Deux morts en une semaine : ce requin que les pêcheurs australiens décrivent comme « imprévisible » frappe encore

L’Australie traverse une séquence noire. En l’espace de sept jours, deux hommes ont perdu la vie après avoir été attaqués par des requins, portant à trois le nombre de victimes depuis le début de l’année 2026. La dernière attaque, survenue dans le Queensland, a choqué jusqu’aux professionnels de la mer qui opèrent dans la zone. Ce que les témoins ont observé ce dimanche-là donne une idée glaçante de la densité de prédateurs présents dans ces eaux.
Un homme de 39 ans tué près de la Grande Barrière de corail
Dimanche 24 mai 2026, peu avant midi heure locale, les services d’urgence ont été alertés à Hull River Heads, dans l’État du Queensland. Un homme de 39 ans venait d’être attaqué par un requin au niveau du banc de sable Kennedy, un site situé à environ 160 kilomètres au sud de Cairns, ville touristique prisée aux portes de la Grande Barrière de corail.
Sorti de l’eau par des témoins, l’homme a été déposé sur une rampe de mise à l’eau. Les secours du Queensland Ambulance n’ont rien pu faire : il est décédé sur place, des suites de ses blessures. La police du Queensland a confirmé la mort dans un communiqué laconique, sans préciser l’espèce du requin impliqué. Mais les professionnels présents dans les environs, eux, avaient leur petite idée — et leurs récits font froid dans le dos.
« Six requins à quatre mètres du bateau » : les témoignages des pêcheurs
Gererd Pike, opérateur de l’entreprise Hooked Up Fishing, se trouvait à une dizaine de kilomètres du site ce dimanche. Son témoignage, recueilli par l’AFP, résume la situation mieux que n’importe quel rapport officiel. « Nous pêchions le maquereau espagnol et l’un d’eux a été dévoré par un groupe de six requins, à quatre mètres du bateau », a-t-il raconté. « Il n’était pas question de tremper un orteil dans l’eau. »
Pike a identifié les prédateurs comme des requins bouledogues, une espèce connue pour son agressivité et son comportement territorial. Rob Parsonage, un autre capitaine de charter habitué de la zone, a pour sa part tempéré : « Ce n’est pas du tout fréquent. C’est un manque de chance. » Il a toutefois confirmé la présence régulière de bouledogues et de requins tigres dans ces eaux, ajoutant que « les requins sont en concurrence avec les pêcheurs ».
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Troisième mort en 2026 : l’Australie face à une série noire
Une semaine plus tôt, un trentenaire avait été tué au large de l’île de Rottnest, près de Perth, en Australie-Occidentale. Ce drame faisait déjà la une des médias australiens. Avec l’attaque du Queensland, le pays enregistre désormais 3 attaques mortelles depuis janvier, un bilan qui interpelle les autorités et relance le débat sur les dispositifs de protection.
Les filets anti-requins, les drones de surveillance, les combinaisons renforcées : l’Australie teste plusieurs innovations pour réduire le risque. Mais face à un prédateur comme le bouledogue — capable d’évoluer en eau trouble, près des côtes et même en eau douce —, aucune solution ne garantit une sécurité totale. Les professionnels de la mer le savent : dans ces zones riches en poissons, la cohabitation reste un pari quotidien.
Trois vies fauchées en cinq mois, deux en sept jours : les eaux australiennes rappellent avec brutalité que le requin reste le maître de son territoire. Quand les pêcheurs chevronnés refusent eux-mêmes de mettre un pied dans l’eau, peut-être est-ce le signe qu’il faut écouter la mer avant de s’y jeter.