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Impôts 2026 : jusqu’à 150 € d’amende pour ceux qui s’obstinent à déclarer en version papier

Publié par Mathieu le 21 Avr 2026 à 17:21

Depuis 2019, déclarer ses revenus en ligne est obligatoire pour tout contribuable disposant d’un accès à Internet. Pourtant, des centaines de milliers de Français continuent d’envoyer leur formulaire au format papier. Ce que beaucoup ignorent, c’est que le Code général des impôts prévoit une sanction financière pouvant aller jusqu’à 150 euros pour ce simple refus du numérique. Bercy affirme ne l’avoir jamais appliquée… pour l’instant.

La déclaration en ligne, une obligation légale depuis six ans

Quand le prélèvement à la source a été mis en place, beaucoup de Français ont cru qu’ils n’auraient plus jamais à toucher à leur déclaration de revenus. C’était un malentendu. Le prélèvement ajuste vos mensualités en temps réel, mais il ne remplace pas la déclaration annuelle, qui reste le seul moyen de signaler un changement de situation, de réclamer un crédit d’impôt ou de corriger une erreur.

Depuis 2019, la règle est claire : toute personne disposant d’un accès à Internet à son domicile doit remplir sa déclaration en ligne, sur le site impots.gouv.fr. Pas sur un formulaire papier glissé dans une enveloppe. Ce n’est pas une recommandation : c’est une obligation inscrite dans la loi. Et qui dit obligation dit sanction en cas de non-respect.

Reste que certains contribuables passent entre les mailles du filet, soit par habitude, soit par méfiance envers le numérique. Le problème, c’est que l’administration fiscale dispose désormais d’un arsenal juridique pour les rappeler à l’ordre. Un texte en particulier fait froid dans le dos à ceux qui n’ont toujours pas franchi le cap.

Ce que dit précisément l’article 1738 du Code des impôts

Le texte qui encadre cette sanction est l’article 1738 du Code général des impôts. Sa formulation est sans ambiguïté : « Le dépôt d’une déclaration ou de ses annexes selon un autre procédé que celui requis entraîne l’application d’une amende de 15 € par document. »

Contribuable stressé devant sa déclaration d'impôts papier et son ordinateur

Quinze euros, ça semble dérisoire. Sauf que le texte précise aussitôt deux seuils : le total des amendes ne peut être inférieur à 60 euros, ni supérieur à 150 euros. Autrement dit, envoyer votre déclaration papier alors que vous avez Internet chez vous peut vous coûter entre 60 et 150 euros, selon le nombre de documents produits simultanément.

Comme le rapporte Le Figaro, Bercy reconnaît que cette amende « n’a jamais été appliquée » jusqu’ici. L’administration fiscale fait preuve de tolérance, en particulier envers les contribuables âgés ou ceux résidant en zone blanche. Mais « jamais appliquée » ne signifie pas « supprimée ». Le texte est toujours en vigueur, et rien n’empêche le fisc de l’activer un jour — notamment si la proportion de déclarations papier ne baisse pas assez vite.

Cette tolérance a toutefois ses limites, surtout quand d’autres pénalités, bien plus lourdes, guettent les retardataires.

Les majorations pour retard : là où ça pique vraiment

L’amende de 150 euros pour non-respect du format numérique est une chose. Mais ne pas déclarer du tout — ou déclarer en retard — expose à des sanctions autrement plus sévères. Le Service public le rappelle chaque année : un retard dans le dépôt de votre déclaration de revenus entraîne automatiquement une majoration de 10 % de l’impôt dû.

Si, après une mise en demeure de l’administration fiscale, vous ne régularisez pas votre situation dans les 30 jours, cette majoration grimpe à 20 %. Et dans les cas les plus graves — absence totale de déclaration malgré les relances —, elle peut atteindre 40 %. Ces pourcentages s’appliquent au montant total de votre impôt, pas à une somme forfaitaire. Sur une facture fiscale de 3 000 euros, une majoration de 20 % représente 600 euros supplémentaires.

Certains contribuables pensent être à l’abri parce que leur situation n’a pas changé depuis l’an dernier. Mais cette croyance peut être coûteuse, car même un dossier apparemment stable nécessite parfois une validation active.

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Déclaration automatique : êtes-vous vraiment dispensé ?

Il existe bien un cas où vous n’avez strictement rien à faire. C’est ce qu’on appelle la déclaration automatique : l’administration fiscale pré-remplit l’intégralité de votre dossier, et si toutes les informations sont correctes, la déclaration est validée sans intervention de votre part. Plus de 10 millions de foyers français sont concernés.

Pour en bénéficier, il faut remplir plusieurs conditions cumulatives. Aucun changement de situation familiale (mariage, divorce, naissance, décès). Aucun revenu non salarié ou non déclaré automatiquement par un tiers. Aucune case spécifique à cocher pour un crédit d’impôt, une réduction ou un abattement particulier.

Si vous avez le moindre doute, mieux vaut vous connecter et vérifier. Cocher une case oubliée peut parfois vous faire économiser des centaines d’euros. À l’inverse, ne pas signaler un revenu complémentaire — même modeste — peut déclencher un contrôle et des pénalités.

Mais alors, qui a encore le droit de déclarer sur papier sans risquer la moindre amende ?

Les rares Français encore autorisés à déclarer sur papier

Formulaire de déclaration d'impôts papier posé à côté d'un ordinateur portable

La loi prévoit des exceptions, et elles sont plus nombreuses qu’on ne le pense. Sont dispensés de la déclaration en ligne les contribuables dont « la situation, l’âge, le handicap ou l’accès au numérique ne leur permettent pas de déclarer en ligne ». Concrètement, cela concerne les personnes vivant en zone blanche sans connexion Internet fiable, celles en situation de handicap rendant l’usage d’un ordinateur difficile, et les personnes âgées non équipées ou ne maîtrisant pas les outils numériques.

Pour ces contribuables, la déclaration papier reste parfaitement légale. Et la date limite est différente : le formulaire doit être déposé ou posté au plus tard le 19 mai 2026 auprès du service des impôts des particuliers. Pas de décalage par département comme pour la version en ligne.

Pour la déclaration numérique, les dates limites varient selon votre lieu de résidence. Les départements 1 à 19 ont jusqu’au 21 mai. Les départements 20 à 54 disposent d’un délai jusqu’au 28 mai. Enfin, les départements 55 à 976 ont jusqu’au 4 juin pour valider leur déclaration.

Pourquoi Bercy pourrait durcir le ton dans les années à venir

L’administration fiscale joue la carte de la patience depuis six ans. Mais plusieurs signaux laissent penser que la tolérance a ses limites. Le passage au tout-numérique est un objectif budgétaire assumé : chaque déclaration papier coûte plus cher à traiter, mobilise des agents et ralentit le processus. Dans un contexte où l’État cherche à réduire ses dépenses, la tentation de faire appliquer l’amende existante grandit d’année en année.

D’autant que d’autres obligations numériques se multiplient. Les propriétaires doivent désormais effectuer une déclaration immobilière en ligne sous peine d’une amende de 150 euros par logement. Les dons manuels doivent faire l’objet d’une télédéclaration spécifique. Une nouvelle étape obligatoire a même été ajoutée cette année au parcours de déclaration en ligne.

Le message est limpide : le fisc veut que tout passe par le numérique. Les contribuables qui traînent des pieds sans motif légitime s’exposent à un risque qui, s’il reste théorique aujourd’hui, pourrait devenir très concret demain. La campagne 2026 est ouverte depuis le 9 avril. Si vous avez Internet chez vous et que vous n’avez pas encore validé votre déclaration en ligne, c’est le moment de s’y mettre — ne serait-ce que pour vérifier que vous n’avez pas oublié une case qui pourrait faire baisser votre facture.

Personne âgée remplissant sa déclaration d'impôts sur papier chez elle

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