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« Mes doigts tremblaient » : un plongeur filme un grand requin blanc en Méditerranée pour la première fois

Publié par Elsa Fanjul le 09 Juin 2026 à 17:01

Le grand requin blanc, c’est l’océan, les côtes australiennes, les documentaires de National Geographic. Pas la Méditerranée. Et pourtant, un plongeur vient de filmer l’un de ces prédateurs sous l’eau, dans le détroit de Sicile.

C’est peut-être la toute première vidéo sous-marine d’un grand requin blanc dans cette mer. Une rencontre que même les spécialistes qualifient de plus improbable qu’un jackpot au loto. Voici ce qui s’est réellement passé.

Un grand requin blanc dans le détroit de Sicile : la rencontre la plus improbable de 2026

Les images ont été capturées la semaine dernière par Derk Remmers, plongeur bénévole engagé auprès de la fondation Healthy Seas. Ce jour-là, il ne cherchait pas un requin. Sa mission consistait à retirer des filets de pêche abandonnés dans une zone riche en biodiversité, au cœur du détroit de Sicile.

C’est en pleine opération de nettoyage que le prédateur est apparu, escorté d’une douzaine de poissons-pilotes rayés. Ces petits poissons suivent souvent les grands requins, se nourrissant de leurs restes. Un cortège qu’on voit habituellement dans les documentaires tournés au large de l’Afrique du Sud, pas entre la Sicile et la Tunisie.

Même si des grands requins blancs ont déjà été observés en Méditerranée, ces apparitions restent extraordinairement rares. Elles se limitent presque toujours à des observations en surface — un aileron fugace, une silhouette floue. Ici, la caméra plonge avec l’animal. La vidéo, diffusée le lundi 8 juin, montre le squale à quelques mètres du plongeur.

« Une rencontre sous-marine avec un requin au large de la Méditerranée, c’est fou », a réagi Derk Remmers dans un communiqué. Statistiquement, il avait plus de chances de tomber sur un billet de loterie gagnant que sur cet animal sous l’eau. Et il le sait.

« Mes doigts tremblaient » : le récit du face-à-face avec le prédateur

Derk Remmers plonge depuis des décennies. Il a exploré des dizaines d’épaves, retiré des centaines de filets fantômes. Mais rien, selon ses propres mots, ne l’avait préparé à cet instant précis.

« Le requin était assez près de nous. Mes doigts tremblaient quand j’essayais de faire fonctionner la caméra », a-t-il confié à la BBC. L’émotion était brute, immédiate. Le genre de moment où le cerveau comprend ce qui se passe avant que le corps ne suive.

Dans un communiqué relayé par l’organisation Ghost Diving, avec laquelle il collabore, le plongeur a ajouté une phrase qui résume tout : « On passe des décennies à plonger sur des épaves et à retirer des filets fantômes, mais rien ne vous prépare à un moment comme celui-ci. » Ce n’est pas de la peur. C’est la sidération de croiser un animal qu’on pensait appartenir à un autre monde.

La vidéo dure quelques secondes à peine, mais elle vaut des années de données scientifiques. Chaque image confirme la présence active du plus célèbre prédateur marin dans des eaux où beaucoup le croyaient définitivement absent. Et c’est justement là que l’histoire bascule : ce requin filmé comme une merveille est aussi un signal d’alerte pour toute la faune méditerranéenne.

En danger critique d’extinction : ce que cette vidéo révèle sur l’état de la Méditerranée

Ce face-à-face exceptionnel rappelle une réalité brutale. Depuis 2016, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe le grand requin blanc « en danger critique d’extinction » en Méditerranée. Le stade juste avant la disparition totale.

La surpêche, la pollution et surtout les filets de pêche abandonnés — ces fameux « filets fantômes » — déciment silencieusement la faune marine. La fondation Healthy Seas, celle-là même qui encadrait la plongée de Remmers, a déjà retrouvé des tortues de mer piégées dans ces filets perdus lors de missions précédentes.

Ce requin nageant paisiblement entre des poissons-pilotes dans le détroit de Sicile, c’est une carte postale magnifique. Mais c’est aussi la photo d’un survivant. Un animal dont chaque apparition devrait être célébrée non comme un exploit de caméra, mais comme la preuve qu’il n’est pas encore trop tard pour protéger ce qui reste.

Derk Remmers l’a compris avant tout le monde ce jour-là. Ce n’est pas un grand requin blanc qu’il a filmé. C’est un fantôme qui refuse encore de disparaître.

Si ces images finissent par être authentifiées comme la première vidéo sous-marine d’un grand requin blanc en Méditerranée, elles entreront dans l’histoire de la biologie marine. D’ici là, une question reste ouverte : combien de ces prédateurs nagent encore dans nos eaux sans que personne ne le sache ?

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