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600 colliers, 21 crânes, des balles… ce que la police a trouvé dans ce refuge « sans euthanasie »

Publié par Elsa Fanjul le 30 Juin 2026 à 10:00
Tas de colliers pour chiens usés sur un sol poussiéreux

Un refuge animalier californien promettait de ne jamais euthanasier ses pensionnaires. Les donateurs y croyaient. Les familles adoptantes aussi. Mais quand les enquêteurs ont creusé dans les 20 hectares du site, ils ont découvert une réalité que personne n’avait imaginée — et les chiffres donnent la nausée.

Miranda’s Rescue : le refuge modèle qui cachait 117 dépouilles

Tout a basculé en avril. Le bureau du shérif du comté de Humboldt reçoit des signalements qualifiés de « crédibles » concernant des actes de maltraitance animale, de cruauté, de fraude et de complot. Les alertes viennent de deux défenseurs des animaux, dont un voisin direct du site.

Le refuge visé s’appelle Miranda’s Rescue Animal Sanctuary. Il est basé à Fortuna, au nord de la Californie. Sur son site, il se présente comme un sanctuaire « sans euthanasie », financé par des dons et des transferts d’animaux venus d’autres structures.

Des fonds qui, selon l’association, couvraient alimentation, hébergement, soins vétérinaires, médicaments et salaires. Un modèle vertueux, en apparence du moins. Sauf que derrière la vitrine, la réalité était tout autre.

Vendredi 26 juin, le shérif a rendu publics les résultats de la perquisition. Et le bilan est accablant. Les enquêteurs ont mis au jour les restes d’au moins 117 chiens, 21 crânes isolés, des centaines d’ossements éparpillés et près de 600 colliers de chiens entassés sur le terrain.

Des blessures par balle sur la majorité des dépouilles analysées

Ce qui transforme l’affaire en scandale, ce n’est pas seulement le nombre de morts. C’est la manière dont ces animaux semblent avoir péri. Sur les 70 dépouilles passées aux rayons X directement sur place, une majorité présentait des traces de blessures par balle.

Pas une maladie. Pas un accident. Des tirs. Dans un lieu qui promettait de ne tuer aucun animal. Les enquêteurs ont aussi retrouvé d’autres corps à un stade avancé de décomposition, rendant l’identification et l’analyse plus complexes.

Aucune poursuite pénale n’a été engagée à ce stade. Mais un message a été laissé à Shannon Miranda, la fondatrice du refuge. Et sa réponse a fait bondir les défenseurs des animaux.

Dans un communiqué publié sur le site de l’association, elle a affirmé que la couverture médiatique donnait « une image incomplète et, dans certains cas, inexacte » du travail du refuge. Avant d’ajouter que leur mission consiste à « sauver autant d’animaux que possible en toute sécurité, en trouvant toujours le juste équilibre entre compassion pour les animaux et responsabilité de protéger les familles, les enfants et le public ». Un discours difficile à entendre face à l’ampleur des découvertes.

Officier inspectant un vaste terrain rural clôturé

L’euthanasie « rare » selon la fondatrice — mais 600 colliers disent le contraire

Shannon Miranda a toutefois reconnu un point. Selon elle, « il existe de rares circonstances dans lesquelles l’euthanasie peut s’avérer nécessaire » : maladie en phase terminale ou danger grave et persistant pour les personnes ou d’autres animaux.

Le problème, c’est le mot « rare ». Avec 117 dépouilles identifiées, 21 crânes supplémentaires et 600 colliers retrouvés, l’exception semble avoir été la règle. Et l’usage de balles comme méthode soulève des questions béantes sur les conditions dans lesquelles ces animaux ont été tués.

L’enquête, toujours en cours, devra aussi déterminer l’usage réel des fonds récoltés. Le refuge percevait de l’argent à chaque transfert d’animal et collectait régulièrement des dons. Si les chiens n’étaient ni soignés ni hébergés longtemps, où allait cet argent ?

Pour l’instant, l’image du sanctuaire modèle s’est effondrée. Les réseaux sociaux américains relaient massivement l’affaire, et la pression monte sur le bureau du shérif pour que des poursuites soient engagées rapidement.

117 chiens morts, des balles, des crânes, des centaines de colliers empilés : derrière la promesse « sans euthanasie », il y avait un charnier. Et la question que tout le monde se pose maintenant, c’est combien de temps ce refuge a-t-il pu fonctionner ainsi avant que quelqu’un n’ose regarder de l’autre côté de la clôture.

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