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Il abandonne son chien affamé puis appelle lui-même la police : la sentence du tribunal est tombée

Publié par Elsa Fanjul le 16 Juin 2026 à 10:00
Chien amaigri seul sur un trottoir de ville

En France, des milliers d’animaux sont abandonnés chaque année. Beaucoup finissent squelettiques au bord d’une route, livrés à eux-mêmes. Mais cette fois, la fourrière du Loiret a décidé de ne plus fermer les yeux — et le tribunal a frappé fort.

Dans le Loiret, un chien squelettique retrouvé grâce à… son propre maître

L’histoire commence le 6 août 2025, à Malesherbes. Un homme contacte la police municipale pour signaler un chien errant qu’il dit avoir trouvé sur la voie publique. L’animal est dans un état critique : extrêmement maigre, affaibli, visiblement privé de nourriture depuis longtemps.

La fourrière départementale animale du Loiret prend en charge la boule de poils. Un vétérinaire examine le chien et confirme ce que tout le monde soupçonnait : l’animal souffre de malnutrition sévère. La structure décide alors de lancer un appel sur les réseaux sociaux pour retrouver le propriétaire.

Plusieurs internautes répondent. Ils envoient des captures d’écran d’annonces publiées sur des groupes de dons d’animaux. Les indices convergent tous vers la même personne. Et là, coup de théâtre : le « passant » qui avait alerté les autorités était en réalité le propriétaire du chien. L’homme avait lui-même appelé la police pour se débarrasser de son animal, en se faisant passer pour un simple témoin.

Il avait justifié son geste par des difficultés financières. Le chien a été confié à un refuge des environs. Mais pour la fourrière, cette explication ne suffisait pas. Car derrière ce cas isolé se cache un phénomène bien plus large : une hausse inquiétante des abandons de chiens dans les rues du département, avec des animaux de plus en plus abîmés physiquement.

Le tribunal d’Orléans condamne à 8 mois de prison ferme

Dès 2025, la fourrière du Loiret avait pris une décision radicale. Face à l’explosion des abandons, la structure a commencé à porter plainte systématiquement contre les propriétaires identifiés. Une démarche rare, que la responsable Aurélie Scoth voulait exemplaire, comme le rapporte La République du Centre.

Dans cette affaire, l’homme — déjà connu des services judiciaires — avait d’abord été convoqué à une audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) en avril dernier. Il ne s’est pas présenté. Rebelote cette semaine : nouvelle convocation, nouvelle absence.

Le tribunal judiciaire d’Orléans a donc statué sans lui, ce mercredi 10 juin 2026. Et la sentence est tombée, lourde : huit mois de prison ferme pour abandon d’animal sur la voie publique. Le prévenu s’est également vu interdire de détenir un animal de compagnie, et devra rembourser l’intégralité des frais engagés par la fourrière pour la prise en charge du chien.

En France, abandonner un animal est un délit passible de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende depuis la loi du 30 novembre 2021. Mais dans les faits, les condamnations à de la prison ferme restent exceptionnelles. Ce qui rend cette décision particulièrement marquante.

Entrée d'un tribunal français avec détail de marteau de juge

Une condamnation que la fourrière du Loiret veut « exemplaire »

Ce verdict a été accueilli avec soulagement par la fourrière départementale. « Nous sommes très contentes de la sévérité de la peine », a déclaré Aurélie Scoth. « On avait peur que les peines soient moindres, et que cela ne dissuade pas ceux qui ont l’intention d’abandonner leur animal. »

Pour la responsable, cette première condamnation obtenue grâce à leurs plaintes doit servir de signal. Le message est clair : abandonner son chien dans la rue n’est plus un acte sans conséquences. La fourrière continuera de déposer des plaintes à chaque identification de propriétaire négligent.

Aurélie Scoth rappelle aussi qu’il existe des alternatives. Quand la prise en charge d’un animal devient impossible — pour des raisons financières ou personnelles — des associations et des refuges peuvent intervenir. « Il y a des moyens de le faire, en s’adressant à une association », a-t-elle insisté. Des solutions existent, encore faut-il les chercher avant d’en arriver à l’irréparable.

Huit mois de prison ferme, interdiction de détenir un animal, remboursement des frais : le tribunal d’Orléans a envoyé un message sans ambiguïté. Reste à savoir si d’autres juridictions françaises suivront cet exemple — parce que chaque été, ce sont encore 100 000 animaux qui se retrouvent abandonnés en France. Et eux n’ont pas de casier judiciaire.

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