Barclays supprime 5 000 postes à cause de l’IA, alors que ses bénéfices bondissent de 12 % : les métiers visés

Une banque qui gagne de l’argent, et qui supprime des milliers de postes. L’équation a de quoi interpeller. Chez Barclays, 5 000 emplois doivent disparaître d’ici la fin 2026, et l’intelligence artificielle est citée au premier rang. Mais quels métiers sont réellement dans le viseur, et que dit la direction de la place de l’IA dans cette décision ? La réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît.
5 % des effectifs, 93 000 salariés : l’annonce qui secoue la City
Selon les informations relayées, la banque britannique Barclays a annoncé la suppression d’environ 5 000 emplois dans le monde d’ici la fin de l’année 2026. Le groupe emploie quelque 93 000 personnes : cela représente près de 5 % de ses effectifs.
Il s’agit d’un programme de réduction des coûts, que l’intelligence artificielle viendrait accélérer. Le mot compte : l’IA n’est pas présentée comme l’unique moteur, mais comme un accélérateur.
Le calendrier est serré. D’après la directrice financière, Anna Cross, environ 1 000 postes ont déjà été supprimés. Restent donc 4 000 suppressions à réaliser d’ici la fin du quatrième trimestre.
Autrement dit, le plus gros reste à venir. Et ce n’est pas la seule donnée qui accentue le contraste : les résultats de la banque racontent une tout autre histoire que celle d’un établissement en difficulté. On y vient, mais d’abord, qui est concerné ?
Pour mesurer ce que ce type d’annonce peut provoquer chez les salariés, on peut regarder du côté d’un autre grand plan social récent, comme celui d’Alinéa et ses 1 200 salariés licenciés. Le contexte est très différent, mais la brutalité du choc humain, elle, se ressemble.
Administratifs, support, développeurs : qui est dans le viseur
Les suppressions toucheront principalement les fonctions administratives, les services de soutien et certaines activités technologiques. Parmi elles, les développeurs informatiques sont explicitement cités.
Le chiffre le plus parlant tient en une proportion : environ 60 % des postes concernés relèvent des fonctions de support. Ce sont précisément celles où les tâches répétitives abondent, donc les plus exposées à l’automatisation.
Pour Barclays, l’objectif est double. Il s’agit d’accroître la productivité de ses salariés et de réduire durablement ses dépenses, en capitalisant sur ses investissements dans l’intelligence artificielle.
Ces investissements ne sont pas théoriques. La banque a renforcé sa collaboration avec Anthropic, le développeur de l’IA Claude, afin d’automatiser certaines opérations et d’accélérer le développement informatique.
Autre élément concret : un assistant intelligent, déjà utilisé par plus de 16 000 collaborateurs, permet de retrouver rapidement des informations destinées aux clients. D’autres outils traitent chaque jour environ 120 000 courriels.
Dans un registre voisin, la question de l’automatisation des tâches du quotidien se pose aussi ailleurs, comme le montre l’enquête sur la délégation de la comptabilité en 2026. Reste une question que beaucoup se posent : que dit le patron de la banque ?
Selon la source, le directeur général, C.S. Venkatakrishnan, a reconnu que « l’IA joue un rôle important ». Il a toutefois souligné que cette technologie n’était pas l’unique facteur de la restructuration.
Le contraste qui fait tiquer : 2,3 milliards de bénéfice et un rachat d’actions

Voilà le détail qui change la lecture de l’annonce. Barclays n’est pas une banque en crise : elle a enregistré un bénéfice avant impôts de 2,3 milliards de livres sterling au troisième trimestre, en hausse de 12 % sur un an.
Des suppressions de postes en pleine santé financière : c’est le cœur de la tension. L’IA n’est pas ici un outil de survie, mais un levier d’efficacité.
Le groupe a par ailleurs annoncé un nouveau programme de rachat d’actions de 500 millions de livres. Une façon, selon la source, d’illustrer sa volonté d’améliorer la rémunération de ses actionnaires.
Il vise en outre environ 300 millions de livres d’économies supplémentaires d’ici la fin de l’année, grâce à ses mesures de rationalisation. Autrement dit : moins de postes, plus de rendement.
Reste à savoir si ce modèle fera école. La source rappelle que Barclays n’est pas seule : d’autres grands noms de la finance avancent dans la même direction.
Goldman Sachs, JPMorgan : une transformation qui dépasse Barclays
Selon la source, cette stratégie s’inscrit dans une transformation plus large du secteur bancaire. Plusieurs établissements internationaux, notamment Goldman Sachs et JPMorgan, développent des outils d’intelligence artificielle pour automatiser certaines fonctions.
Ce que cela change concrètement ? Les postes de support, ceux qui reposent sur le traitement répétitif d’informations, apparaissent comme les premiers exposés. Le message adressé aux salariés du secteur est clair, même s’il n’est pas formulé ainsi par la banque.
Ce mouvement n’est pas sans écho en France, où les grandes entreprises regardent aussi leurs structures de coûts. Les restructurations de grands groupes, comme le démantèlement de SFR entre Bouygues, Free et Orange, rappellent à quel point un secteur peut se redessiner vite.
Ce que la source ne dit pas, c’est la répartition géographique précise des 5 000 suppressions, ni les éventuelles mesures d’accompagnement des salariés. Ce sont deux points à surveiller dans les prochains mois.
Autre inconnue : la cible des 4 000 postes restants sera-t-elle tenue d’ici la fin du quatrième trimestre ? Et d’autres banques suivront-elles ? Pour les cyberattaques et fuites de données qui accompagnent aussi la numérisation à grande échelle, l’affaire du piratage de France Travail montre l’autre face de cette transformation.
Une banque en pleine forme qui réduit ses effectifs : voilà le vrai signal. L’IA ne sert plus seulement à gagner du temps, elle redessine l’organigramme. Reste à voir qui, dans les autres secteurs, sera le prochain sur la liste.
Si ces chiffres vous ont fait réfléchir à votre propre budget, ces six postes budgétaires qui grignotent 1 186 euros par mois vous réserveront une surprise. Et pour savoir comment vivent ceux qui tiennent les services publics, les comptes de Maxime, pompier à Grenoble, racontent une tout autre réalité.