Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Argent

Un ancien collège de 2 710 m² à vendre pour 159 000 euros, l’affaire immobilière hors norme

Publié par Mathieu le 27 Juil 2026 à 18:48
Un ancien collège de 2 710 m² mis aux enchères à 159 000 euros dans l'Eure

Un bâtiment laissé à l’abandon, du lierre qui grimpe sur les murs, des plafonds qui s’effondrent… et pourtant, un prix qui donne le vertige tellement il paraît dérisoire. À Bourg-Achard, dans l’Eure, un ancien collège désaffecté s’apprête à changer de mains. Reste à savoir ce qui pousse des investisseurs à se ruer sur une carcasse vouée à la démolition.

Un collège fantôme au cœur de l’Eure

Le bâtiment n’a plus rien d’un établissement scolaire depuis longtemps. À l’intérieur, la nature a repris ses droits : le lierre envahit les couloirs, les portes sont arrachées, des fils électriques pendent dans le vide. Des traces d’anciens incendies et de squats successifs témoignent d’années d’abandon total.

La présence d’amiante a même été détectée dans la structure, rendant toute réhabilitation impossible. Ce n’est donc pas le bâti qui intéresse les acheteurs potentiels, mais bien la parcelle sur laquelle il repose. Une situation qui n’est pas sans rappeler d’autres signaux à surveiller lors d’un achat immobilier, où l’état du bâti compte parfois moins que son emplacement.

C’est France 3 Normandie qui a repéré cette annonce hors norme, mise en ligne par l’agence Agorastore Immo. Un dossier qui n’a rien d’anodin pour une commune qui, comme beaucoup d’autres en France, doit composer avec des arbitrages budgétaires serrés autour du foncier public.

159 000 euros pour près d’un hectare de terrain

Le prix de départ fixé pour cette vente aux enchères est de 159 000 euros. Un montant qui semble minime au regard de la superficie totale du terrain : 9 691 m², dont 2 710 m² occupés par le bâtiment lui-même.

Ce qui rend le bien attractif, ce n’est pas son état, mais sa localisation. Situé à seulement 33 kilomètres de Rouen, le terrain bénéficie d’un environnement jugé « pratique et équilibré » par l’agence immobilière, à proximité des commerces, des services et d’un établissement hospitalier.

La vente aux enchères se déroulera sur deux jours, le 28 juillet, via la plateforme d’Agorastore. Une condition reste toutefois incontournable pour tout acquéreur potentiel : la visite préalable du site est obligatoire avant de pouvoir déposer une offre. Un dossier complet, accompagné des pièces justificatives, devra être transmis avant la date de la vente.

À noter également que la taxe foncière s’élève à 7 324 euros par an, un détail à intégrer dans le calcul de rentabilité pour quiconque envisagerait ce type d’opération, à l’image de ceux qui scrutent les décisions qui pèsent sur leur avenir financier.

Façade extérieure du collège désaffecté à l'abandon

Un projet déjà encadré par la mairie

Contrairement à d’autres opportunités immobilières où l’acheteur fait ce qu’il veut de son bien, ici, la marge de manœuvre sera limitée. La parcelle est libérée dans un objectif précis : la création d’une zone d’habitat équilibrée, mêlant logements collectifs et individuels.

La commune entend garder un droit de regard sur le futur projet. Son ambition affichée est de développer un habitat intergénérationnel, pensé notamment pour accueillir des seniors. Une partie des futurs logements devra aussi être consacrée aux activités médicales ou à la petite enfance, deux secteurs jugés prioritaires localement.

Autre exigence de taille : la municipalité souhaite profiter de cette vente pour atteindre le taux légal de 20% de logements sociaux. Un cahier des charges strict qui réduit le champ des acquéreurs à des promoteurs capables de composer avec ces contraintes urbanistiques, sous réserve des autorisations d’urbanisme applicables. De quoi transformer cette friche scolaire en véritable laboratoire de politique du logement à l’échelle communale.

Un ancien collège devenu terrain de jeu pour urbanistes, voilà le twist final de cette histoire normande. Reste à savoir quel projet sortira de terre d’ici quelques années, et si d’autres communes suivront cet exemple pour recycler leurs friches scolaires abandonnées.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *