyens. Les structures d’accueil absorbent des animaux qu’on ne sait pas toujours soigner, et les familles d’accueil deviennent le dernier rempart. C’est exactement le rôle qu’a joué la famille bénévole de Merlin.

Un autre refuge, dans les Yvelines, accueille de son côté des ratons laveurs abandonnés. Preuve que la liste des animaux concernés s’allonge, bien au-delà du chien et du chat.

Et quand la justice s’en mêle, les sanctions peuvent tomber, comme avec cet homme condamné à huit mois de prison ferme après avoir abandonné son chien.

Pour Merlin, l’histoire continue chez ses accueillants, sous bonne garde. Pour les autres, elle dépend beaucoup de ceux qui hésitent encore avant d’adopter.

Un lapin n’est jamais un cadeau sans conséquence : mignon à voir, exigeant à vivre. Et si l’on pense que seuls les animaux de refuge ont une histoire bouleversante, la lettre laissée avec une chienne retrouvée dans un jardin prouve le contraire. Quant à savoir ce qu’un animal coûte vraiment chaque année, le classement des départements qui dépensent le plus pour leurs compagnons pourrait vous surprendre.

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