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Dans les comptes de Bérengère, agricultrice avicole en Vendée à 1 940 € nets par mois

Publié par Mathieu le 04 Sep 2026 à 19:01

Bérengère, 38 ans, élève des volailles fermières label rouge sur une exploitation familiale près de Challans, en Vendée. Installée depuis douze ans avec son mari, elle touche 1 940 € nets par mois une fois les charges sociales agricoles payées. Voici comment elle répartit chaque euro qui rentre.

Un revenu qui dépend du prix du grain et des cycles d’élevage

Le revenu de Bérengère n’a rien d’un salaire fixe. Elle se verse une rémunération mensuelle de 1 650 € via la MSA, calculée sur le bénéfice agricole moyen des trois dernières années. « On ne se paie pas comme un salarié, on prélève sur ce que dégage l’exploitation », résume-t-elle.

Les ventes directes de volailles à la ferme et sur les marchés de Saint-Gilles-Croix-de-Vie complètent avec environ 220 € nets mensuels lissés sur l’année. L’été, ces ventes grimpent fortement ; l’hiver, elles s’effondrent presque à zéro.

Elle perçoit aussi 70 € de complément au titre des aides PAC redistribuées mensuellement par l’exploitation. Au total, son revenu net atteint 1 940 €, un montant qui peut varier de 200 € selon les années.

Éleveuse de volailles dans son bâtiment d'élevage en Vendée

Le poids du matériel et des charges qu’on ne voit jamais sur une fiche de paie

Le crédit du bâtiment d’élevage, contracté il y a huit ans, coûte 380 € par mois au foyer, remboursable encore pour six ans. Ce hangar de 800 m² abrite près de 3 000 volailles par cycle d’élevage.

L’assurance exploitation agricole, qui couvre le bâtiment, le cheptel et la responsabilité civile professionnelle, s’élève à 95 € mensuels. Bérengère y ajoute une mutuelle santé MSA à 78 € et une prévoyance en cas d’arrêt de travail à 42 €, indispensable quand on est non-salariée agricole.

Le logement personnel, une maison mitoyenne à l’exploitation, est remboursé à hauteur de 610 € par mois. L’électricité du bâtiment d’élevage, chauffé en permanence pour les poussins, grimpe à 190 € l’hiver et redescend à 90 € l’été, soit 140 € en moyenne lissée.

Les abonnements du quotidien restent modestes : 35 € de forfait mobile et internet, 12 € pour une plateforme de streaming partagée avec ses enfants. « Le poste qui m’a le plus surprise en m’installant, c’est l’assurance pro. On ne pense jamais à ça avant », confie-t-elle.

Femme calculant son budget mensuel avec factures agricoles

Ce que coûte vraiment nourrir une famille quand on élève des animaux

Les courses alimentaires pour le foyer de quatre personnes représentent 480 € par mois, un budget tenu grâce aux légumes du potager familial et aux œufs de la ferme. Bérengère compense en cuisinant beaucoup de plats maison plutôt que des produits transformés.

L’essence pour le pick-up professionnel et la voiture familiale pèse 165 € mensuels, un poste alourdi par les trajets vers les marchés et les livraisons aux restaurateurs locaux. Les vêtements de travail, bottes et équipements de protection reviennent à 30 € lissés sur l’année.

Les loisirs et sorties restent limités à 90 € par mois : un cinéma occasionnel, quelques repas au restaurant. Les vacances, une semaine dans une location en Vendée l’été, sont budgétées à 60 € mensuels lissés, financées en partie par les grands-parents.

Le mois où tout bascule : entre sérénité et angoisse du prix des céréales

Une fois toutes ces dépenses posées, il reste environ 65 € en fin de mois à Bérengère, une marge que la moindre hausse du prix du maïs peut effacer entièrement. « Je sais que je devrais épargner plus, mais entre le prix de l’aliment pour volailles et les études des enfants qui approchent, c’est compliqué », reconnaît-elle.

Elle a tout de même ouvert un Livret A pour ses enfants, alimenté de façon irrégulière, entre 20 et 50 € selon les mois. Aucune épargne retraite complémentaire n’est possible pour l’instant, la MSA agricole restant son unique filet.

Son vrai coussin de sécurité, ce sont les cycles longs : elle sait qu’un bon cycle d’élevage au printemps compensera un hiver plus juste. « On vit au rythme des poussins, pas du calendrier », résume-t-elle avec le sourire.

Avec 1 940 € nets, Bérengère se situe légèrement en dessous du salaire médian français, autour de 2 100 €. Mais son revenu fluctue bien plus qu’un salaire classique, rythmé par les saisons plutôt que par un virement fixe le 5 du mois. Pour comparer avec d’autres parcours, un éleveur de poules pondeuses ou une crémière sur un marché vivent des contraintes budgétaires similaires liées aux circuits courts.

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