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Budget 2027 : le gouvernement veut geler des allocations familiales et des APL, ainsi que des restrictions pour les étudiants de familles aisées

Publié par Mathieu le 01 Oct 2026 à 13:40
Étudiant soucieux faisant ses comptes devant son ordinateur

Chaque 1er avril, les allocations familiales suivent l’inflation. Un réflexe budgétaire que beaucoup de foyers ne remarquent même plus. Or le projet de budget 2027 pourrait casser cette habitude, et pas seulement pour les familles. Une mesure vise aussi des étudiants, avec un choix à faire entre deux avantages que beaucoup croyaient cumulables.

Un budget 2027 qui touche les APL, les familles et les étudiants

C’est l’AFP qui a obtenu le projet de loi de finances (PLF) ce jeudi 1er octobre. D’après le texte, le gouvernement prévoit de ne pas revaloriser les aides personnelles au logement, les fameuses APL. Il parle d’une décision « exceptionnellement en 2027 ».

Le mot « exceptionnellement » pèse lourd. Il laisse entendre une parenthèse, pas une nouvelle règle, même si le texte ne dit pas ce qui suivrait ensuite.

Le second volet figure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). L’exécutif y souhaiterait « le maintien des prestations familiales à leur niveau de 2026 », comme l’a rapporté L’Indépendant en reprenant l’AFP. Or ces prestations sont habituellement revalorisées chaque 1er avril, au niveau de l’inflation.

Concrètement, un gel veut dire que le montant versé resterait identique alors que les prix, eux, continueraient de bouger. Le gouvernement en attendrait 500 millions d’euros d’économies. Pour comprendre à quel point les règles des allocations évoluent vite, il suffit de regarder cette réforme passée inaperçue qui fait perdre jusqu’à 3 600 € par enfant.

Mais le gel n’est pas la seule ligne qui fait réagir. Une autre mesure concerne des jeunes qui n’ont, a priori, rien demandé.

Étudiants de familles aisées : l’arbitrage qui se prépare

Le PLF évoque des « restrictions » pour les étudiants issus de familles aisées. Le texte ne détaille pas ici combien de jeunes seraient concernés. Ce qu’il décrit, en revanche, c’est un mécanisme précis.

Aujourd’hui, un étudiant peut être rattaché au foyer fiscal de ses parents. Ces derniers bénéficient alors d’un gain d’impôt. Autre cas : les parents déduisent de leurs revenus les pensions alimentaires qu’ils versent à leur enfant.

Le gouvernement veut mettre fin à ce double avantage. Pour mesurer l’effet d’outils de calcul qui croisent toutes ces aides, on peut regarder ce nouvel outil de la CAF qui concerne 13,6 millions de foyers.

Voici donc la règle imaginée, d’après le projet obtenu par l’AFP. Ces étudiants devront choisir entre les APL et « le gain en impôt pour leurs parents ». Impossible, dans ce cas, de garder les deux.

Autrement dit, la famille devra faire ses comptes. Soit l’étudiant touche son aide au logement, soit les parents conservent l’avantage fiscal lié à son rattachement ou à la pension déduite. Le texte ne précise pas, dans les extraits connus, quel seuil définirait une famille « aisée ».

C’est le cœur de la mesure, et pourtant elle n’est pas la seule nouveauté pour les étudiants. Une autre touche à un domaine que l’on croyait épargné.

BTS et prépas : des frais d’inscription où il n’y en avait pas

Bureau d'étudiant avec calculatrice, pièces et papiers retournés

Puisqu’on parle d’économies, un autre chantier vise les aides sociales dans leur ensemble. Le gouvernement planche déjà sur une allocation unique pour rendre le travail plus attractif, signe d’une refonte plus large du système.

Revenons au détail du PLF pour les étudiants. Il prévoit de faire payer 178 euros l’inscription en BTS et 270 euros celle en classes préparatoires aux grandes écoles. Cela ne concernerait que les étudiants non boursiers.

Aujourd’hui, ces formations sont gratuites. Le gouvernement juge justement que cette « gratuité » constitue « une singularité au sein de l’enseignement supérieur ». Il qualifie les sommes demandées de « modiques ».

Et ce n’est pas tout, car l’ensemble dessine une logique. Les étudiants de familles aisées devront arbitrer entre deux avantages, les non-boursiers paieront une inscription jusque-là inexistante, et les prestations familiales resteraient figées. Le gouvernement envisage aussi 600 millions d’euros de réduction sur l’allocation de rentrée scolaire.

Voilà donc la réponse complète : un gel, un choix forcé, deux frais d’inscription et une coupe sur la rentrée scolaire. Reste à savoir ce que le budget prévoit du côté de l’État lui-même.

Fonctionnaires, TVA, impôt sur le revenu : l’autre moitié du budget

Le projet ne se limite pas aux familles. Selon le PLF, le nombre de fonctionnaires de l’État et de ses opérateurs baisserait de 1 076 en 2027. Le solde des créations s’établirait pourtant à 6 816 emplois à temps plein, principalement à l’Éducation nationale (+ 3 257), aux Armées (+ 2 090), à l’Intérieur (+ 1 381) et à la Justice (+ 1 301).

Côté recettes, le gouvernement table sur une hausse de la TVA, de plus de 7 milliards d’euros par rapport à 2026. L’impôt sur le revenu progresserait de 5,7 milliards. À l’inverse, l’impôt sur les sociétés verrait ses recettes reculer de 1,8 milliard.

Au total, les recettes fiscales nettes de l’État atteindraient 375,7 milliards d’euros, soit 18 milliards de plus qu’en 2026. Ces chiffres ne sont que des prévisions, et le texte doit encore être débattu.

Côté lecteurs, les réactions sous l’article de L’Indépendant montrent des avis très tranchés, certains réclamant des économies ailleurs, notamment sur les aides aux entreprises. Un rappel que chaque ligne de budget fait débat, comme on a pu le voir avec cette famille de 10 enfants et ses 5 789 € de la CAF.

Pour le calendrier des changements à venir, d’autres mesures sont déjà inscrites au programme, comme ce qui change concrètement au 1er octobre 2026. Le budget 2027, lui, reste à voter.

Il faudra surveiller si le gel des APL reste bien « exceptionnel », comme l’affirme le texte, et si les mesures étudiantes survivent à l’examen des parlementaires.

En clair : le budget 2027 ferait peser l’effort sur les aides plutôt que sur les entreprises, du moins pour l’impôt sur les sociétés, qui baisserait. Et si ce sujet vous a donné envie de vérifier vos droits, cette exonération perdue par les seniors de 70 à 79 ans pourrait bien vous concerner. Et pour les futurs retraités, cette erreur qui toucherait 1 pension sur 9 mérite aussi un coup d’œil.

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